5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

La Grèce souhaite la fin de l'opération "Zeus l'hospitalier"

5 février 2015

Immigration Police Athènes contrôles abusifs Grèce migrants police Xenios Zeus

La fin de « Zeus l’hospitalier » : les droits de l’homme reviennent dans la capitale grecque.


448 mots   1891       Comments

L'accueil des migrants, selon l'opération "Zeus l'hospitalier"

L'accueil des migrants, selon l'opération "Zeus l'hospitalier"

Les autorités grecques ont annoncé l'abandon de l'opération de balayage controversée "Xenios Zeus" visant à sévir contre l'immigration irrégulière et la criminalité à Athènes, a annoncé le ministre adjoint des questions de migration Tasia Christodoulopoulou hier, une semaine après la prise de fonction du nouveau gouvernement grec.

Pendant plus de deux ans, la police a procédé à des interpellations et à des fouilles abusives qui furent une réalité quotidienne dans la capitale du pays. La police a arrêté des dizaines de milliers de personnes présumées être des migrants en situation irrégulière. Les personnes qui semblaient être étrangères étaient soumises à des arrêts de routine, des fouilles injustifiées de leurs biens, des insultes, et, dans certains cas, subissaient des violences physiques. Human Rights Watch a documenté ces violations dans le rapport de juin 2013, "Unwelcome Guests".

La police grecque a de larges pouvoirs pour arrêter les gens et les obliger à fournir une preuve de leur identité - sans aucun soupçon de délit criminel. Il n'y a pas de garanties juridiques régissant les contrôles d'identité et les agents qui participent à ces opérations reçoivent peu de formation sur les questions des droits de l'homme, y compris en matière d'immigration et d'asile.

Les policiers ont aussi de larges pouvoirs pour emmener les gens aux postes de police si la preuve de leur identité n'est pas claire ou si les agents ont un vague soupçon qu'ils sont impliqués dans un acte criminel. Les recherches de Human Rights Watch ont montré que les policiers utilisent systématiquement cet outil pour détenir des individus perçus comme impopulaires dans le centre d'Athènes ( migrants, toxicomanes et travailleurs du sexe) sans aucun soupçon d'actes répréhensibles. Les agents détiennent aussi des gens pour des motifs discriminatoires.

L'annonce d'hier est sans aucun doute une première étape importante dans la lutte contre la longue liste des abus de la police. Mais selon Eva Cossé, les autorités grecques devraient aller plus loin et mettre un terme au harcèlement de la police sur les groupes vulnérables. Les autorités devraient également adopter des réformes juridiques et politiques pour s'assurer que tous les contrôles de police sont menés conformément au droit national et international qui interdit la discrimination, les mauvais traitements et la privation arbitraire de la liberté.

Le véritable test sera de voir de réelles améliorations dans la pratique et un changement significatif dans la vie des gens.

Source : hrw.org