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Le recteur de l'Université d'Athènes propose de contourner la Constitution

5 novembre 2014

Education Politique constitution privatisation révision université
Participants
Christine
Okeanos

Le recteur de l’Université d’Athènes, qui veut instaurer un système de « face control », plaide en faveur d’un contournement de la Constitution grecque pour permettre la création d’universités privées.


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Theodoros Fortsakis, Recteur de l"Université d'Athènes

Theodoros Fortsakis, Recteur de l"Université d'Athènes

Lors d’un discours donné avant-hier, M. Theodoros Fortsakis, recteur de l'Université d'Athènes, a proposé de contourner la Constitution par le biais d’une interprétation extensive de ses prescriptions.

Parlant de la révision de la Constitution dans le cadre d’un évènement organisé par le mouvement ‘’Courant de pensée, cercle de réflexion’’ à la Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Athènes -en la présence discrète d’un escadron de forces de maintien de l’ordre qui se trouvait à l’entrée du bâtiment et d’agents en civil dans la salle- le recteur de l’Université Capodistria d’Athènes a proposé la création d’une ‘’personne morale de droit universitaire’’ afin que des universités privées puissent être créées, sans qu’il soit nécessaire de procéder à la révision de l’article 16 de la Constitution. (NdT : à noter que, au paragraphe 5 de cet article, la Constitution dispose que l’enseignement universitaire est proposé uniquement par des établissements qui sont des personnes morales de droit public).

Il a, entre autres, plaidé en faveur de la restriction de la permanence des fonctionnaires des services qui relèvent du noyau étroit de l’État.

"La permanence est une chose, le poste assuré la vie durant en est une autre. Il est temps de remettre les points sur les ‘i’", a-t-il dit, après avoir expliqué que la Constitution en vigueur a fonctionné comme base de l’État clientéliste. Il a également proposé que les collectivités locales opèrent comme dispositifs de perception des impôts.

Nikos Konstantopoulos : "la Constitution est violée tous les jours, le régime politique est altéré" "Le monde des affaires est en faveur de la révision", avait souligné auparavant le président de l'EVEA, K. Michalos, parlant d'anachronismes et d'ankyloses qui, dans le passé, ont opéré "comme allibi pour ne pas promouvoir des réformes importantes", en pointant du doigt l'article 16, portant sur l'éducation, et l'article 24 qui porte sur la protection des forêts. Ev. Stylianidis a également plaidé en faveur de la révision des articles 16 et 24, en ajoutant qu'il est nécessaire d'instituer des incitations constitutionnelles ad hoc pour encourager les investissements, par le biais d'allègements fiscaux prévus par une loi spéciale, à l'exemple de la marine marchande grecque. Il a également proposé la prolongation du mandat parlementaire à 5 ans.

"Alors que l'on parle du besoin d'assainir le système politique, tous les jours, la Constitution est violée et le régime politique est altéré. Ce n'est plus la Constitution de 1975 qui est appliquée mais un réseau de dispositions et de prescriptions para-constitutionnelles", a dit Nikos Konstantopoulos.

L'ancien président de Synaspismos ("ancêtre" de Syriza) a dénoncé que la gestion de la crise se fait sur un plan communicationnel, plaçant au centre les médias qui "mettent en scène un climat de luttes d'ombres politiques, une image déformée de la réalité et une fausse conscience pour la société". Parlant de la question de l'élection du Président de la République, il a souligé que "circulent des scénarios d'altération ultérieure de la Constitution, parlant d'un nombre de députés inférieur à 180".

Il a souligné  qu'une simple révision ne serait pas suffisante mais qu'il serait nécessaire de procéder à une "révision aux limites de la révision constitutionnelle" qui répondra aux nouveaux besoins de la société, compte tenu également du renforcement de la gauche, au-delà des "faux-semblants du bipartisme, pour une gouvernance moderne".

"Nous n'avons pas besoin d'une Constitution d'état d'urgence, avec des mémorandums et des lois d'application, mais d'une reconstitution structurelle fonctionnele de la République hellénique, dans toute sa largeur", a-t-il dit en parlant de justice fiscale et d'égalité devant la loi, avec redistribution équitable.

"Nous avons immédiatement besoin d'une Constitution que nous respecterons et mettrons à profit, sans perdre plus de temps historique", a-t-il conclu.

Source : avgi.gr