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Grèce : Le Nouvel Observateur suspecté de censure par la plus grande clinique bénévole

29 janvier 2014

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Le magazine français a annulé l'invitation donnée au directeur de la clinique solidaire pour la conférence "Oser la Démocratie"


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Après avoir d'abord dit au docteur et directeur de la clinique sociale Elliniko, Yorgos Vichas, que la conférence "Oser la démocratie" gagnerait à entendre son point de vue sur le système de santé publique en Grèce, Le Nouvel Observateur l'a ensuite informé qu'il ne pourrait pas parler à la conférence en raison "d'un changement dans l'ordre du jour". Le centre bénévole qui fournit gratuitement des services de santé aux plus démunis en Grèce suspecte le magazine français de "censure".

Un pédiatre examine une jeune fille à la clinique communautaire  Elliniko (Photo : Reuters)

Un pédiatre examine une jeune fille à la clinique communautaire Elliniko (Photo : Reuters)la redaction

Plus tôt ce mois-ci, Le Nouvel Observateur a écrit à la Clinique Communautaire Métropolitaine de Elliniko, demandant à son fondateur de prendre part à une conférence que le magazine organise à Athènes les 6 et 7 février sur le thème "Oser la démocratie".

Le Nouvel Observateur aurait déclaré que "les points de vue (du Dr Yorgos Vichas) sur le système de santé publique seraient des informations précieuses pour la conférence".

"Nous avons accepté l'invitation avec grand plaisir, car cela aurait été l'occasion de révéler aux principaux responsables - le gouvernement grec et les représentants de l'UE et la troïka, nos données et ce que nous vivons tous les jours à la clinique qui sont les conséquences des politiques criminelles mises en œuvre dans le système de santé publique" a déclaré le centre.

LNOsb01Le nom de Vichas faisait partie de la liste des intervenants dans un article du quotidien partenaire de la conférence Kathimerini du 21 janvier et est également inscrit sur l'affiche de l'événement envoyé au centre par Le Nouvel Observateur (image de droite).

Selon la même affiche, la conférence accueille également le premier ministre Antonis Samaras, le ministre des affaires étrangères Evangelos Venizelos, l'ancien Président français Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la Commission Européenne Jacques Delors, ainsi que le ministre des finances Yannis Stournaras, le ministre de la réforme administrative Kyriakos Mitsotakis et l'envoyé spécial du gouvernement allemand en Grèce, Hans-Joachim Fuchtel.

Mais dans un court message envoyé mardi, le magazine français a informé le centre que Yorgos Vichas ne pouvait pas participer car le «programme» avait changé, entraînant moins de participants.

Le centre a déclaré que, si il ne sait pas ce qui a conduit à cette décision, "tout le monde peut tirer ses propres conclusions". Une affiche détournée de l'événement a été envoyée par communiqué de presse par le centre, avec, ajouté, le mot «censure»  :

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"Ce que nous savons, c'est qu'avec cette exclusion [de notre représentant], des vérités qui doivent être entendues ne seront pas entendues sur l'assassinat des citoyens non assurés à la suite des politiques du mémorandum menées par le gouvernement depuis près de quatre ans".

Le centre s'est engagé à intensifier ses efforts pour fournir des soins de santé aux citoyens non assurés, qui, selon lui, seraient aujourd'hui 3 millions, soit presque un tiers de la population.

Depuis qu'elle a été mise en place en décembre 2011, la clinique a eu plus de 15 000 visites de personnes n'ayant pas accès à la gratuité des soins de l'État, comme les chômeurs de longue durée et les pauvres.

La clinique refuse les dons en espèces et le soutien des entreprises, mais accepte les dons en matériel et médicaments.