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Le conseil de l'Université d'Athènes donne sa démission

19 novembre 2013

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11ème semaine de grève pour les universités d'Athènes


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Alors que le personnel administratif et les enseignants des deux plus importantes universités du pays sont en grève depuis plus de 10 semaines, les membres du conseil de l'Université ont déposé leur démission dans le bureau du recteur de l’Université d’Athènes, I. Pelegrinis, lundi après-midi, en signe de protestation contre la mise en disponibilité de certains administrateurs. Dans ses déclarations, le recteur a souligné que les membres de l’Académie refusent de faire cours sous surveillance policière et il a parlé des actes condamnables du ministère de l’Éducation qui ont conduits à l’impasse.

Athènes, université, le 9 octobre 2013 (photo OD / Okeanews)

Athènes, l'université en deuil, le 9 octobre 2013 (photo OD / Okeanews)

« Nous avons demandé à M.Pelegrinis d'accepter nos démissions quand bon lui semblera et s'il le juge nécessaire. Demain, il n’y aura pas de cours à l’Université d’Athènes, parce qu’avec la police, nous ne faisons pas cours. » a déclaré le porte-parole du conseil de l'Université, Valsamis Valsamakis

Le président du conseil de l’Université d’Athènes a fait paraitre un communiqué qui stipule que :

L’Université d’Athènes dans son ensemble (les enseignants titulaires, les autres membres du personnel enseignant, le personnel administratif et les étudiants) déclare sa ferme intention de fonctionner immédiatement, en remplissant sa mission d’établissement d’enseignement supérieur dans des conditions normales, qui malheureusement, ne sont pas réunies pour le moment, en raison des aberrations légales et éthiques imposées par le ministère de l’Education (…).

Nous déclarons le refus des enseignants d’assurer normalement les cours sous présence policière, comme l’impose le ministère de l’Education.

Les membres du conseil de l'Université, au vu de la situation extrêmement critique et inextricable où se trouve l’université, ont soumis leur démission à la disposition du recteur.

Nous demandons une réunion entre le recteur, la délégation du conseil de l'Université, et le premier ministre et le vice premier ministre pour sortir de l’impasse où a été piégée l’Université, ce qui a conduit à l’impossibilité objective pour l’Université d’honorer toutes ses fonctions.

Entretemps, le personnel administratif de l’Université d’Athènes, qui avaient déjà demandé le soutien du conseil de l'Université, a programmé deux autres grèves de 48 heures à partir de mardi, étendant leur protestation pour la onzième semaine.

« Le gouvernement doit retirer sa mesure de mise en disponibilité maintenant, parce qu’elle écrase l’éducation et la recherche et qu’elle mène l’Université à l’effondrement » explique le SYRIZA dans une déclaration.

La députée de l’AN.EL a déclaré que « le ministre de l’Éducation qui a conduit à la guillotine de la mise en disponibilité les employés administratifs de l’enseignement supérieur, n’a pas réussi. La politique de chantage mise en œuvre n’a toujours pas porté ses fruits. Tout ce qu’elle a réussi à faire, c’est piéger la communauté éducative et la mener à une impasse. »

Hier, lors d'un débat télévisé mené par le journaliste Pretendiris sur la chaîne Mega, le conseil a proposé au ministre de l'Education de se donner 8 jours de discussions pour identifier le personnel pouvant être mis en mobilité. En effet, un nombre conséquent d'employés des universités d'Athènes travaillent pour d'autres ministères : environ 300 selon le conseil, une quarantaine selon le ministre de l'Education, qui a refusé toute nouvelle négociation, indiquant que "les universités sont des centres de dépravation".

Il convient de noter que la procédure de mobilité ne touche pas le ministère de l'Education qui emploierait pourtant environ 1000 fonctionnaires.