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Les amis de la droite dure du Premier Ministre Antonis Samaras

9 avril 2014

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Takis Baltakos n'était pas le seul membre de la droite dure à avoir la considération du premier ministre


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Ce n'est pas seulement au Pasok et au Syriza que vous entendrez des gens dire que le pays est gouverné par un groupe d'amis de la droite dure du Premier Ministre Antonis Samaras, mais aussi dans la Nouvelle Démocratie, où il y a de plus en plus de ressentiment envers ​​certaines des figures qui entourent le premier ministre.

Le Premier Ministre Antonis Samaras (photo Reuters)

Le Premier Ministre Antonis Samaras (photo Reuters)

Les efforts du bureau du Premier ministre pour présenter les entretiens privés entre Takis Baltakos et l'Aube Dorée comme une sorte d'initiative personnelle de l'ancien secrétaire du cabinet ont trébuché parce qu'il est communément connu qu'il y a des éléments de la droite dure au sein du gouvernement.

Outre Baltakos, d'autres éléments de la puissante droite dure de l'environnement de Samaras comprennent Chrysanthos Lazaridis, Failos Kranidiotis, Makis Voridis et Adonis Georgiadis, tandis que l'équipe de communication du Premier ministre est dirigé par George Mouroutis (lire ou relire  La “Truth Team” de la Nouvelle Démocratie : des faus­saires approu­vés par le Premier Ministre).

Tous partagent une caractéristique commune : ils n'ont pas le pedigree classique de la Nouvelle Démocratie. Certains sont des amis personnels de Samaras, de ses jours en tant que chef du Printemps Politique (un parti de droite qu'il a mis en place en 1993 après avoir été limogé de son poste de ministre des Affaires étrangères et de la Nouvelle Démocratie, à cause sa position intransigeante sur le conflit du nom de la Macédoine). D'autres ont été impliqués dans le Réseau 21, un think-tank nationaliste créé en 1997. Un autre groupe vient du parti populiste d'extrême droite, le Rassemblement Populaire Orthodoxe (Laos (peuple en grec)).

Pour cette raison, ces figures politiques ont été la cible à plusieurs reprises de l'aile centriste de la Nouvelle Démocratie ainsi que du Pasok. Jusqu'à maintenant, du moins, l'appel du pouvoir a réussi à étouffer l'inquiétude sur les hommes de la droite dure de Samaras.

Chrysanthos Lazaridis

Chrysanthos Lazaridis

Chrysanthos Lazaridis

Conseiller du Premier Ministre et député, Chrysanthos Lazaridis n'est pas considéré comme autant à droite que les autres, mais il a affiché une obsession de la gauche, un problème qu'il partage avec Samaras. Il est soupçonné d'avoir mis au point la version de la Nouvelle Démocratie de la théorie des deux extrêmes, qu'il a utilisé, après l'assassinat de Pavlos Fyssas par un partisan de l'Aube Dorée en Septembre 2013, pour tenter de présenter le Syriza comme un parti hors de l'échiquier constitutionnel. Cette action a attiré les critiques de personnalités centristes au sein de la Nouvelle Démocratie, dont l'ancien porte-parole du gouvernement, Evangelos Antonaros et l'ancien ministre de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos.

Né à New York en 1954, Lazaridis était investi dans la gauche très jeune. Il a été arrêté pendant la junte pour son implication dans le soulèvement de Polytechnique, a été torturé et est resté en prison jusqu'à la chute du régime. Après la restauration de la démocratie, il est devenu membre du Parti Communiste de Grèce (intérieur) et a servi comme chef adjoint du Syndicat National des Etudiants de Grèce (EFEE) sous Christos Papoutsis, qui est devenu ensuite un ministre PASOK.

Pendant ses études de troisième cycle en économie à Londres et à New York, il a été influencé par les idées de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Il est devenu associé avec Samaras via le Réseau 21, le groupe de réflexion national-patriotique infâme dans lequel lui et Failos Kranidiotis ont participé.

Failos Kranidiotis

 Failos Kranidiotis

Failos Kranidiotis

Avocat en Grèce pour le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, qui avait été capturé par des agents turcs au Kenya alors qu'il avait été pris de la résidence de l'ambassadeur de Grèce à Nairobi en 1999 , Failos Kranidiotis, comme Lazaridis, rencontre Samaras via le Réseau 21, la fondation de ce qui en 1997, avait été décrit par le premier ministre comme un événement capital.

Ce think tank marginal avait pour objet "l'éveil patriotique des Grecs", avec beaucoup de doses d'orthodoxie chrétienne grecque.

En 2005, des représentants du Réseau écrivent dans les colonnes d'un journal, attaquant le chef de la Nouvelle Démocratie d'alors, Kostas Karamanlis, pour avoir publié une déclaration sur la mort de Harilaos Florakis, qui a dirigé le Parti Communiste de 1972 à 1989. Ils appellent également à la restauration du prestige de la police militaire.

Kranidiotis, en plus d'être un "ami personnel de Samaras", comme il l'a déclaré, a été élu membre du comité politique de la Nouvelle Démocratie, sa plus haute instance, lors de la conférence du parti en juin dernier, après de nombreuses tentatives infructueuses, malgré sa position privilégiée dans le cercle de Samaras.

Après l'assassinat de Pavlos Fyssas par un partisan de l'Aube Dorée en Septembre 2013 , Kranidiotis a soutenu que le principal problème venait de la violence de la gauche. Malgré la ligne officielle du gouvernement prise à l'encontre de l'Aube Dorée en Octobre, il a insisté qu'il ne condamnerait pas "les nationalistes et les patriotes", mais se réservait ses "balles" pour le véritable ennemi. Ce commentaire a entraîné sa convocation au siège de la Nouvelle Démocratie par le secrétaire du parti pour s'expliquer.

Suite à une opposition intense au sein de la Nouvelle Démocratie, Kranidiotis a annoncé lundi qu'il ne serait pas candidat pour la Nouvelle Démocratie aux élections du Parlement Européen de mai prochain.

Makis Voridis

Makis Voridis

Makis Voridis

La porte de Maximos, la résidence officielle et le bureau du premier ministre, est toujours ouverte pour Makis Voridis et pas seulement en raison de son statut de représentant au parlement du groupe parlementaire de la Nouvelle Démocratie. Ancien député du Rassemblement Populaire Orthodoxe (parti d'extrême droite LAOS), il a rejoint la Nouvelle Démocratie en Février 2012 et est devenu l'un des contacts les plus proches de Samaras.

Mais il y a 30 ans, Voridis a été impliqué dans l'Union Politique National (Epen), un parti politique d'extrême droite mis en place par l'ancien chef de la junte emprisonné Georgios Papadopoulos, qui l'a nommé en tant que leader de la jeunesse du mouvement, pour succéder à Nikos Michaloliakos, qui dirige maintenant l'Aube Dorée. Une photographie datant de 1985 montre Voridis, armé d'une hache fait maison, participant à des patrouilles autour de la faculté de droit d'Athènes à la poursuite d'étudiants de gauche.

Voridis a, plus tard, fondé le Front Hellénique, un parti d'extrême droite, qui l'a mené en 2005 au Laos. En Novembre 2011, il a été nommé ministre des Transports dans le gouvernement de Lucas Papademos. Le Laos l'a expulsé en février pour avoir voté pour le deuxième paquet d'austérité.

En dépit de son historique dans l'extrême droite, Voridis a été parmi ceux qui ont appelé à la dissolution de l'Aube Dorée qui a suivit l'assassinat de Fyssas. Lors d'une réunion dans le bureau du Premier Ministre, le matin du 28 Septembre 2013, le jour où les dirigeants de l'Aube Dorée ont été arrêtés, il a dit que l'assassinat montrait que le parti néonazi ne pouvait pas être utilisé comme une béquille par le gouvernement.

Adonis Georgiadis

Adonis Georgiadis

Adonis Georgiadis

Le ministre de la santé est un sujet en soi. De la vente de livres à contenu nationaliste et antisémite à la télévision, à l'édition de son "Histoire Grecque" et de magazines d'"Education Grecque", Adonis Georgiades a été élu pour le Laos en 2007 et, comme Voridis, est devenu un ministre dans le gouvernement de Papademos, puis a rejoint la Nouvelle Démocratie après avoir été expulsé du Laos pour avoir voté pour le deuxième mémorandum.

Dans le dernier remaniement ministériel, en Juin 2013, il a reçu le portefeuille de la santé, où il a appliqué les politiques de la troïka avec beaucoup d'enthousiasme. Il a déclaré juste après sa nomination en 2012 que "ceux qui ne s'adaptent pas meurent", ou encore que "les maladies comme le cancer ne sont urgentes qu'en phase avancée".   On en voit le résultat aujourd'hui.

Alors que Baltakos, l'ancien secrétaire du Cabinet, a déclaré lui-même être un "anticommuniste", Adonis Georgiadis a dit au parlement qu'il déteste les communistes.


Cet article est une adaptation de l'article de Vicky Samara paru en grec sur le site Eleftherotypia le 5 Avril 2014.