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Athènes adopte un nouveau style de gouvernement

31 janvier 2015

Politique Alexis Tsipras dette Europe Gouvernement Jeroen Dijsselbloem Syriza troïka Yanis Varoufakis
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Vagabonde Harvest

La dynamique de changement initiée par le nouveau gouvernement risque de faire des vagues.


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Le nouveau gouvernement grec mené par Alexis Tsipras pose devant le parlement. Photo : Louisa Gouliamaki/Getty Images

Le nouveau gouvernement grec mené par Alexis Tsipras pose devant le parlement. Photo : Louisa Gouliamaki/Getty Images

Un vent de changement a soufflé sur la Grèce cette semaine. Après avoir mené Syriza à la victoire lors des élections générales de dimanche dernier, Alexis Tsipras est devenu le plus jeune premier ministre grec depuis 150 ans et le premier à refuser de prêter un serment religieux pendant la cérémonie d'investiture.

Syriza et son chef - âgé de seulement quarante ans - ont surfé sur la vague de mécontentement soulevée par une austérité handicapante qui a vu la croissance du pays chuter d'un quart et le taux de chômage grimper jusqu'à 27 %.

Suffisamment d'électeurs, lassés par quarante ans de domination bipartite à l'origine de la coalition sortante, étaient prêts à donner à Syriza et à son jeune chef une chance de diriger le pays.

Une étrange coalition

Manquant de deux sièges la majorité au parlement, Syriza a dû former une coalition et a choisi comme partenaire le parti de droite nationaliste des Grecs Indépendants.

Excepté leur profonde aversion envers l'austérité, les deux partis de la coalition ont peu en commun, ce qui a amené certains observateurs à se demander combien de temps cet arrangement pourrait durer. Dès la première semaine, le nouveau gouvernement a fait retirer les barrières qui entouraient le parlement, en affirmant qu'il n'avait désormais plus besoin d'être protégé du peuple.

Le gouvernement a aussi promis d'accorder la citoyenneté à des centaines de milliers de migrants de deuxième génération, et a clairement réaffirmé sa volonté de tenir ses promesses pour renverser l'austérité et développer les relations entre le pays et ses prêteurs sur de nouvelles bases.

À peine nommés, les nouveaux ministres ont annoncé l'arrêt de la privatisation de l'électricité grecque et des ports, le rétablissement du salaire minimum à 751€ et la réintégration de milliers de fonctionnaires qui avaient été licenciés pour atteindre les quotas de licenciements voulus par la troïka.

Ce sont ces déclarations et bien d'autres qui ont effrayé les investisseurs et les marchés financiers, où les rendements des emprunts ont bondi et les actions bancaires ont chuté avant de se stabiliser à la fin de la semaine.

Un homme clé

Un des hommes clé du nouveau gouvernement est le ministre des finances, Yanis Varoufakis, 53 ans, qui casse les stéréotypes attachés à son métier de professeur d'économie.

Ce blogueur prolifique opposé au plan de sauvetage, qu'il considère être “une erreur toxique” ayant infligé à la Grèce “une noyade fiscale”, dit avoir pour mission de trouver un nouvel arrangement qui serait profitable à tous les contribuables de l'UE, et pas seulement de la Grèce.

Plus facile à dire qu'à faire. Hier lors d'une rencontre avec son homologue néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui est à la tête de l'Eurogroupe, Varoufakis a annoncé que le nouveau gouvernement ne négocierait pas avec la troïka le plan de sauvetage actuel, qui devrait prendre fin le 28 février prochain.

La Grèce est manifestement de retour à l'ordre du jour, et elle nous réserve encore beaucoup de surprises.