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Refoulements aux frontières : Amnesty International demande des sanctions contre la Grèce

29 avril 2014

Droits de l'homme Immigration Amnesty International frontières Grèce Nikos Dendias violence

Le ministre Nikos Dendias refuse toujours de rencontrer l'organisation internationale.


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Amnesty International a appelé l'Union Européenne à sanctionner la Grèce face à l'incapacité du pays à éradiquer la pratique qui consiste à repousser les réfugiés et les migrants à ses frontières.

SOSEurope

Dans un nouveau rapport, "Grèce: la Frontière de l'espoir et de la peur", publié mardi, l'organisation internationale des droits de l'homme a vertement condamné la Grèce de repousser les personnes qui cherchent asile, notant que c'était en violation des obligations internationales du pays en matière de droits de l'homme.

"Le traitement des réfugiés et des migrants aux frontières de la Grèce est déplorable. Trop souvent, au lieu de trouver refuge, ils sont accueillis avec violence et intimidation. Il y a des cas où ils ont été déshabillés, ont eu leurs biens volés, et ont même été tenus en joue avant d'être repoussés à la frontière turque" a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme de surveillance des Droits de l'Homme pour l'Europe et l'Asie centrale.

"Les personnes effectuant ces refoulements sont des agents de l'Etat. Les autorités grecques ont l'entière responsabilité de leurs actes. Elles doivent reconnaître ouvertement et mettre un terme à cette pratique illégale et souvent dangereuse de refoulements".

Le rapport d'Amnesty International expose des entrevues réalisées entre septembre 2012 et avril 2014, avec 148 migrants et réfugiés, dont un peu moins de la moitié d'entre eux affirmant qu'ils avaient été repoussés de la Grèce vers la Turquie, parfois à plus d'une occasion.

Selon le rapport, les pratiques de refoulement ont eu lieu régulièrement le long des frontières dans la région d'Evros, au nord la Grèce, ainsi que dans les îles de la mer Égée de Lesvos, Chios et Samos.

AmnestyCondamneGrèce

L'organisation Internationale avait lancé une pétition et recolté plus de 90000 signatures) pour demander arrêter les refoulements et les expulsions. Le ministre de la protection du citoyen et de l'ordre public Nikos Dendias refuse néanmoins toujours de rencontrer Amnesty International, malgré les relances régulière de l'organisation sur twitter :

(94 196 signatures pour vous demander d'arrêter les expulsions des migrant et réfugiés)

N. Dendias a toujours nié les conditions de détentions inhumaines et la violence policière. En décembre dernier, des révélations du magazine Hot Doc montraient pourtant que le chef de la police aurait ordonné de rendre la vie insup­por­table aux migrants.

Pour plus d'informations sur les refoulements, vous pouvez consulter un résumé de l'étude menée par la fon­da­tion ProAsyl qui a publié une enquête sur la "vio­la­tion sys­té­ma­tique des droits des réfu­giés en mer Egée et à la fron­tière greco-turque" : Le scandale du "Push-Back" : la Grèce repousse les réfugiés vers la Turquie.


Cette année, un groupe de 11 Afghans et Syriens, dont huit étaient des enfants, est mort quand un bateau transportant 27 migrants a coulé près de l'île de Farmakonisi en janvier.

Pour l'occasion, Okeanews avait publié une nouvelle version de la chanson "il était un petit navire" :