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Manolis Glezos, 73 ans après

30 mai 2014

Billet d'Humeur Europe Fascisme Grèce Manolis Glezos nationalisme nazisme Parlement Européen résistance

Le combat de Manolis Glezos pour la démocratie et la justice se poursuivra dans le Parlement Européen.


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Il a 91 ans et est l'un des derniers héros de la seconde guerre mondiale encore en vie. Manolis Glezos, fraîchement élu au parlement européen pour le Syriza, a largement devancé tous les autres candidats grecs.

Il y a 73 ans, le 30 mai 1941, il dérobait, avec Apostolos Santa, le drapeau nazi de l'Acropole à Athènes, faisant de ce geste fou le premier acte de résistance en Grèce, et probablement en Europe. Manolis Glezos et Apostolos Santas furent condamnés à mort par contumace par les nazis.

Manolis Glezos (photo @TeacherDude : https://www.flickr.com/photos/teacherdudebbq2/)

Manolis Glezos (photo @TeacherDude : https://www.flickr.com/photos/teacherdudebbq2/)

73 ans après, Manolis Glezos est toujours en résistance, d'abord pour faire face à l'austérité et à l'entrée dans le parlement grec en 2012 des néo-nazis de l'Aube Dorée, et maintenant au Parlement Européen où la encore, néo-nazis, fascistes et nationalistes ont fait leur entrée.

Manolis Glezos s'adressant à l'assemblée populaire lors du mouvement des indignés en grèce, en 2011 (photo @TeacherDude)

Manolis Glezos s'adressant à l'assemblée populaire lors du mouvement des indignés en grèce, en 2011 (photo @TeacherDude)

Manolis Glezos est un exemple, un modèle de combativité, de résistance et de convictions. Il est également notre mémoire en ces temps sombres qui montrent le retour de la peste brune dans une Europe pourtant si fière de son prix nobel de la paix.

Manolis Glezos a été emprisonné à trois reprises, par les nazis et plus tard pendant la dictature militaire. Il a passé 11 années de sa vie derrière les barreaux et 4 ans et demi en exil pour ses actes de résistance et ses croyances radicalement démocratiques.

Manolis Glezos montrant la lettre de son frère (source roarmag.org)

Manolis Glezos montrant la lettre de son frère (source roarmag.org)

Dans la photo ci-contre, prise lors du tournage de l'utopie à l'horizon (2012), Manolis Glezos montre les derniers mots de son frère, Nikos Glezos, qui, le 10 mai 1944 - alors qu'il était emprisonné par les nazis - a écrit un message d'adieu déchirant à sa mère sur le tissu intérieur de son casque :

"Chère mère, je vous embrasse et vous étreins. Aujourd'hui, je vais être exécuté, je tombe pour le PEUPLE Gr."

M. Glezos a expliqué à roarmag pourquoi le mot « grec » avait été abrégé et « peuple » écrit en majuscule : son frère voulait dire qu'il ne tomberait pas pour une illusion nationaliste, mais pour les peuples de toute l'Europe et du monde ; pour ceux qui ont choisi de lutter pour la liberté et la justice.

 

Aujourd'hui, cette même illusion du nationalisme que le frère de Manolis Glezos refusait de toute ses forces revient par la porte du Parlement Européen, et c'est une disgrâce totale que ce résistant de bientôt 92 ans soit contraint de s'asseoir à proximité de fascistes, de nationalistes et de néo-nazis qui reprennent l'idéologie monstrueuse de ceux qui ont tué son frère.

Mais la victoire électorale de Manolis Glezos est aussi le testament de l'esprit de résistance qui caractérise toujours le PEUPLE Gr. aujourd'hui, après 5 années d'austérité dont le résultat renvoie à un pays qui vient de sortir d’une guerre destructrice.

"Pour la paix, la liberté et la démocratie. Plus jamais de fascisme. 

Des millions de morts nous le rappellent."


Librement (et largement) inspiré de l'article en anglais de Jerome Roos (roarmag.org)