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"Il n'existe pas de négociateurs raisonnables" selon l'économiste Kostas Lapavitsas

24 octobre 2014

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Christine
Okeanos

Dans un article publié sur son blog personnel, l’économiste Kostas Lapavitsas adresse un message impitoyable à la Grèce, tant au gouvernement du pays qu’à l’opposition.


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Kostas Lapavitsas

Kostas Lapavitsas

''La débâcle subie par le gouvernement Samaras-Venizélos a montré qu'un gouvernement qui agirait en suivant le programme annoncé par SYRIZA se trouverait confronté à une attaque particulièrement puissante de la part des marchés, avec une hausse fulgurante des taux d'intérêt et une chute de la bourse'', note-t-il.

L'impasse de la solution européenne

Invoquant la campagne d'information des puissants d'Europe par SYRIZA, menée dans un effort de les convaincre de la raison qui régit les positions du parti et sa décision de trouver une solution européenne, K. Lapavitsas souligne que les négociateurs sont peut-être polis mais n'en sont pas moins de durs défendeurs de leurs intérêts.

''Les dispositifs de la bourgeoisie européenne sont caractérisés par les bonnes manières, la politesse envers l'interlocuteur et l'habitude d'écouter ce que l'autre a à dire; mais ils demeurent des défendeurs impitoyables de leurs intérêts, durs et profondément condescendants. Il n'existe pas de négociateurs ''raisonnables'' avec lesquels un gouvernement grec radical pourrait discuter'', souligne-t-il.

Soutien populaire et détermination

Le soutien populaire et la détermination seront la seule véritable force capable de contrer les chantages qui seront inévitablement exercés, explique-t-il.

''Pour que pareil soutien existe, il est nécessaire de proposer une analyse économique et politique claire, être prêt aux ruptures et préparer les couches populaires aux dures épreuves", ajoute l'économiste.

La dernière sonnette d'alarme

''Les évènements des dernières semaines sont, peut-être, la dernière sonnette d'alarme pour SYRIZA et la dernière chance pour le pays de poursuivre le changement nécessaire de manière réaliste", ajoute K. Lapavitsas.

En même temps, il foudroie le gouvernement, parlant de gestion cynique, amateure et malheureuse de l'effort de se dégager directement du mémorandum.

''L'état-major de Maximou (NdT: siège du gouvernement) a eu l'idée faramineuse de se présenter comme étant à la tête de la lutte contre le mémorandum, pensant se dégager du FMI immédiatement et non pas en 2016, comme le prévoit le mémorandum, en couvrant les besoins financiers du pays en recourant aux marchés. Ces besoins varieront de 20 à 30 milliards d'euros. Il ne pouvait y avoir de gestion plus cynique, amateure et malheureuse, d'autant plus que l'effort de la Grèce d'emprunter sur les marchés, en juillet dernier, a échoué, en réalité... La manipulation gouvernementale s'est effondrée et, avec elle, le dernier espoir de sauvetage du gouvernement tragique Samaras-Venizélos", écrit-il.