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Solidarité avec les immigrés de la révolte du camp d'Amygdaleza

2 novembre 2014

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Un rassemblement est prévu le lundi 3 novembre au tribunal Degleri (A. Alexandras) à Athènes, en solidarité avec les détenus qui s’étaient révoltés contre la prolongation de leurs peines et les conditions de vie indignes dans le camp d’Amygdaleza.


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Solidarité avec les immigrés d'Amygdaleza

Le lundi 3 Novembre commence le procès des immigrés accusés de la révolte dans le camp de détention d’Amygdaleza qui a eu lieu en août 2013. Les insurgés s'étaient soulevés contre la prolongation de leur détention à une durée indéfinie. Pendant les événements et aussi peu après, 65 immigrés sont d’abord arrêté puis des accusations très lourdes sont portées contre eux. Un an après, certains des immigrés arrêtés sont incarcérés dans des prisons diverses ou dans des camps de détention. D'autres sont libres ou ont été expulsés tandis que cinq de ceux qui se sont évadés n'ont jamais été arrêtés.

Plus précisément, voici la situation dans les camps de détention :

« L’État grec et la police se servent des centres comme un moyen pour torturer les immigrés. N’ayant pas la moindre idée sur la date de leur libération, nombreux sont ceux qui en arrivent à perdre la raison. Là-bas, ils ne nous offrent rien du tout. La seule chose que l'on peut faire, c’est dormir. L’été, la chaleur est insupportable. La nourriture est de mauvaise qualité et en quantité insuffisante. On ne nous donne pas de vêtements, ni de médicaments et si quelqu’un tombe malade, ce sont les flics qui décident s'il faut appeler un médecin ou pas, et, le plus souvent, ils appellent le médecin avec un retard considérable ou restent complètement indifférents. Nous ne pouvons pas contacter nos familles car l’usage du téléphone est interdit, les heures de visite sont très courtes et leur durée limitée change à la guise des flics. Les transferts des détenus dans d’autres camps sont une forme de punition habituelle, rendant la communication avec nos proches encore plus difficile. Les flics entrent dans les cellules quand ils veulent et frappent les gens. Ils nous traitent comme des objets et pas en tant qu’êtres humains. Nous demandons le changement immédiat de cette situation. »

Mais même à l'extérieur des murs, la situation à laquelle doit faire face un immigré prend la forme d’une prison infinie :

« En laissant nos pays derrière nous, on pensait qu’au moins, on allait continuer à vivre libres. Mais cette liberté nous a été confisquée dès que nous sommes entrés en Grèce, même si entrer en Grèce voulait dire risquer de mourir en mer comme dans le cas des noyés de Farmakonisi et de Mytilini. Une fois en Grèce, nous nous sommes retrouvés dans une prison à ciel ouvert, une prison sans murs. On nous empêche de travailler par le biais de lois aussi racistes qu’obsolètes. Les flics, les fascistes, les racistes nous persécutent dans les rues. Et cela n'arrive pas que dans les alentours de Asoee, où nous travaillons, mais aussi à Monastiraki, à Thissio, à Omonoia, et dans tous les quartiers où nous habitons. Chaque jour, nous vivons sous la menace d’être emprisonnés dans un commissariat ou dans les camps de détention. De plus, les policiers nous arrêtent souvent dans la rue pour un contrôle, et cela peut se produire jusqu'à trois fois par jour, ils nous causent des ennuis en nous emmenant au commissariat pour finalement nous relâcher. On nous stigmatise par le biais de campagnes racistes de désinformation. Selon les médias, nous sommes des voleurs, des tueurs, des porteurs de maladies.»

La révolte d’Amygdaleza est un acte de résistance exceptionnel contre la guerre menée par l’État grec à l'encontre des immigré-e-s. Une guerre faite d'assassinats aux frontières, de déportations, d'emprisonnements dans les camps de détention ou les commissariats, de refus de demandes d’asile, d'exploitation au travail, de lois racistes, de contrôles de papiers incessants, une guerre qui jette les immigrés dans les affres de la détresse et du désespoir.

Pour nous, la seule solution est de trouver des manières de coexister et d’agir collectivement. Locaux et immigrés, sans distinction, sans discrimination de race, de sexe ou de couleur de peau, unis contre toute forme de barbarie fasciste et policière, nous luttons pour créer le monde que nous souhaitons. Nos armes dans cette lutte seront l’égalité et la solidarité.

Solidarité avec tous les immigrés incarcérés et les opprimés
Les centres de détention : plus jamais et nulle part
Rassemblement Lundi 3 Novembre tribunal Degleri (Av. Alexandras)