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Procès de la professeure qui avait attrapé le fils du Premier Ministre Samaras en train de tricher

29 novembre 2013

Education Antonis Samaras Boutoulas Collège d'Athènes Grèce licenciement

Le renvoi de l’infortunée professeure est intervenu en Juillet 2012, alors qu’un mois plus tôt, Mme Boulouta avait surpris le fils Samaras en train de tricher.


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La colère qui a éclaté après la suspension de l’enseignante du Collège d’Athènes pour avoir surpris le fils du Premier ministre en train de copier lors d’un contrôle de chimie n’en finit pas. En effet, l’affaire prend des dimensions politiques suite à la rupture de contrat de la professeure au Collège d’Athènes, puisque la fédération des enseignants du privé affirme qu’elle a été congédié pour ne pas avoir joué les aveugles vis-à-vis de Samaras junior.

collège samaras

En effet, l’Office Central de Service de l’Enseignement secondaire (KYSDE), qui est une institution de premier plan dans le domaine de l’Éducation, s’attaque aujourd’hui au problème et tente de clarifier si la rupture de contrat de la professeure Efrosinis Bouloutas, était légale ou non.

Le renvoi de l’infortunée professeure est intervenu en Juillet 2012, alors qu’un mois plus tôt, Mme Boulouta avait surpris le fils Samaras en train de tricher.

Bien sur, on ne sait pas si l’évènement a précédé les élections et le mandat de premier ministre de Samaras, chose qui pourtant a quelque importance puisque les élections de Mai avaient montré quel serait le gouvernement.

Aujourd’hui le jeune Konstantinos est en terminale, où il est un excellent élève. Après sa scolarité, il souhaite continuer ses études à Harvard. Ses notes sont idéales, puisqu’elles approchent les 45, et les prévisions lui ouvrent grand les portes des universités américaines. Le frère du Premier ministre, Alexandros Samaras, est le directeur du Collège, bien que la question ait divisé la communauté du Collège puisque certains prétendent que Mme Boutoulas ne faisait pas partie des meilleurs enseignants du collège.

Mais la lettre qu’avait envoyée, en février 2012, le directeur du Collège à la professeure vantait ses compétences et son brio. Cinq mois plus tard, la professeure était licenciée pour… incompétence ! Elle a été congédiée par les mêmes personnes qui la portaient aux nues quatre mois auparavant et qui lui ont renouvelé son contrat depuis 1991 !

Voici la lettre du directeur du collège à Mme Boutoulas:

lettre collège

Voici un communiqué du Syndicat OILE au sujet de cet incident et de la réunion cruciale d’aujourd’hui :

La réunion du KYSDE a une importance historique. La décision illégale et arbitraire de la rupture de contrat de notre collègue du Collège d’Athènes qui a été renvoyée pour avoir surpris le fils du Premier ministre en train de copier, et bien que son renvoi ait été retardé d’un an grâce à une forte pression publique, viendra finalement du KYSDE.

Il faut noter que malheureusement, le Conseil du Personnel de l’an dernier a refusé d’assumer son rôle de garant de la Constitution et de vérifier la demande de résiliation du contrat de l’enseignante. Mais il a finalement été obligé, après décision de justice et sous la pression de l’OIELE d’agir selon l’évidence et la loi.

Cependant, comme nous nous en sommes tous rendu compte, les pressions des politiciens et des intérêts commerciaux pour approuver la résiliation du contrat sont énormes.

Les représentants de l’OIELE au KYSDE, M. Kouroutos et A. Savvidaki vont devoir livrer bataille pour protéger non pas les intérêts d’une enseignante, mais la loi, l’intégrité pour le bien public et social de l’Éducation, et la nécessité pour les enseignants de pouvoir travailler à l’école dignement et d'y faire leur devoir. Cela permettra de déterminer si l’État continue à exercer un rôle de superviseur dans l’Éducation, et si la légalité est sacrifiée sur l’autel des intérêts de tierces personnes.