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Un réfugié Syrien est mort en essayant de traverser la frontière albanaise

8 décembre 2014

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Vagabonde Harvest

Un participant des manifestations de la place Syntagma est mort en essayant de traverser la frontière entre la Grèce et l’Albanie.


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Ayman Ghazal

Des prospectus avec une photo du Dr Ayman Ghazal ont été distribués durant la manifestation syrienne (Photo: @giorgospanagaki/Twitter)

Un docteur qui participait aux manifestations des réfugiés syriens, commencées il y a deux semaines à Athènes pour que l'on prenne conscience de leur situation désespérée, est mort en essayant de traverser la frontière entre la Grèce et l'Albanie, d'après des Syriens présents à la manifestation de Jeudi.

Ce docteur serait Ayman Ghazal, un homme d'environ 50 ans originaire d'Alep. Des amis ont expliqué qu'après dix jours passés à manifester, il avait considéré qu'il ferait mieux de continuer son voyage vers l'Europe du nord et qu'il espérait trouver la sécurité.

Selon le site web de Deport Racism, le docteur a essayé de traverser la frontière entre la Grèce et l'Albanie avec un groupe d'une trentaine de personnes. Ils avaient pris le bus jusqu'à Janina, en Épire, et avaient rejoint le poste-frontière de Kakavia en taxi.

De là, ils ont essayé de passer la frontière à pied. Après quatre heures de marche, ils ont rencontré un cours d'eau dont l'eau leur arrivait à la taille et qu'ils devaient traverser. Peu après, le docteur Ghazal a eu une attaque. Quand ses amis ont appelé une ambulance, on leur a dit de retourner à Kakavia. La police leur a tenu le même discours.

Ses camarades ont alors repris la route de Kakavia, en portant le Dr Ghazal dans un sac de couchage. À l'extérieur de Kakavia, ils sont tombés sur une ambulance qui a transporté le malade jusqu'à l'hôpital le plus proche, où il est mort.

Les autres membres du groupe ont alors été arrêtés et retenus au poste de police de minuit à six heures du matin. Ils prétendent que la police leur a jeté pendant leur garde à vue des mots tels que : “Allez à Syntagma où ils ont des couvertures et de la nourriture gratuite, connards !

Le reste du groupe est maintenant revenu à Athènes.

Abdulghafour Tammaa, un des manifestants de Syntagma, a tweeté que le Dr Ghazal est mort “de froid” dans la forêt albanaise, ajoutant que son “rêve de l'Europe” était mort avec lui.

Selon une publication sur la page Facebook des manifestants syriens, la famille du mort se trouve à Mersin en Turquie.

Environ 200 réfugiés syriens, parmi lesquels des personnes âgées, des femmes et des enfants, campent sur la place centrale de Syntagma à Athènes depuis le 19 novembre. Le nombre de manifestants augmente pendant la journée avec les autres Syriens qui ont de quoi se loger. Les Syriens veulent obtenir le droit de continuer leur voyage vers des pays où, disent-ils, on leur garantira le statut de réfugiés de guerre. Selon les règles de l'UE, ils doivent demander l'asile dans le premier pays européen où ils sont entrés, mais les Syriens disent que la Grèce n'a pas les infrastructures nécessaires pour les soutenir.

La mort du Dr Ghazal met en lumière la dangerosité du périple à laquelle les réfugiés de guerre et les autres migrants font face en essayant désespérément d'atteindre des pays plus sûrs. En novembre, huit migrants sont morts après avoir été percutés par un train dans les environs de la République de Macédoine tandis qu'un Afghan de 23 ans est mort quand le panneau auquel il était attaché sous un train s'est cassé.

La nuit suivant le drame, la seizième nuit de campement sur la place Syntagma, les Syriens et ceux qui les soutiennent ont allumé des bougies et tenu des photos du Dr Ghazal en sa mémoire.