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Prochain arrêt… « l’autre extrême »

17 octobre 2013

Culture Alekos Panagoulis Antonis Samaras extrême Grèce Kalikatzarakos métro

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Kalikatzarakos est un citoyen grec comme un autre. Comme tous les Grecs, son esprit est préoccupé par la situation de la Grèce dans chaque acte de la vie quotidienne. Mais à la différence de ses compatriotes, quand Kalikatzarakos attend le métro, c'est une magnifique réflexion politique et poétique qui nait de ce qui n'est pour les autres qu'un détail, un détail auquel ils se sont habitués et devant lequel ils passent sans y prêter attention. Mais pour Kalikatzarakos, un portrait en noir et blanc, et les temps se croisent, mettant en lumière l'absurdité de la "bien-pensance" contemporaine.


Alekos Panagoulis

Par Kalikatzarakos.

Ce matin, je me suis retrouvé à la station Agios Dimitrios. En descendant l’escalier, j’ai vu de loin le panneau qui indique les minutes qu’il reste à attendre avant l’arrivée du métro. Il était écrit « 07’00 ».

Je suis descendu sur le quai et j’ai essayé de tuer le temps qu’il me restait en marchant d’une extrémité à l’autre. Quand je suis arrivé à l’autre extrémité, je suis tombé devant un portrait photographique. C’était Alekos Panagoulis. Peut-être n’est-ce pas un hasard si ce portrait est disposé à l’extrémité du quai, pensais-je. Et s’il faut, c’est Samaras lui-même qui l’y a mis ? Pourquoi pas ? Ici, il n’aura pas hésité à le placer dans cet « autre extrême que nous devons affronter », l’ensemble de la gauche et « quiconque parle de la sortie de l’Union Européenne et de l’OTAN. »

Alekos Panagoulis avait essayé d’assassiner le dictateur de l’époque, Giorgos Papadopoulos. Il a été arrêté, torturé, et emprisonné. Quelques années plus tard, après la dictature, il a été élu député de l’Union du Centre.

L’Histoire ne s’est pas souvenue de Panagoulis comme d’un meurtrier ou comme d’un « extrémiste » et cela parce que son acte n’a pas été considéré indépendamment des facteurs qui l’ont provoqué ni de l’environnement politique de l’époque. Lui-même a dit quelques années plus tard : « Je n’ai pas cherché à tuer un Homme. Je ne suis pas capable de tuer un Homme. J’ai cherché à tuer un tyran. »

Aujourd’hui, dans ces circonstances tellement étranges que nous en sommes à attendre de l’Histoire qu’elle nous les clarifient, l’acception commune doit être compatible avec la phrase « Nous condamnons la violence d’où qu’elle vienne » (sauf si bien sûr, elle provient de l’État lui-même), indépendamment  des causes qui en sont à l'origine, de ses modalités et de la morale sur laquelle elle se fonde.

Dans le cas contraire, il est probable que vous soyez reconnu coupable de crime ou de participation à une organisation criminelle. Si je suis cette logique, je condamnerai moi aussi la violence d’où qu’elle vienne et si nécessaire, je condamnerai même l’action anti-dictature de Panagoulis.

Par exemple, je serai d’accord avec le gouvernement qui identifie les habitants de Skouries qui se battent pour leur droit à boire de l’eau et non pas de l’arsenic, au gang criminel de l’Aube Dorée.

Et oui, je le crierai, je le dirai que ces habitants sont l’autre extrême et que par conséquent, il faut qu’ils soient forcés d’ingérer de l’arsenic 7 fois par jour.

Alekos, le métro est arrivé, je dois partir. Je veux seulement te dire que le premier ministre a dit qu’il allait enfermer les nostalgiques de ceux qui t’ont torturé en prison.

Alekos, je crains que certaines personnes veuillent t'assimiler à eux.

 

Texte d'origine disponible sur OmniaTV.

Traduction : Aleka / Okeanews

Texte sous licence creative commons (CC BY-NC-SA 3.0)