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La ligue grecque pour les Droits de l'Homme : "En arrière toute, direction le moyen âge"

20 janvier 2014

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"Bien qu’elle occupe une place en bas de l’échelle des priorités médiatiques de la conjoncture, la condamnation du créateur de la page de médias sociaux « Elder Pastitsios » acquière un poids emblématique."


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À l’occasion de la condamnation en premier ressort du créateur de la page Facebook « Elder Pastitsios », le conseil d’administration de la ligue grecque pour les Droits de l’Homme a publié un communiqué le 16 janvier 2014 : "La décision rendue aujourd’hui montre que la liberté d’expression, pilier fondamental de la vie en société dans un état de droit démocratique, est contestée non seulement par les ennemis statutaires de la démocratie mais aussi par ceux qui ont mandat de protéger cette même démocratie."

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La page Facebook du blogueur condamné à 10 mois avec sursis

Le communiqué complet :

En arrière toutes, direction : Moyen-âge

Bien qu’elle occupe une place en bas de l’échelle des priorités médiatiques de la conjoncture, la condamnation du créateur de la page de médias sociaux « Elder Pastitsios » acquière un poids emblématique.

C’est la première fois, depuis plusieurs décennies, que revit la disposition qui pénalise « l’offense contre confession religieuse » et elle s’inscrit dans la série récente de phénomènes de restauration des pages les plus sombres de l’histoire des droits, en Grèce.

Tandis que les cadres d’Aube Dorée vont en prison, au titre d’accusations particulièrement graves, ses mobilisations et ses alliances portent leurs fruits puisque ses choix idéologiques sont diffusés dans les institutions qui sont sensées exister pour protéger les droits humains. Nous rappelons que la mobilisation policière qui a conduit à l’arrestation du créateur de la page de médias sociaux a commencé suite à la question parlementaire posée par le n° 2 de l’organisation criminelle d’Aube Dorée, en septembre 2013, qui est actuellement en détention préventive.

Ayant lutté, à des époques moins pénibles, en faveur de la liberté d’expression et de l’art ainsi qu’en faveur du désenclavement de l’État et du droit de la théocratie, la ligue grecque pour les Droits de l’Homme est non plus préoccupée par, mais, malheureusement, certaine de la régression institutionnelle et idéologique qui ne semble pas finir.

Ceux qui pensaient que les lois dépassées n’avaient pas besoin d’être abrogées, n’ayant pas été appliquées, en pratique, peuvent à présent réfléchir aux effets de leur inactivité. Ceux qui font confiance au pouvoir discrétionnaire de la justice hellénique peuvent à présent considérer les effets de leur naïveté, pensant qu’elle a des compétences exclusives quant au rétablissement de l’État et à la prospérité de la société.

La décision rendue aujourd’hui montre que la liberté d’expression, pilier fondamental de la vie en société dans un état de droit démocratique, est contestée non seulement par les ennemis statutaires de la démocratie mais aussi par ceux qui ont mandat de protéger cette même démocratie.