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Vers de nouvelles élections en Grèce ?

6 octobre 2014

Politique Antonis Samaras élections Grèce Nouvelle Démocratie

Les explications de la « Boite de Pandore » concernant la forte probabilité pour de nouvelles élections en Grèce.


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Pour chaque gouvernement, il y a comme l’écrit justement Thanassis Karteros dans le numéro 60 de Hot Doc le point B (pour bonne nuit). Ce point ou chaque gouvernement dit bonne nuit et se retire ne se reflète pas tant dans les sondages que dans son fonctionnement interne. C'est-à-dire dans la fronde à l’intérieur du gouvernement, dans les plaintes qui fuitent dans la presse, dans la tentative de prise de distance des protagonistes avec leur triste œuvre et surtout dans les remaniements.

Nous nous trouvons sans doute dans ce point B (peut être pour le point « berner » aussi) qui commence à apparaître du fait du comportement des membres du gouvernement. La confrontation entre les ministres, les proches du gouvernement et Chisanthos Lazaridi à qui ils opposent un comportement de cavalier solitaire, n’existerait pas si les « internes » ne pressentaient pas que l’heure à laquelle ils se trouveraient bientôt être des « externes » s’approchait. D’ailleurs, les responsables soi-disant solidaires devraient se rappeler le sens de l’expression « ne pas trop tirer sur la corde » quand ils reprochent l’arrivisme de leur collègue Chrisanthou à l’heure du café avec la Troïka.

L’inquiétude réside substantiellement et profondément dans ce que l’on appelle les élections. Ceux d’en haut ne peuvent pas gouverner comme avant et ceux d’en bas ne le veulent plus et ne l’acceptent plus. Cette gouvernance par la force rappelle le droit ottoman, qui a pour traits caractéristiques le fonctionnement autocratique de l’Etat et l’imposition perpétuelle de taxes.

Il est donc très probable que nous nous dirigions vers des élections :

1. Samaras se rend compte depuis longtemps que la lame de fond SYRIZA devient de plus en plus forte avec le temps. Les enquêtes qualitatives révèlent un message encore pire que les enquêtes quantitatives du gouvernement. La peur de SYRIZA diminue petit à petit, Tsipras apparaît de plus en plus comme ayant des solutions positives et appropriées et comme un opposant crédible sur différents sujets.

2. Berlin semble laisser tomber Samaras, ou tout du moins refuse de jouer le jeu des apparences et de la communication tel que le souhaite Samaras. Sa récente rencontre avec Merkel et sa visite ratée qui a conduit son abandon à Berlin est l’un de ces indices.

3. La cohésion interne du parti devient de plus en plus difficile. Samaras réalise que Venizélos profite de chaque occasion pour l’enfoncer, préparant ainsi le terrain pour une rupture quand les choses deviendront vraiment compliquées.

4. La garantie de réunir 180 députés pour l’élection du président et le report des élections n’est pas possible. La bourse de la garantie du vote (au sens figuré comme au sens littéral) est devenu un jeu dangereux pour le gouvernement.

Ainsi, il est devenu très probable que Samaras se laisse persuader d’aller jusqu’à des élections. Il est certain qu’il perdra avec un score que les sondages évalueront en temps voulu, mais il souhaite s’assurer de la survie d’alliances post-élections entre les partis qui lui donneront la confiance, dans un nouveau gouvernement de « salut ». En substance, il est appelé à choisir entre une défaite et un désastre complet.

Les élections peuvent être déclenchées après une dispute factice avec la Troïka et la sortie héroïque de Samaras avec des slogans comme « l’amour seulement », « unité des grecs », « la vierge avec nous »… Il n’est pas impossible que ces élections conduisent à des déchirements dans les partis ou des déclarations de personnes qui veulent plomber le parti Nouvelle Démocratie dans le futur. Antonis Samaras est le dernier à pouvoir accuser quiconque de défection et de traitrise.

Si la bataille électorale devient frontale, elle aura des caractéristiques sans précédent. Tout d’abord, les gouvernants ne pourront pas compter sur le système médiatique qui n’a jamais été aussi peu crédible. Deuxième chose, la confrontation n’aura pas lieu qu’avec SYRIZA mais aussi à l’intérieur du camp de l’actuelle coalition dans une mêlée générale entre les principaux responsables politiques. Ce qui peut se résumer par le fameux proverbe : « Chacun pour soi, Dieu pour tous ».

Article : La boite de Pandore

Traduction : Laurent Antoniou pour Okeanews