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La Grèce rejette toute négociation de la dette avec la troïka

31 janvier 2015

Economie BCE euro Europe Grèce Jeroen Dijsselbloem Syriza troïka Yanis Varoufakis
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Le programme électoral de Syriza doit être respecté a dit le ministre des finances Yanis Varoufakis


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Jeroen Dijsselbloem (à gauche), chef de l'EuroGroupe et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis après leur conférence de presse à Athènes le vendredi 30 janvier 2015. Photo: Kostas Tsironis / Reuters

Jeroen Dijsselbloem (à gauche), chef de l'EuroGroupe et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis après leur conférence de presse à Athènes le vendredi 30 janvier 2015. Photo: Kostas Tsironis / Reuters

La Grèce a rejeté toute relation avec la troïka, suscitant des craintes de tensions majeures dans les négociations avec l'Europe dans les semaines à venir et des bouleversements financiers potentiels.

Le nouveau gouvernement n'a pas l'intention de traiter avec la troïka - la Commission Européenne, la BCE et le FMI - a déclaré au patron de l'Eurogroupe le nouveau ministre des finances du pays, Yanis Varoufakis vendredi. Il a également déclaré que la Grèce ne demandera pas de prolongation de son programme d'aide en cours, dont la prochaine échéance est prévue à la fin du mois de février, et à la place, a appelé à une négociation sur la dette entre les gouvernements européens.

Cette annonce soulève des questions quant à la capacité de la Grèce à rembourser la dette et menace aussi l'avenir du financement par la BCE du système bancaire du pays, qui est tributaire de cet accord avec la troïka.

S'exprimant à l'issue d'une conférence de presse tendue avec le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, le ministre grec des finances a annoncé que, bien que son gouvernement allait chercher le "meilleur accord possible" avec les "les institutions juridiques statutaires" de la zone euro, l'UE et le FMI, il ne traiterait rien avec la troïka en tant que groupe.

"Nous ne voulons pas travailler avec un comité tripartite dont l'objectif est de mettre en œuvre un programme que nous considérons comme avoir un esprit anti-européen et qui, selon le parlement européen est un comité construit sur des fondations fragiles " a déclaré le ministre grec.

M. Varoufakis , professeur d'économie qui a beaucoup écrit contre les mémoranda de son pays depuis leurs premières signatures en 2010, a déclaré que son gouvernement devait respecter les engagements pris lors de la campagne électorale.

Il a dit que la Grèce ne voulait pas étendre son programme de sauvetage en cours. Au lieu de cela, la Grèce veut un accord plus large avec les gouvernements européens, impliquant une réduction de la valeur de certaines de ses dettes.

Toutefois, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré hier que l'Allemagne ne se soumettrait pas à un «chantage» de la Grèce et M. Dijsselbloem a rejeté ses appels pour une conférence de la dette qui aurait pour but d'examiner la question plus large de la charge de la dette en Europe.

Retraits des dépôts bancaires

Officiellement, un dernier paiement à la Grèce de € 7,2 milliards dépend de l'accord sur un nouveau plan de sauvetage. Sans un accord avec la troïka, les banques de Grèce pourraient être exclues du financement de la BCE, suscitant déjà une peur des retraits des dépôts bancaires.

Dans une interview hier, M. Varoufakis a dit qu'il ne souhaitait pas le versement de la dernière tranche, mais veut "restructurer la dette et l'économie pour obtenir l'argent dont nous avons besoin".

Lors de la conférence de presse, M. Dijsselbloem - tendu - haussa les sourcils et secoua la tête avec une surprise apparente après avoir entendu le rejet de la troïka par M. Varoufakis. Après une poignée de main maladroite, les deux hommes ont quitté la réunion sans échanger un mot.

Plus tôt, M. Dijsselbloem, qui s'est également entretenu avec le premier ministre Alexis Tsipras, avait indiqué qu'il rencontrait le gouvernement grec "pour déterminer sa position envers nous et avancer ensemble". Il a averti contre la décision d'Athènes de prendre des mesures unilatérales.

Un analyste a dit que la coalition dirigée par Syriza avait clairement exprimé sa position. "Elle veut transformer la façon dont la Grèce coopère avec la tête de la zone euro. Au lieu de cela, elle veut présenter son propre programme de réformes en échange d'un allègement de la dette et d'objectifs d'excédent primaire plus faibles", a déclaré Nick Malkoutzis , du site MacroPolis.gr.

"Le problème est que ce changement nécessitera la bonne volonté de la zone euro."