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Armes chimiques syriennes : le mauvais temps contrecarre la tentative des militants d'arrêter le Cape Ray

28 juillet 2014

Environnement armes chimiques syriennes Cape Ray Grèce Méditerranée

Les biologistes marins avertissent que le processus de neutralisation des armes chimiques pourrait avoir des conséquences «catastrophiques» pour l'écosystème de la mer Méditerranée


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Les militants veulent souligner le danger de la procédure pour la vie marine. AFP

Les militants veulent souligner le danger de la procédure pour la vie marine. AFP

Par Nathalie Savaricas

La tentative par un groupe de militants, de scientifiques et de politiques de naviguer de la Grèce vers les eaux où un navire porte-conteneurs américain est en train de neutraliser une partie du stock d'armes chimiques syriennes, a été contrariée par le mauvais temps.

L'équipage de plus de 30 personnes voulait profiter du voyage, qui avait commencé vendredi en Crète, pour mettre en évidence leurs préoccupations au sujet de ce qu'ils ont appelé un "dangereux précédent". Mais de grosses vagues les ont forcés à faire demi-tour avec leur flottille hier, une tournure des événements qui a accentué leurs préoccupations.

Le « MV Cape Ray », navire devant rendre inertes les produits chimiques à travers un processus impliquant des produits chimiques chauffés et mélangés avec de l'eau, de l'hydroxyde de sodium et de l'hypochlorite de sodium à l'intérieur d'un réacteur de titane, a déjà transformé une partie importante des 600 tonnes stockées à son bord depuis le début de sa mission, au début du mois. Le dangereux effluent étant alors envoyé vers d'autres installations pour destruction.

La procédure de neutralisation à bord du « MV Cape Ray » consiste en l'élimination de près de la moitié de l'arsenal syrien d'armes chimiques, les 700 tonnes restantes devant être livrées à des structures commerciales et gouvernementales en Europe et aux Etats-Unis pour destruction. Cette destruction des produits chimiques à bord du navire est approuvée par les Nations Unies et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.

Les biologistes marins avertissent que le processus pourrait avoir des conséquences «catastrophiques» pour l'écosystème très fragile de la mer Méditerranée, où l'eau de mer ne se recycle pas comme dans les océans.

"Pourquoi le faire en mer et ainsi créer un tel dangereux précédent? Nous parlons de destruction de déchets dangereux, là", a déclaré Thodoris Tsimpidis, le directeur de l'Institut archipélagique de la conservation marine. "Les armes chimiques de classe A ne doivent pas être traitées en mer, qui est un environnement très instable où tout peut mal tourner."

Parmi ceux présents dans cette flottille de trois bateaux figure le professeur Evangelos Pissias, qui a dit avant que le bateau ne rebrousse chemin qu'il était prêt à faire face aux militaires américains chargés de la protection du « MV Cape Ray ». "Nous ne sommes pas là pour violer les lois, nous sommes dans nos eaux territoriales, ils voudront certainement nous décourager alors que nous ne voulons les provoquer en quoi que ce soit de violent, il est de notre devoir de leur transmettre notre message ".

Des élus locaux de la Crète toute proche ont également exprimé leurs préoccupations. Le maire de Sfakia, Pavlos Polakis, a déclaré qu'il espérait que les efforts du groupe amèneraient une solution au problème. "Nous voulons dire [ au MV Cape Ray] d'arrêter et de partir."

La lieutenant-commandante de marine Alana Garas, du Commandement européen des États-Unis, a déclaré que les États-Unis sont "déterminés à veiller à ce que notre effort de neutralisation des armes chimiques syriennes garantisse la sécurité des personnes, protège l'environnement, suive les procédures de contrôles de l'OIAC, et soit conforme aux normes en vigueur".

L'équipage de la flottille a dit qu'ils avaient du faire face à de grosses vagues durant les premières heures de la journée d'hier, forçant le retour d'un bateau, et que les deux autres ont été contraints de rentrer dans la soirée. Toutefois, la lieutenant-commandante Garas a dit que le « MV Cape Ray » possédait les outils pour poursuivre sa mission même par mauvais temps et mer agitée. Elle a dit que le navire pourrait se déplacer pour éviter les intempéries. Si cela n'est pas possible, le navire est équipé de « gyro-stabilisateurs pouvant amortir les rouleaux » de haute mer, et que du temps supplémentaire a été prévu pour mener à bon terme la mission si les opérations devaient être temporairement stoppées en raison de grosse mer.

Le « MV Cape Ray » continue donc sa mission, il reste maintenant à savoir si les militants repartiront pour intercepter le navire. Bien que M. Polakis ait lancé sur un ton défiant que: "Si vous ne vous battez pas, vous n'obtenez rien; mais si vous le faites, vous pouvez parvenir à un résultat".

Source : The Independent
Traduction : F.B. / Okeanews