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Transfert de familles roms : l'ancienne base américaine est ‘prête’ (et au milieu de nulle part)

1 octobre 2014

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Une ancienne base américaine abandonnée et délabrée serait le site d’accueil de plusieurs familles roms dont les habitations sont vouées à la démolition. La tentative de leur éviction hier par les autorités a provoqué de vives protestations des habitants du quartier.


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Le 27 septembre, le site des habitants de Halandri, en Attique, a publié des photographies de l’ancienne base américaine au mont Pateras(voir carte ci-contre) qui, selon les plans de l’administration décentralisée et de son secrétaire, M. Angelakas, serait prête à accueillir les Roms du camp situé au Nomismatokopeio (Hôtel de la monnaie) de Halandri. Il était prévu hier de commencer à démolir les maisons construites par les Roms sur des terrains qui ne leur appartiennent pas.

L'expulsion hier par les autorités du camp situé à Halandri a provoqué de vives protestions dans le nord d'Athènes, voir les photos ci-dessous (photo Yannis Kemmos, @Skar_/Dromografos) :

Le site des habitants du quartier de Halandri, en Attique a consacré le texte ci-dessous à tous ceux qui ont voté et soutenu le projet de transfert des Roms de Halandri à la base américaine du mont Pateras ... ou à ce qu’il en reste.

Voici la fiche d’identité du futur site :

  • Site : mont Pateras ou ‘Kantyli’
  • Emplacement : ancienne base américaine
  • Altitude : 750 mètres
  • Température sur le site samedi dernier : 11°C
  • Température à la même heure à N. Peramos : 18° C
  • Distance du carrefour le plus proche : 12km
  • Temps pour arriver au carrefour le plus proche : 25 minutes
  • Qualification de la région élargie : étendue forestière
  • Habitations les plus proches : un monastère, à 3 km, et quelques maisons à 8 km
  • Usage de la région élargie : réserve de gibier de la 2e association de chasseurs d’Éleusis

La raison pour laquelle toutes les démolitions prévues par le passé -il y eut environ 6 projets- n’ont pas eu lieu, réside dans le fait que l’État ne respectait aucune de ses obligations découlant des conventions internationales ratifiées par notre pays et dont la principale était qu’il devait exister un site d’accueil des Roms qui seraient éloignés de leur maison. La suite de l’article concerne ce site d’accueil.

Panneau

Panneau

Dans la première photo, on voit un panneau. Il se retrouve en 2 ou 3 points du parcours, une fois que l’on a pénétré dans la forêt, et vous avertit de l'endroit où vous vous rendez : la région est un refuge à gibier.

Les photos suivantes donnent une image de ce qu’est ce site, à commencer par l’entrée, où se trouvent des bâtiments délabrés sans châssis aux fenêtres et aux portes, avec des pièces de béton qui pendent. Le site est dominé par des ‘maisons’ préfabriquées, posées sur des blocs de ciment, alignées, pour donner l’impression d’un quartier. Nous avons compté plus de 60 ‘maisons’ de ce type. Et, voici quelques remarques concernant l’image à laquelle nous avons été confrontés:

  • Aucun aménagement de l’espace commun.
  • Puits ouverts, partout, terrain accidenté, absence de protection contre la chute dans des gouffres, sans murets. Les puits sont dépourvus de couvercle -de toute évidence, ils ont été volés- formant des pièges pour quiconque.
  • Réseau de mise à l’égout au stade primaire de construction
  • Réseau d’alimentation en eau au stade primaire de construction
  • Réseau d’électricité inexistant (les derniers piliers se trouvent à plusieurs kilomètres de distance)
  • Rien n’indique la présence d’un entrepreneur ni de l’installation de chantier sur le site (il y avait une seule machine, abandonnée)

Les photos qui suivent montrent l’intérieur de ces ‘maisons’. On observe :

  • Plusieurs maisons ont des toits endommagés
  • Plusieurs maisons ont des portes et des fenêtres endommagées
  • Câbles et tableaux électriques volés
  • Absence totale de plomberie
  • Absence totale de meubles.
  • Sanitaires retirés ou brisés.

C’est donc là que des citoyens de la ville de Halandri vont habiter.

Notons qu'en dépit de l’assurance du contraire, le site n’est pas gardé par la police et chacun est libre de s’y rendre et de prendre ce qu’il veut.

Une des questions qui restent ouvertes : outre le fait de se demander comment il est possible que des gens vivent dans des conditions pareilles, on se demande pourquoi l’administration décentralisée ment et dit que les travaux sont achevés et que tout est prêt pour le transfert des familles.

Il nous semble que chacun peut se rendre compte que ce site ne peut absolument pas accueillir qui que ce soit, et, encore moins des familles avec des enfants. Même si tout était en état, le site se trouve véritablement au sommet de la montagne, un exil loin de toute société humaine, loin de tout ce qui pourrait faire d’un être humain autre chose qu’un fauve.

Traduction du texte des habitants de Halandri : Christine / Okeanews

Photos du futur site "d'acceuil" : le site des habitants de Halandri