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"Nous mourons de la tuberculose !" dans la prison de Korydallos

29 octobre 2014

Droits de l'homme Justice Santé Droits de l'homme Grèce manque de soins prison tuberculose
Participants
Christine
Okeanos

« Nous mourons de tuberculose » dénoncent les détenus de l’hôpital-dispensaire de l’établissement pénitentiaire de Korydallos


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image002-8Les conditions demeurent tragiquement dangereuses à l’hôpital-dispensaire « Agios Pavlos » de l’établissement pénitentiaire de Korydallos, surnommé « l'Enfer » par les détenus.

Comme le dénoncent les détenus qui y sont hospitalisés, les cas de tuberculose ont augmenté tandis que, au cours des quatre derniers mois, certains de leurs codétenus sont décédés sans que les causes de décès n’aient été expliquées.

« Hier, V.F., 73 ans, a rendu l’âme dans mes bras », dénonce un détenu qui ajoute : « Vers quatre heures de l’après-midi, il ne se sentait pas bien. À cinq heures, l’unique médecin de la prison a appelé le SAMU. Le service des transferts de détenus est arrivé dans les 10 minutes. Le SAMU n’est jamais arrivé et l’homme est mort à 7 heures du soir ».

Des témoignages choquants

Le détenu dénonce encore à enikos.gr qu’il a lui-même eu besoin de se rendre à l’hôpital AHEPA de Thessalonique pour se faire opérer, et on l’a fait dormir à même le sol.

« Il y a à coup sûr deux morts par mois. Cinq détenus sont morts dans les quatre derniers mois ».

L’homme qui gérait le compte sur les médias sociaux est mort

Un autre détenu, parlant à enikos.gr, dénonce que l’homme qui gérait le compte twitter, «KOLASTIRIO KORYDALLOU» (littéralement, « l’enfer de Korydallos »), D.V., «est mort de tuberculose, à l’hôpital Evangelismos, il y a quelques mois. Il avait contracté la tuberculose en prison».

« En ce moment, dans l’aile où je me trouve, 15 personnes sont sous traitement antituberculeux. Entre juillet et août, nous avions cinq cas de tuberculose. En ce moment, moi-même, je partage une cellule avec cinq personnes qui avaient la tuberculose ».

Un seul médecin et un interne

"Presque tous les jours on a un nouveau cas de tuberculose. Tous les mois, on a un ou deux morts."Les patients détenus qui sont hospitalisés au dispensaire de la prison essaient d’exprimer la peur qu’ils vivent quotidiennement et l’angoisse que causent les cas de tuberculose.

« Ceux qui contractent la tuberculose sont placés en isolement pour trois mois. Ensuite, ils reviennent aux cellules et on ne sait pas s’ils sont guéris ou pas. Il n’y a pas de médecins. Il y a un médecin pour tout le monde et un autre qui fait ici son service obligatoire de campagne », explique-t-il en ajoutant :

« Les conditions demeurent tragiques. Rien n’a changé. Presque tous les jours on a un nouveau cas de tuberculose. Tous les mois, on a un ou deux morts. Bien sûr, 10 minutes avant qu’ils ne meurent, ils les transfèrent en hôpital public, pour ne pas dire qu’ils sont morts ici. Ça arrive aussi ».

Les détenus sont déterminés à se mobiliser pour empêcher, comme ils le disent, « que d’autres âmes soient perdues ». Ils expliquent que, parmi leurs revendications, figurera l’éloignement de la directrice des prisons de Korydallos.

Source : enikos.gr