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La "croissance verte" en Grèce : une filiale d'EDF au banc des accusés pour irrégularités

25 novembre 2013

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EDF a dédaigné l’environnement et s’est abattue sur la Grèce, derrière le masque de la « croissance verte », déclarent les habitants qui luttent depuis des années contre les nombreuses irrégularités de la filiale.


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Le Parquet de La Canée, en Crète, envoie au banc des accusés (le 26 juin 2014) les deux représentants de la société “Eoliki Mousouron” (ΑΙΟΛΙΚΗ ΜΟΥΣΟΥΡΩΝ Α.Ε), une des nombreuses filiales d'EDF en Grèce. Selon l’acte d’accusation du dossier Α.Β.Μ. Β 11/2078, les représentants de la société qui a construit la station éolienne d’Apopigadi sont accusés d’avoir occupé illicitement une étendue forestière et de l’avoir illégalement déboisée. La filiale serait responsable de nombreuses autres irrégularités.

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Les actes ont été commis entre le 2 mai 2008 et le 2 février 2011, au lieu-dit « Stroggyli Koryfi ou Apopigadi » des municipalités de Selinos - Kantano et de Platania, en Crète.

Le volumineux dossier a été formé à la suite des dénonciations et plaintes maintes fois déposées à l’Initiative des habitants de Spina, Florioi, Palaia Roumata et Semprona-Apopigadi, afin de défendre l’environnement naturel d’Apopigadi et leur patrimoine. Notons également que le Parquet de la Cour de Cassation est également intervenu en demandant, par écrit, que les plaintes des habitants fassent l’objet d’enquêtes afin d’attribuer les éventuelles responsabilités pénales.

La Direction des Forêts de La Canée aurait également constitué un dossier pour déboisements illégaux, contre la même société.

En outre, toujours à la suite de dénonciations de l’Initiative des habitants et, à nouveau, sur ordonnance du Parquet de la Cour de Cassation et du Service spécial des inspecteurs de l’environnement, un contrôle mené sur le site a révélé plusieurs « irrégularités » supplémentaires, notamment, le dépassement des conditions environnementales approuvées concernant une éolienne, la largeur de la route d’accès, les dimensions des places aménagées pour les éoliennes et les rampes de manœuvre. Une amende de 10 000 euros a été imposée à la société au titre de ces irrégularités.

Les habitants expliquent : « ainsi, les actes illicites de la société ont été en partie et a posteriori confirmés, une fois le projet achevé, alors que nous les dénoncions depuis le début. Mais, jusqu’à présent, c’était nous que la police arrêtait, ainsi que la société l’exigeait, nous, les habitants qui vivons ici depuis plusieurs générations. La filiale du français EDF, aux dizaines de centrales nucléaires (et autres) s’est abattue sur notre pays, derrière le masque de la « croissance verte ». Elle a dédaigné l’environnement et l’histoire de sites tels qu’Apopigadi, un site vierge depuis l’Antiquité. Elle a opéré en « conquérant » sans rendre de comptes à personne, estimant que les lois des « indigènes » ne valaient pas pour elle et que ceux-ci devaient être mis en prison s’ils s’opposaient aux projets de la société. »