5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Clash au parlement lors du débat sur le vote de confiance

9 octobre 2014

Politique débat Grèce Makis Voridis Nouvelle Démocratie parlement Syriza vote de confiance

Le débat précédant le vote de confiance de vendredi a débuté mercredi au Parlement sur des affrontements verbaux entre La Nouvelle Démocratie et SYRIZA.


611 mots   877       Comments

Le ministre de la santé Makis Voridis au parlement mercredi soir (source ekathimerini)

Le ministre de la santé Makis Voridis au parlement mercredi soir (source ekathimerini)

« L’opposition n’a pas émis de critique constructive durant ces deux dernières années » a affirmé le Ministre de la Santé Makis Voridis, qui ouvrait la discussion du fait de l’absence du Premier Ministre Antonis Samaras, en déplacement au sommet des dirigeants de l’Union Européenne. « Je tiens à vous rappeler les menaces et les intimidations quand les députés de la coalition essayaient de garder le pays à flot. »

Voridis a aussi accusé SYRIZA de s’être adonné à un « discours de haine » ayant attisé les tensions politiques, et, selon le ministre, joué un rôle dans l’assassinat du rappeur Pavlos Fyssas par un membre d’Aube Doré, ainsi que dans celui de deux membres du part néo-nazi, Argyris Kapelonis and Giorgos Fountoulis.

Ces commentaires ont provoqué une riposte immédiate de la part du premier orateur de SYRIZA, le porte-parole du programme économique Yiannis Dragasakis.

« M. Samaras n’est-il pas l’architecte de la théorie des deux extrêmes ? » a-t-il demandé. « Et qui est la personne qui a été en contact avec l’association criminelle [Aube Dorée] ? » a-t-il ajouté, en référence à la révélation plus tôt dans l’année, d’un entretien secret entre l’ancien conseiller du Premier Ministre Panayiotis Baltakos et le porte-parole d’Aube Dorée Ilias Kasidiaris.

Dragasakis a ensuite accusé le gouvernement de céder aux pressions des hommes d’affaires pour changer les lois.

« Aujourd’hui, il suffit d’un homme d’affaire puissant, d’un grand éditeur, ou parfois même de taille moyenne, d’un propriétaire de bateau, ou d’un ami du premier ministre qui passe un coup de fil pour qu’une loi soit supprimée, ou qu’une amende soit levée» a déclaré le législateur de SYRIZA.

"Voridis a oublié quelque chose au Parlement après son discous". Dessin de Voridis Vangelis Papavasiliou / Eleftherotypia

"Voridis a oublié quelque chose après avoir défendu le gouvernement au Parlement". Dessin de Voridis Vangelis Papavasiliou / Eleftherotypia

Le Ministre d’Etat Dimitris Stamatis a mis Dragasakis au défi de citer des exemples pour corroborer ses accusations.

« Bien sûr que nous citerons des noms, mais je ne suis pas prêt à le faire tout de suite » a répondu le député d’opposition. « Je déciderai quand le faire. En attendant, vérifiez les amendements proposés par M. Baltakos, et après ça nous pourrons parler à nouveau. »

Le leader d’Aube Dorée, Nikos Michaloliakos, ainsi que cinq autres législateurs du parti d’extrême-droite, tous en détention provisoire dans l’attente de leur procès, vont faire appel auprès du Système Judiciaire Grec, et de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, après le rejet par le procureur, de leur demande de comparaître au Parlement avant le vote de confiance de vendredi soir.

En plus de Michaloliakos, des requêtes ont été émises par le numéro deux du parti Christos Pappas, le porte-parole Kasidiaris, les députés Nikos Michos et Panagiotis Iliopoulos, ainsi que Stathis Boukouras, qui a quitté le parti en mars, et officie désormais en tant que député indépendant.

Dans une déclaration révélée par l’intermédiaire de son avocat, Michaloliakos a condamné la décision du procureur comme étant « sans-précédent », et « une violation flagrante de la Constitution. » Sur les 16 députés que compte Aube Dorée, 9 sont actuellement en détention provisoire pour une suite d’accusations criminelles.