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Clip de campagne : Samaras-le-Père explique le foot à ses sujets

14 janvier 2015

Billet d'Humeur Politique Antonis Samaras campagne électorale elections 2015 Grèce Nouvelle Démocratie

Samaras dans son clip de campagne : « pour qu’un pays puisse jouer à la balle, tout comme une équipe, il a besoin d’un stade. Et nous, nous le lui construisons, ce stade. »


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Une des nombreuses satires du clip de la Nouvelle Démocratie : J'ai 18 ans, pourquoi je ne peux pas voter ? Parce que tu vas voter Syriza, connard. (Référence à la loi récente interdisant le vote aux jeunes nés en 1997)

Une des nombreuses satires du clip de la Nouvelle Démocratie : J'ai 18 ans, pourquoi je ne peux pas voter ? Parce que tu vas voter Syriza, connard.
(Référence à la loi récente interdisant le vote aux jeunes nés en 1997)

La Nouvelle Démocratie nous a offert samedi soir un fou rire de première (un peu nerveux, le fou rire, quand même, au vu de l'actualité). Sans parti pris, je vous promets, le spot électoral le plus ridicule, démago, cheap et low-fi de l'histoire de l'univers !

Franchement, ça vaudrait un sous-titrage complet. Bon, notre temps à tous étant précieux, allons à l'essentiel avec cette petite traduction/résumé :

M. Samaras (chef d'Etat européen, rappellons-le), cause à un petit jeune qui joue au foot avec ses potes (pas démago, déjà, le choix du divertissement, surtout dans ce pays... avec un jeune passionné d'opéra contemporain ça aurait été plus fun, à mon avis - et à peine moins vendeur).

En bon père parlant à son fiston, il lui met la main sur l'épaule (ben voyons, hier l'Express le traîte de con, Charlie le traitera peut-être de pédophile pas plus tard que la semaine prochaine ?). Et là, dans la pure tradition fascisante selon laquelle le dirigeant paternaliste et supérieur montre avec magnanimité la voie à ses sujets gentils mais intellectuellement limités, M. Samaras explique, avec les mots simples adaptés aux capacités cognitives des âmes simples : "pour qu'un pays puisse jouer à la balle, tout comme une équipe, il a besoin d'un stade. Et nous, nous le lui construisons, ce stade."

Le ton se situe quelque part entre "Ouvre-moi la porte, toi qui as la clé de la grande école du monde" d'Enrico Macias et "Petit bonhomme, faut jamais baisser les bras" de Pierre Bachelet.

Bien entendu, le petit jeune, tout à la fois rasséréné et étourdi par la profondeur de cet exposé, est clairement invité à aller de ce pas expliquer à son papa qu'il faut voter Nouvelle Démocratie. Seule ombre au tableau, on se doute bien que ni le père ni le fils (qui, n'oublions pas, ne sont supposés envisager leur pays que comme un immense stade de foot et ne concevoir leur avenir que comme une course à la ba-balle) ne comprendront jamais vraiment les subtilités de l'analyse politico-socio-économique de haut vol que le Maître vient de servir au jeune homme.

Mais peu importe : le Maître pense pour eux. Il les sauvera sans qu'ils le comprennent. Aveuglément, ils lui font confiance et attendent le nouveau stade.

L'histoire ne précise pas en graissant la patte de quels promoteurs la Nouvelle Démocratie compte le construire.

Le clip complet, en grec (sous titré en anglais par Kostas Kallergis) :