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Italie : la place Porta Pia assiégée par les campements des manifestants

23 octobre 2013

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Des dizaines de milliers de personnes ont protesté à Rome la semaine dernière contre les mesures d’austérité et le coût de la crise économique. L'Italie boucle sa deuxième année de récession. Le chômage, surtout chez les jeunes, bat son plein (selon l'ATS, il aurait atteint les 12,2% de la population active en août). Malgré cela, le gouvernement italien, qui examine son budget pour l'an prochain, prévoit de nouvelles coupes sociales.

porta pia

Un important dispositif de policiers a été développé.

Samedi, la manifestation s'est déroulée pacifiquement. Selon les organisateurs 70 000 personnes ont défilé, et selon la police, 50 000.

Sur les banderoles on pouvait lire des slogans comme "Reprenons la ville", ou "Stop aux expulsions et aux saisies". Sur le site web des organisateurs (de la Coordination Citoyenne de Lutte pour le Logement), le message est clair:"Le camp n'est pas un point d'arrivée, mais le départ de la révolte"

La manifestation, très hétéroclite, rassemblait aussi bien des immigrés, des réfugiés, des militants dans les associations de défense des droits des immigrés, des militants pour le droits au logement et enfin, des opposants au projet de la ligne TGV censée relier Lyon à Turin.

Un campement sur la place Porta Pia

Quelques centaines de manifestants ont ensuite érigé des tentes sur la place Porta Pia, à Rome. Leurs revendications s'étendent du refus de l'austérité à la réclamation de logements moins chers, en passant par l'opposition aux expulsions.

Les campeurs ont tenu le siège jusqu'à mardi, où une délégation a rencontré Maurisio Lupi, ministre des Infrastructures et des Transports en vue de négociations. "Nous laisserons les tentes en place jusqu'à notre rencontre avec M. Lupi, mardi, où nous organiserons une autre manifestation pour faire entendre notre voix", a déclaré Luca Fagiano, un représentant des organisateurs de la manifestation.

Incidents et heurts avec les forces de l'ordre

Plusieurs incidents ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Samedi, près du ministère des finances, des heurts ont eu lieu entre la police et les manifestants, où un important dispositif policier avait été développé. En effet, entre 3000 et 4000 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés et de nombreux magasins fermés par crainte d’incidents. 14 personnes auraient été arrêtées dès le début de la manifestation. La police aurait saisi des chaînes, des casques, des battes de baseball et un couteau.

Le ministre de l'intérieur, Angelino Alfano, a finalement annoncé l'arrestation de 16 personnes ainsi que l'expulsion du pays de cinq militants français.

Le résultat de la rencontre entre la délégation et le ministre M.Lupi

Mardi 22 octobre, la délégation a été reçue comme prévue. A cette occasion, le maire de Rome, Ignazio Marino, a tenté de se mêler à l'assemblée. Mais il a été invité à quitter la place Porta Pia: « C’est notre rassemblement, le maire n’a rien à y faire, nous le remercions mais il est préférable qu’il s’en aille. »

Dans le même temps, la rencontre entre la délégation et le ministre Lupi a laissé les citoyens mécontents. Ils promettent une bataille et se sont donné rendez-vous le 31 Octobre.

Di Vetta, l’un des coordinateurs du campement de la Porta Pia et du mouvement « Abitare nella crisi » commente cette rencontre :
« Arrêter de financer les grandes opérations inutiles, comme par exemple Tav et Expo, faisait partie des requêtes des responsable du mouvement. La réponse de Lupi a été que son ministère allait investir immédiatement 40 000 000 d’euro pour protéger les familles touchées par les expulsions pour loyers impayés. Cela ne suffit pas. La mesure interviendra trop tard pour les 260 000 familles touchées par les expulsions », avant de conclure : « Notre façon de penser et de vivre n’est pas en accord avec la vie qu’ils nous proposent. Le gouvernement est distant. Et dans le même temps, il est préoccupé par les problèmes que nous avons avancés. C’est pourquoi il est important de ne pas abandonner. Ce soir, nous démonterons le campement, et demain, nous irons ensemble à Regina Coeli retrouver nos compagnons arrêtés samedi. Puis, nous nous préparerons pour aller à Florence ».