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La mine d'or de Skouries n'intéresse pas Greenpeace en Grèce

28 octobre 2013

Billet d'Humeur Environnement Grèce Greenpeace ong rouille Skouries

Le coup de gueule d'une citoyenne contre Greenpeace qui ne semble ni informé ni en mesure d'informer de la situation à la mine d'or de Skouries


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Greenpeace veut libérer ses activistes, sauver l'Arctique et l'ours polaire : c'est une intention plus que louable. Mais en Grèce, cela fait grincer des dents quand toute une région lutte contre la mine d'or de Skouries dans l'ignorance la plus totale de Greenpeace. Traduction d'un coup de gueule d'une citoyenne qui a tenté de parler du problème avec des activistes de l'ONG au Pirée, sans succès.

GreenpeaceSkouries

Il y a cette hypocrisie qui me tape sur les nerfs… Comme si nous n’étions pas assez profondément dans la m….e, il nous faut aussi faire avec les « sauveurs » en herbe qui « nous veulent du bien », non seulement à nous mais à la planète entière !

Octobre 2013, à midi, avec un soleil qui fait penser à une mini-canicule de juillet, je me retrouve sur la place centrale d’une banlieue du Pirée. Je m’assied sur un banc, je tente de me désaltérer en buvant un rafraîchissement, j’allume une cigarette et savoure la chaleur… C’est alors que je note la présence de jeunes filles en gilet orange, qui se baladent tout autour, sans véritable destination, tenant des dossiers noirs. Elles arborent un sourire à la Benny Hill et abordent tous ceux qui ont le malheur de passer à leur portée.

À ce moment-là, ma nature féminine vient me rappeler que, entre autres choses, je suis curieuse. Au moment où je m’apprêtais à quitter le banc et à faire semblant de me promener, indifférente, une des « bouées » s’approche et « attrape » un pauv’ type qui passe. C’est alors que j’ai pu voir que, dans le dos, elle portait une petite inscription «Free our activists, save the Arctic» (Libérez nos activistes, sauvez l’Arctique). Et, en-dessous, le logo bien connu de Greenpeace.

Ainsi, je «dresse les antennes», isole tous les autres sons de l’espace environnant et focalise sur la conversation. Ni plus, ni moins, les filles tentent d’inscrire de nouveaux membres pour que nous sauvions, tous ensemble, l’ours blanc. Vois-tu, nous avons résolu tous nos problèmes et il ne nous reste plus qu’à sauver le nounours. Les phrases du genre « notre monde peut devenir meilleur », « nous sommes tous responsables », « nos activistes se battent tous les jours », « sauver l’Arctique, c’est notre devoir à tous », fusaient dans tous les sens. Et, le sourire-électrochoc était toujours là. Et, oui, il a fini par convaincre le type. Il a donné ses coordonnées, arrangé un abonnement de 10 euros par mois et a même remercié la fille !!!!!

«Voilà que mon tour arrive», me suis-je dite. Mais, non ! La fille partit de l’autre côté (ben, quoi ? Ma gueule ne lui plaît pas ?) C’est à moi d’agir, donc. Je fini ma boisson d’un coup, remets en place mes yeux qui, sous l’effet du gaz carbonique, tentaient de quitter leurs orbites, je me lève et vais jeter la boite dans une poubelle juste à côté de la fille. C’est alors qu’elle se tourna vers moi ! « Nous y voilà, donc ! », pensai-je en me frottant mentalement les mains.

Elle remit donc sa cassette et, après l’avoir laissé faire, je lui demande : « Au fait, êtes-vous allés faire un tour à Skouries ? ». Sa réponse était l’équivalent d’une gifle de King Kong: « C’est quoi, Skouries ? » Après m’être remise la mâchoire en ordre, je tentais de faire un jeu de mot (ndlr : « Skouries » signifie aussi « rouilles » en grec) et la fille me parlait de l’effet néfaste de la rouille sur l’environnement. La dernière fois que j’avais ressenti pareil tournis, c’était quand j’avais bu du raki que mon père avait mis au frigo, ayant confondu la bouteille avec une bouteille d’eau ! Je lui dis : « M’enfin ! Pourquoi t’a-t-on envoyée ici ? Skouries, tu ne connais pas ? Ierissos ? Les mines d’or ? Allô ?» Et, alors, j’obtins la réponse finale qui me jetta au tapis : «Αh, je ne sais pas, moi…moi je suis là pour l’Arctique » (!!!)

Il n’y avait aucun sens à poursuivre la conversation. Je lui tournai le dos et la quittai. Et, tandis que j’attendais le taxi qui viendrait me sauver de cette place, toutes les « Arctiques » s’étaient réunies et parlaient tout bas, en regardant dans ma direction. De toute évidence, elles déballaient leurs connaissances ( ?) au sujet de « Skouries ».

Qui sait ? Peut-être ont-elles également contacté le QG pour recevoir des instructions sur ce qu’il fallait faire au cas où quelqu’un d’autre leur poserait la même question…

Par Liberté

Traduction : Okeanews