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Grèce : le Sinistre de la santé envoie des patients au dispensaire social d’Elliniko

15 avril 2014

Politique Santé Adonis Georgiadis dispensaire social Elliniko Grèce système de santé

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Alors que le ministre prolixe de la santé Adonis Georgiadis se balade de chaîne de TV en chaîne de TV en parlant de ses « réformes » tendant prétendument vers un système national de santé plus équitable et plus efficace, ses propres actes continuent de le démentir.

Le ministre de la santé Adonis Georgiadis

Le ministre de la santé Adonis Georgiadis

C’est la deuxième fois que le cabinet du ministre de la santé renvoie des patients au dispensaire social d’Elliniko (NdT : qui, pour rappel, a été mis en place par des médecins VOLONTAIRES souhaitant pallier aux lacunes grandissantes du système de santé officiel).

Voici la lettre publiée par le médecin du dispensaire, M. Giorgos Vihas.

"Je ne sais pas si j’arriverai à partager ce que je viens de vivre au MKIE. Je ne sais pas comment rendre à l’aide de mots la charge et la grandeur d’un moment… d’un moment qui peut arrêter le temps et vous faire sentir, pour un instant, le souffle de Dieu !

Ce matin, on m’a téléphoné du cabinet du ministre Georgiadis pour me dire que l’on avait donné mon numéro de téléphone aux parents d’un jeune homme de 31 ans souffrant d’une maladie du système gastro-intestinal, une maladie grave nécessitant l’administration d’urgence d’un médicament dont le prix s’élève à 2 000 euros. Oui, vous avez bien compris, mon numéro de téléphone a été donné par le cabinet de Georgiadis qui, ne l'oublions pas, est ministre de la santé (?) de notre pays. A propos, il s'agit du deuxième cas aujourd'hui où le cabinet du ministre donne mon numéro de téléphone à un patient non assuré.

En effet, les parents du jeune homme m’ont contacté et je viens de les voir au MKIE. Leur fils est dans un très mauvais état, aussi bien psychologiquement que physiquement. Les parents le sont également et, de plus, ils se sentent absolument bafoués à force d’avoir buté contre les portes closes de l’État.

J'ai immédiatement lancé  l’entreprise de découverte du médicament. Malheureusement, nous n’en avions pas et, dès le premier instant, je me suis rendu compte qu’il serait très difficile d’en trouver.

Tandis que j’étais avec les parents qui étaient littéralement « accrochés » à moi, je me sentais totalement impuissant mais je m’efforçais de les consoler pour faire en sorte qu’au moins ils retrouvent dignité et espoir, leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’il y a des gens qui les accompagnent dans cette entreprise pleine d’angoisse. «

Vous n’êtes pas seuls », j’essayais de leur dire et de les persuader de plusieurs manières… Et, alors, c’est arrivé... Le secrétariat m’appela pour me dire qu’une dame me demandait d’urgence au téléphone. Je répondis immédiatement et l’entendit dire : « Je suis membre d’une organisation de bénévoles « untel » et un monsieur vient de nous contacter, sans nous révéler son identité, mais nous a dit vouloir savoir si votre dispensaire avait besoin de quelque chose, il est disposé à couvrir les frais de ce dont vous auriez besoin et il m’a demandé de vous contacter. Avez-vous besoin de quelque chose ? »

La question flottait dans l’air pour plusieurs secondes. J’arrivai à peine à articuler « oui » et lui décrivis le cas du jeune homme. L’opération ‘achat du médicament’ fut immédiatement lancée. Il y a quelques instants, les parents du jeune homme sont partis, les larmes aux yeux. Mais c’étaient des larmes d’émotion, de joie, d’optimisme, des larmes que seule la grandeur de la solidarité est en mesure de faire naître.

Et, les derniers mots de la mère, en partant : « aujourd’hui, ce n’est pas la vie de mon fils qui est sauvée. Aujourd’hui j’ai compris que la Grèce existe, j’ai compris pourquoi nous ne serons pas mis à genoux, la Grèce est à nouveau née en moi, aujourd’hui. Merci ! »

Giorgos Vihas, Dispensaire social métropolitain d’Elliniko