5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Des mineurs afghans détenus depuis plus 20 jours au centre de détention de Moria, sur l'île de Lesbos

15 janvier 2014

Droits de l'homme Immigration droits de l'enfant enfants Grèce lesbos migrants ONU

Nouvelle violation de la Convention internationale de l’ONU pour les Droits des Enfants en Grèce.


527 mots   732       Comments

Lors de la visite de l’équipe des Écologistes-Verts de Lesbos au centre de détention situé près du village de Moria, lundi dernier, le 13 janvier 2014, il a été constaté que 8 mineurs Afghans sont détenus depuis plus de 22 jours et un mineur Afghan depuis plus de 16 jours en violation de la Convention internationale de l’ONU pour les Droits des Enfants, conformément à laquelle les mineurs ne doivent pas être considérés comme enfreignant à la législation en matière d’immigration mais en tant qu’ayant droit à la protection.
MigrantsMineursLesbos
Les jours passent et les réfugiés mineurs sont toujours à Moria, en attendant d’être orientés vers des unités de soutien situées en Grèce continentale, étant donné que le centre de protection des migrants mineurs ne fonctionne plus à Agiaso.
Entre 2009 et 2012, la Grèce a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour violation de l’article 3 de la Charte européenne des droits de l’Homme dans 11 cas concernant les conditions de détention de réfugiés et de migrants détenus dans des centres de détention de migrants ou des postes de garde-frontières.

DSC03036Suite aux récentes déclarations du Chef de la police hellénique qui a indiqué aux officiers et autres agents servant dans la Police hellénique les moyens de rendre invivable la vie des migrants, la pratique de la détention des mineurs pour une longue période avant de les transférer vers des centres d’accueil de mineurs, se poursuit.

Dans ces conditions, les migrants et les clandestins continuent d’être accueillis dans les commissariats de police tandis que, ceux qui sont « de trop », sont amenés, sans prévenir, pour être soignés, dans le centre ouvert d’accueil de PIKPA qui opère exclusivement grâce à des citoyens bénévoles. C’est en droit que les Syriens sont considérés victimes de guerre et reçoivent un document d’expulsion administrative pour 6 mois, tandis que les Afghans, surtout, mais aussi d’autres réfugiés et migrants venant de pays en guerre, se retrouvent injustement en centre de détention, sous régime de détention, pour des délais atteignant les 18 mois.

Les familles sont séparées, tandis que les mesures de surveillance de la Mer Égée deviennent de plus en plus strictes, avec la mise en œuvre d’Eurosur. Les naufrages en Mer Égée continuent tandis que le gouvernement grec n’a pas répondu aux dénonciations du rapport de l’ONG Proasyl concernant les mauvais traitements et les expulsions de migrants vers la Turquie.

Malheureusement, il est, une fois de plus, constaté que suite à l’impossibilité de l’Union européenne d’élaborer une politique migratoire, l’État grec continue d’opérer surtout de façon dissuasive dans le traitement des réfugiés et des migrants, en violant les traités internationaux et ne veillant pas à mettre en place une politique migratoire élémentaire.

Article des écologistes verts de l'île de Lesbos
Traduction Okeanews


L'île de Lesbos :