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Le Conseil de l'Europe dénonce des conditions de détention inacceptables en Grèce

17 octobre 2014

Droits de l'homme Immigration centre de détention Droits de l'homme migrants prisons

Le Comité pour la Prévention de la Torture du Conseil de l’Europe pointe du doigt les conditions de détention désastreuses des prisons et des centres de rétention grecs.


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10 octobre 2010 : des réfugiés dans le camp de détention Filakio, Evros, Grèce. Credit: ggia / Flickr

10 octobre 2010 : des réfugiés dans le camp de détention Filakio, Evros, Grèce. Credit: ggia / Flickr

Ce jeudi l'organisme européen des droits de l'homme a dénoncé les conditions de détention dans les prisons grecques et dans les centres de rétentions pour migrants, déclarant qu'aucune amélioration n'avait été apportée malgré les recommandations faites il y a deux ans. inacceptables

Le rapport se base sur des visites effectuées par le Comité pour la Prévention de la Torture et des Peines ou Traitements Inhumains ou Dégradants (CPT) du Conseil de l’Europe en avril 2013 dans 25 commissariats et postes de la police des frontières, 7 prisons et 8 lieux de rétention et centres des garde-côtes.

Le CPT a aussi publié la réponse du gouvernement grec à ses reproches, dans laquelle les autorités détaillent les mesures prises pour s'attaquer au problème et rejettent les critiques portant sur le manque de personnel dans les établissements pénitentiaires.

Le CPT a noté une augmentation de la maltraitance policière envers les suspects pendant les procédures d'arrestation, une surpopulation chronique des prisons et des centres de rétentions ainsi qu'une importante pénurie de personnel pénitentiaire.

Associated Press avait révélé les conditions déplorables des prisons grecques dans un rapport datant de décembre 2013.

Lors de sa précédente visite en Grèce, le CPT a dit avoir "exprimé de sérieuses inquiétudes" à propos des mêmes problèmes.

Selon le rapport, "les conclusions de la visite de 2013 montrent clairement que la situation… demeure désastreuse".

Le rapport constatait que la plupart des établissements pénitentiaires étaient au double ou au triple de leurs capacités, avec des prisonniers partageant des lits ou dormant sur des matelas à même le sol. Dans la section pour hommes de la plus grande prison du pays, Korydallos, il y avait deux fonctionnaires pénitentiaires en poste pour une aile de 400 détenus pendant la journée.

Avec des prisons remplies au-delà de leurs capacités, des centaines de suspects en détention provisoire ou tout juste condamnés sont retenus pendant des mois dans des postes de police, où les cellules sont "toutes totalement inadaptées" pour loger des personnes pendant plus de 24 heures.

Le CPT a décrit une telle cellule de 12 mètres carrés qui accueillait huit personnes, avec des détenus qui dormaient assis sur une chaise ou sur des cartons sur le sol.

Les conditions sont aussi désastreuses pour les migrants arrêtés en entrant illégalement dans le pays. Le rapport indique que dans un poste "deux femmes ou plus étaient retenues pendant des mois dans une cellule sombre, moisie et délabrée de seulement 5 mètres carrés au sous-sol sans accès à l'exercice en plein air ni aux produits d'hygiène".

Source : ABCnews