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Grèce : mort d'un enfant de 2 ans et demi faute de moyens dans le centre de cardiologie

30 octobre 2013

Santé austérité cardiologie enfant Grèce mort moyens

L'austérité tue


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L’unique centre public de chirurgie du cœur pour enfants du pays est fermé depuis 20 mois. Un deuxième enfant, un garçon de 2 ans et demi est la nouvelle victime de cette fermeture.

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L’Association des parents d’enfants affectés de cardiopathies congénitales « Agia Sophia » dénonce :

Le crime se poursuit : encore un enfant est mort à cause du manque d’encadrement et du fonctionnement lacunaire de l’unique centre public de chirurgie cardiaque pour enfants de Grèce, à l’Hôpital des enfants « Agia Sophia » d’Athènes. Un garçon de 2,5 ans est la nouvelle victime de cette fermeture criminelle (« amélioration », selon les responsables) depuis 20 mois. Le jeune garçon était inclus dans la liste des patients à opérer depuis 2011, année à laquelle les responsables, en mentant lamentablement, ont fermé le centre. Le garçon n’a pas pu être opéré au centre Onaseio (centre de chirurgie cardiaque pour adultes) pendant la période de fermeture du centre spécialisé pour enfants et, aujourd’hui, bien que le centre soit considéré opérationnel, il n’a pas eu le temps de se faire opérer, parce que les interventions chirurgicales ne sont réalisées qu’un jour par semaine ! Lorsque son tour est enfin venu, la famille est partie de Serrès (dans le Nord de la Grèce) où elle vit et, en cours de route, l’enfant a laissé son dernier souffle…

En tant qu’association nous n’avons pas cessé, depuis deux ans, de prévenir que la fermeture du centre en octobre 2011 était un acte criminel qui ne servait que des intérêts politiques et financiers précis sur l’autel desquels les « responsables » n’ont pas hésité de sacrifier des enfants affectés de maladies cardiaques et le personnel du centre. Malheureusement, le redémarrage du centre, doté de moins de personnel médical et soignant, de moins de jours de chirurgie et de cathétérisme qu’avant sa fermeture, recèle des dangers que nous n’avons pas manqué de souligner à toute personne concernée et compétente, prévoyant qu’il y aurait de nouvelles victimes. La réalité nous a confirmés de la manière la plus cruelle : huit enfants (probablement plus, car nous ne les connaissons pas tous) ont perdu la vie depuis que le centre a été fermé il y a deux ans. D’autres enfants attendent leur tour, en vue d’une opération ou d’un cathétérisme, dans des conditions dangereuses…

Dans notre bulletin de presse du 14 octobre 2013, après avoir passé en revue les deux années tragiques qui venaient de s’écouler pour nos enfants affectés de maladies cardiaques, nous décrivions les conditions également tragiques dans lesquelles fonctionne le centre, en dépit des déclarations concernant sa réouverture et son fonctionnement à plein régime :

1. L’administration n’accorde de salles d’opération que pour une journée et une autre pour les cathétérismes cardiaques. Il y a deux ans, il s’agissait de trois et de deux jours, respectivement. En outre, l’unité de soins intensifs ne met à disposition que deux lits, alors que deux ans auparavant il y en avait cinq et que l’unité est équipée pour dix lits ! Ainsi, dans le meilleur des cas, il n’y ara que 60 à 70 interventions chirurgicales par an, ce qui représente 40% des capacités du centre dans le passé, ou 10% des besoins du pays. Ainsi, les listes d’attente commencent à nouveau à s’allonger dangereusement, avec des conséquences désastreuses pour la santé et la vie des enfants ! Malheureusement, les faits nous ont confirmés.

2. Depuis deux ans, l’équipe du centre ne compte plus que 6 médecins (contre 11), tandis que le service de cardio-anesthésie ne dispose que d’un médecin et de son assistant (contre 5 médecins et une directrice, il y a deux ans). Seulement la moitié du personnel soignant a regagné le service parce que l’administration a récupéré le reste du personnel pour encadrer d’autres services !

3. Alors que le service de cardiologie disposait de sa propre section au 3e étage de l’hôpital Agia Sophia, l’administration l’a fermé il y a deux ans et ne l’a pas rouvert. Ainsi, les enfants souffrant de maladies cardiaques sont hospitalisés avec les patients de deux autres services, à savoir, ceux de chirurgie plastique et d’urologie !!! Concernant ces derniers, l’on sait que ces cas ne sont pas aseptiques. Ceci représente des dangers majeurs pour la santé des enfants qui sont obligés de partager des chambres qui, bien qu’étant prévues pour accueillir un patient en accueillent deux, à présent. Sans parler du fait que, la disponibilité des lits étant réduite, les enfants opérés sont contraints de rester en soins intensifs pour un délai beaucoup plus long que celui indiqué, en attendant qu’un autre lit soit libéré !

Traduction : Okeanews