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Un front anti-mémorandum dans toute la Grèce

25 novembre 2013

Politique Société élections locales élections régionales Grèce mouvement anti-memorandum

Dans la perspective des prochaines élections municipales et régionales, les forces politiques et les personnalités du mouvement anti-memorandum pourraient mettre en place des listes anti-mémorandum au niveau local et régional.


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Depuis la mi-mai 2011, un mouvement puissant, hétéroclite, de citoyens contre le mémorandum, la politique de la troïka et du gouvernement, et contre la montée du nationalisme, a commencé à naitre sur les places du pays, dans les rues, dans les quartiers et les espaces sociaux. Un mouvement qui continue la lutte plus que jamais.

Memorandum_macht_frei

Ce mouvement exige le départ immédiat de la Troïka. Ce mouvement a remporté des victoires importantes. Il a abouti à la chute des gouvernements Papandréou et Papadimou. Il est essentiellement fondé sur le succès électoral du SYRIZA et des Grecs Indépendants, tandis qu’il a donné des « respirations » électorales importantes au KKE.

Le peuple grec a réussi à développer une large unité d’action. Cependant, il n’a pas encore été en mesure d’assoir son hégémonie politique contre les forces de la nouvelle coalition.

D’autre part, les phénomènes de dislocation de la coalition pro-memorandum Nouvelle Démocratie/PASOK s’intensifient tous les jours, pour 3 raisons principales :

Premièrement parce que l'Europe, prise au piège dans ses contradictions, n’a pas formulé de stratégie cohérente pour faire face à la dette grecque et européenne.

Deuxièmement parce que l’élite du pays est totalement confuse, parce qu’il manque un noyau dirigeant cohérent.

Troisièmement, parce que la coalition multiplie et amplifie la colère des citoyens avec sa politique catastrophique qui a appauvri et surendetté le peuple grec et qui a rempli le pays de millions de chômeurs et de milliers de fermetures de magasins.

Comme les actes de résistances du peuple grec sont de plus en plus nombreux chaque jour, face aux réformes impopulaires sur les salaires, la propriété, les impôts, et l’humiliation nationale méthodique, les voix qui appellent à l’unité, du moins dans l’action, de toutes les forces et les personnalités appartenant au mouvement anti-memorandum se multiplient.

Bien sûr, la société a son propre rythme, et elle organise encore l’unité et la résistance contre les memoranda et les pro-troïka.

Aujourd’hui, parallèlement aux partis parlementaires anti-memorandum, on compte en Grèce 250 mouvements locaux et politiques auxquels participent des milliers de citoyens grecs.

Le rassemblement de ces forces est possible.

De nombreuses sociétés européennes ont déjà développé dans la pratique des fronts anti-memorandum, par exemple pour améliorer la résistance contre les saisies (comme c’est le cas en Espagne) et pour soutenir les œuvres de bienfaisance.

Ainsi, dans la perspective de prochaines élections municipales et régionales, les forces politiques et les personnalités du mouvement anti-memorandum pourraient mettre en place des listes anti-mémorandum au niveau local et régional.

Ces mouvements autonomes pourraient avoir un réel impact en toute légitimité dans les localités. Ils seraient largement représentés et représentatifs. Leur présentation aux élections renforcerait l’unité d’un mouvement pour l’instant épars, bien que présent un peu partout en Grèce. Tous les modes de résistance, même les plus originaux, y trouveront l’occasion de s’allier, et donc de gagner en force.