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Record européen de décès dus à la grippe en Grèce : félicitations M. Georgiadis !

26 mars 2014

Politique Santé Adonis Georgiadis communistes Grèce grippe système de santé

Les 114 décès dus à la grippe et les priorités du Sinistre de la santé Adonis Georgiadis


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Avec 114 décès, jusqu’à présent, la Grèce bat le record négatif de mortalité associée au virus de la grippe. Selon le centre de surveillance des maladies infectieuses (KEELPNO), 46 personnes sont hospitalisées en état grave en Unité de soins intensifs. Depuis octobre, 286 personnes ont été ainsi hospitalisées. Mais, le ministre de la santé Adonis Georgiadis est trop occupé.

Le Sinistre de la santé Adonis Georgiadis

Le Sinistre de la santé Adonis Georgiadis

«Nous ne laisserons pas le pays couler parce que quelques communistes le veulent» cria le -par euphémisme- ministre de la santé, Adonis Georgiadis, au cours du discours qu’il donna à l’Imperial College. « Ils verront (ndr : les communistes) les gens mourir, mais pour eux cela ne signifiera rien» a-t-il ajouté avec insolence. Et, pourtant, M. Georgiadis devrait faire preuve de plus de sagesse et de retenue quand il utilise le terme « mort ». En effet, il semble que la mort ou, plutôt, les morts marqueront de leur empreinte le mandat de l’homme au ministère de la santé.

Le ministre ignore, quand il ne les nargue pas, les données de la recherche, telles qu’elles sont enregistrées dans la revue médicale au prestige international The Lancet. Avec une frivolité caractéristique, il passe outre les appels déchirants des scientifiques concernant l’impossibilité pour les patients d’avoir accès aux services de santé et aux médicaments nécessaires. Il ne lui importe absolument pas de savoir que 47% des Grecs déclare ne pas bénéficier des soins de santé nécessaire, passe outre les 3 millions de non assurés, ne remarque pas que, après 40 ans, le paludisme refait son apparition, tout comme la tuberculose. Ce n’est pas le virus de la grippe qui va l’émouvoir. Quoique, il le devrait, si les records l’intéressent. Avec les 110 décès à ce jour dus au virus de la grippe, la Grèce bat le record négatif de mortalité.

Selon les données issues du Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) publiées par l'Ordre des Médecins d'Athènes pour les pays touchés par la forme agressive de la grippe, les données épidémiologiques sont les suivantes : France, avec 65 millions d’habitants, 52 décès. Grande-Bretagne, avec 61 millions d’habitants : aucun décès. Espagne : 46 millions d’habitants, 155 décès ; Roumanie, 21,5 millions d’habitants, 4 décès ; Suède, avec 9 millions d’habitants, 4 décès ; Irlande, avec 4,5 millions d’habitants, 9 décès et, Grèce, avec 11 millions d’habitants, 110 décès. (Note : l’Ordre des Médecins fait état de 106 décès, mais, depuis, le nombre est passé à 110.)

Qui plus est, dans les pays où les décès sont très peu nombreux, les températures et l’humidité sont telles qu’elles favorisent la transmission de la grippe, par opposition à la Grèce ensoleillé et à l’hiver généralement doux. «à quoi cette augmentation des décès à cause de la grippe est-elle due ? Quelles sont les causes ? » a demandé UNFOLLOW à Mme Olga Kosmopoulou, pathologiste, spécialiste des infections, qui travaille à l’hôpital public de Nikaia. La réponse est implacable : «Premièrement : le manque d’accès aux médicament. Deuxièmement : le manque d’accès aux hôpitaux. Troisièmement : le nombre énorme de sans emploi non assurés», dit-elle.

«Il n’est, en aucun cas, nécessaire de vacciner l’ensemble de la population. La transmission de la grippe est fonction du substrat, c'est-à-dire, de l’état physique de la personne. Si vous souffrez de troubles cardiaques, de tension, de dépression, si vous n’avez pas de chauffage, vous êtes susceptible d’être affecté par la maladie. Si vous êtes sans emploi et n’avez pas le chauffage, la dernière de vos préoccupations c’est de prendre de la vitamine C et de boire votre orangeade. Mais, vous faites déjà partie du groupe à haut risque. En outre, le ministère de la santé ne s’est pas intéressé du tout à informer le public. Il était absolument nécessaire de lancer une campagne d’information concernant le virus de la grippe. Il était essentiel de dire, par exemple, que les personnes souffrant de maladies cardiaques doivent se faire vacciner ou que, si la fièvre dure pour quatre jours, il faut consulter un médecin. Rien n’a été fait. D’ailleurs, où sont les vaccins gratuits pour les démunis, les sans emploi, les migrants ? » se demande le médecin.

«De plus, dans les hôpitaux, l’on enregistre une hausse du nombre de consultations qui s’élève à 40%, alors que le personnel soignant et le nombre de médecins sont à la baisse » conclut Mme Kosmopoulou.

Mais monsieur le ministre n’a pas le temps de s’occuper de cela. Il a bien trop à faire à débusquer les communistes qui, dernièrement, occupent également l’Imperial College.


Mise à jour du 31 mars : le nombre de décès s'élève à 114. 38 personnes sont toujours dans les unités de soins intensifs.