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Grèce : le Président du Conseil d'Etat accuse les médias de mener une "propagande organisée"

11 juillet 2014

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Selon le Président du Conseil d'Etat, "la propagande est exercée d'une manière organisée" et pourrait nuire à la liberté de jugement exercée par le tribunal, réduisant ainsi la volonté des juges d'offrir une protection juridique aux citoyens.


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Y a-t-il un pays dans lequel un avertissement du Président de la plus haute Cour contre une tentative organisée des médias de fausser le fonctionnement normal de la justice passerait inaperçu ? Depuis le 2 juillet, il y a au moins la Grèce.

Dans un communiqué adressé aux juges et à toutes les autres entités juridiques de l'institution, le président du Conseil d'Etat Sotirios A. Rizos mentionne ouvertement l'existence d'une «campagne de publications, d'émissions de télévision et de médias sociaux» visant à freiner la morale de l'institution. Rizos dit que "la propagande est exercée d'une manière organisée" et pourrait nuire à la liberté de jugement exercée par le tribunal, réduisant ainsi la volonté des juges d'offrir une protection juridique aux citoyens.

Le Conseil d'Etat fonctionne comme une Cour Constitutionnelle ou une Cour Suprême et c'est le tribunal qui détermine la compatibilité de la législation avec la Constitution grecque.

La raison de la campagne, selon le plus haut juge en Grèce, est l'examen de la constitutionnalité d'une série de réductions de salaires imposés les années précédentes par les gouvernements grecs dans le cadre du programme d'austérité. Les décisions prisent par la Cour créent des obligations de paiements rétroactifs des salaires et des retraites qui semblent menacer les réformes de consolidation budgétaire convenues entre le gouvernement grec et la troïka en échange des prêts. L'organe représentatif des créanciers internationaux de la troïka est co-dirigé par la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International.

La menace de déstabilisation des réformes d'austérité en raison de la décision des tribunaux de défaire des réductions de salaire a été identifiée depuis un certain temps déjà et elle a été considérée comme une menace sérieuse pour l'agenda de l'austérité mené par les représentants du gouvernement ainsi que pour les intérêts pro-austérité qui dominent les médias grand public du pays.

Au début du mois dernier, Niki Kitsantonis a écrit dans le New York Times dans un article intitulé “Greece Wars With Courts Over Ways to Slash Budget” :

"La pile des jugements qui augmente est devenue un obstacle sérieux pour la conduite de l'austérité du Premier Ministre Antonis Samaras, le Fonds Monétaire International ayant lancé un avertissement cette semaine que les "décisions de justice défavorables" menacent de défaire les réformes du pays que ses créanciers ont prévues de commencer à examiner en juillet".

Jusqu'à aujourd'hui, le 11 Juillet, aucune grand média n'a porté une attention au message du juge.

Par Apostolis Fotiadis

Traduction : Okeanos

 


La lettre du Président du Conseil d'Etat  est disponible ici et ci-dessous (en grec) :

La lettre du Président du Conseil d'Etat

La lettre du Président du Conseil d'Etat