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Grèce : la Cour Suprême interdit les caméras cachées

8 avril 2014

Justice Politique Baltakos Gate cour suprême enregistrements Grèce Ilias Kassidiaris Nikos Dendias

Vers un nouveau coup dur pour la liberté de la presse en Grèce ?


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Après le scandale de la vidéo montrant le bras droit du premier ministre A. Samaras parlant avec le porte parole du parti néonazi grec Aube Dorée, le ministre de l'ordre public N. Dendias (cité dans la vidéo) aurait demandé à la cour suprême d'agir. C'est désormais chose faite, Euterpi Koutzamani, le procureur de la Cour suprême a annoncé que les personnes utilisant des documents audiovisuels enregistrés illégalement feraient l'objet d'un mandat d'arrêt d'urgence.

Le journal Avgi proteste contre l'annonce de la Cour Suprême en publiant une "une" blanche

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Le procureur de la Cour suprême a invoqué une loi de 2012 selon laquelle les députés peuvent être arrêtés si ils commettent des crimes :

"Si dans le futur toute personne utilise du matériel audiovisuel acquis illégalement, le processus de flagrant devrait être lancé même si l'auteur est un membre actif du Parlement." (In.gr)

C'est ce genre de procédure juridique qui avait permis l'arrestation express du journaliste Kostas Vaxevanis après la publication de la liste Lagarde.

Le parti néonazi avait annoncé être en possession de 6 autres vidéos probablement très embarrassantes pour le gouvernement. La première vidéo diffusée montrait en effet Takis Baltakos, le bras droit du premier ministre en compagnie  de Ilias Kassidiaris, le porte parole de l'Aube Dorée. Le bras droit d'A. Samaras expliquait que la répression lancée contre le parti néonazi était une manœuvre politique et que le premier ministre aurait nommé le pro­cu­reur de la Cour suprême parce qu’elle vient d’un vil­lage voisin.

L'annonce du procureur de la Cour Suprême lance donc un message clair : toute personne possédant du matériel audio ou vidéo enregistré illégalement peut donc être arrêté avec une procédure d'urgence.

Par extension, toute vidéo issue d'une caméra cachée ou tout enregistrement audio pris sur le vif sans autorisation pourraient-ils donner suite à une procédure de flagrant délit ?

Reste également à savoir si cela s'applique au travail des journalistes dans le cadre d'enquêtes qui serviraient l'intérêt public, comme celles visant à savoir si des liens existent entre les proches du premier ministre et l'Aube Dorée...

En tout cas, la Grèce ne semble pas prête à remonter dans le classement  mondial de RSF sur la liberté de la presse.