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La Grèce légalise la mafia

2 avril 2014

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La Grèce compte faire baisser la dette actuellement estimée à plus de 171% du PIB via la prostitution qui serait inclue dans le calcul du PIB national


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Oscar Wilde l’avait dit, « Mon dieu protégez moi de mes amis, mes ennemis je les connais déjà ». La Grèce pourrait faire sienne cette maxime. Elle est supposée connaitre son ennemi, le Grand Turc, mais finalement c’est de ses amis qu’elle devrait se méfier. A savoir, ses alliés européens et ses sauveurs : Commission Européenne et FMI.

ProstitutionAthenes

Leur dernière trouvaille ne manque pas de sel. Faire baisser la dette actuellement estimée à plus de 171% du PIB via la prostitution qui serait inclue dans le calcul du PIB national. Les méditerranéens étant, tout le monde le sait, de grands baiseurs devant l’éternel, la prostitution étant légale et les maisons closes se multipliant comme des petits pains dans tout le pays, cela permettrait de remonter ce PIB de 2,4% d’un seul coup !

Quelle érection ! Et comme toutes les infamies doivent être légalisées, l’Union Européenne a pondu en juin dernier un décret permettant aux services statistiques d’inclure les parties de jambes en l’air payantes et même l’escroquerie dans le calcul du PIB.

Dans le décret en question ça s’appelle « une activité illégale dans laquelle les parties constituent des partenaires consentants dans une transaction économique ». Un contrat est un contrat, libéralisme quant tu nous tiens ! Si on pousse la logique jusqu’au bout « la transaction consentante des dealers avec leurs clients » pourraient être comptabilisée. C’est les crétois qui vont être contents : l’herbe de Zoniana est réputée la meilleure du bassin méditerranéen bio, sans produits chimiques. Ne dit on pas que le régime crétois est excellent pour la santé ?

Le décret en question parle même d’inclure dans les statistiques « les activités cachées qui ne sont pas illégales, mais qui ne sont pas déclarées afin de les soustraire au contrôle administratif ». Autrement dit l’économie parallèle, estimée en Grèce à 40% du PIB dont essentiellement le travail au noir, le traficking, les pots de vins y ‘a de quoi faire !

Si cela ne suffisait pas on pourrait aussi inclure la vente du patrimoine. Athènes viens de mettre en vente des bâtiments historiques au pied de l’Acropole : 220 bâtiments à Plaka, 68 à Anafiotika, 108 à Akadimia Platonos, où se trouvait l’académie de Platon, 40 autour du cimetière antique de Kerameikos et 355 dans la cité médiévale de Rhodes.

De là à faire sienne la proposition allemande de vendre des îles et même l’Acropole pour régler ses dettes, il n’y a qu’un pas que l’état portugais n’a pas hésite à franchir pour son propre héritage culturel . Il a mis en vente 85 toiles du peintre catalan Miró dans l’espoir de diminuer un peu sa dette publique. Ou pour être exact, le trou de quatre milliards d’euros creusé par le renflouement de la banque privée BPN !

Angélique Kourounis

Publié avec l'accord de Charlie Hebdo