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Grèce : plus personne ne croit le gouvernement quand il parle économie

14 octobre 2013

Economie Politique Antonis Samaras dette Evangelos Venizelos Grèce troïka

Des chiffres prévisionnels désastreux, un gouvernement qui voudrait faire croire qu'il a la situation en main, même les économistes du parlement grec n'y croient plus : "La réalisation et, surtout, le maintien d’excédents primaires substantiels à l’avenir est quasiment impossible. On ne peut pas non plus s’attendre à quelque sérieuse réduction de la dette par le biais des privatisations."


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Même le bureau du budget de l’État, qui a été créé au … Parlement (!), ne peut plus être convaincu par les estimations du gouvernement Samaras - Venizélos concernant les perspectives de l’économie grecque sur la base de la politique d’austérité qui est mise en œuvre. Ainsi, le rapport du Bureau renvoie la balle.

Giorgos Delastik

Giorgos Delastik, journaliste chez ethnos

Par Giorgos Delastik.

Il démantèle les estimations gouvernementales. «S’attendre à ce que le pays retourne sur les marchés à la fin de 2014 pour couvrir ses besoins en matière de refinancement de la dette relève de l’illusion», souligne-t-il sans fioritures. «Le pays se trouve dans un état qui a empiré, quant à la solution du problème de la dette publique, puisque la base de la production s’est écroulée », souligne le rapport du Bureau du Budget de l’État du Parlement grec.

Il poursuit en défaisant les légendes, d’une part, des «excédents primaires» et, d’autre part, du «salut» de la Grèce par le biais de la braderie du patrimoine public : «La réalisation et, surtout, le maintien d’excédents primaires substantiels à l’avenir (s’appuyant sur une économie affaiblie) est quasiment impossible. On ne peut pas non plus s’attendre à quelque sérieuse réduction de la dette par le biais des privatisations », précisent les économistes du parlement. Leur conclusion est très claire et formulée on ne peut plus clairement : «La dette ne se trouvera pas sur la voie de la réduction et elle ne deviendra pas non plus viable d’ici 2022 en s’appuyant uniquement sur les efforts nationaux en matière d’épargne ». Ils ont parfaitement raison. Hier, dans ses pages sur l’économie, le journal « Ethnos » a publié un graphique particulièrement éclairant.

Dans les quatre ans 2013-2016, notre pays devra payer, au total, pour les quatre années 74,7 milliards d’euros pour des obligations émises et 36,5 milliards d’intérêts sur des emprunts contractés - c'est-à-dire, au total... 111,2 milliards d’euros ! Y a-t-il une seule personne sérieuse qui pense que, au vu d’obligations aussi élevées, la Grèce est en mesure de résoudre le problème de sa dette publique sans que celle-ci subisse un « haircut » substantiel ? Les chiffres sont écrasants. À la fin de 2009, la dette publique s’élevait à 299 milliards d’euros.

Après le fameux «haircut» de 53% et après le « rachat d’obligations » où les malheureux détenteurs d’obligations grecques, dont la majorité sont en Grèce et sont des particuliers ou des Caisses d’assurances, des universités, des hôpitaux, etc., aient perdu 80% (!) de leur argent, la dette publique grecque a, en ce moment,... explosé pour atteindre les 321 milliards d’euros ! Et, puisque, en même temps, la politique de l’austérité et des memoranda a conduit à l’écroulement du PIB du pays, le gouvernement de Giorgos Papandréou avait dit que nous avions fait faillite parce que la dette publique s’élevait à 129% du PIB, en 2009, et le gouvernement Samaras dit nous avoir sauvés, à présent que la dette publique s’est envolée pour atteindre... 175,5% du PIB !

Avec une dette à 129% du PIB, nous avons fait faillite, avec une dette de 175% du PIB, nous sommes sauvés ! Ils veulent nous rendre fous ou bien nous prennent-ils pour des idiots au point qu’ils nous narguent ? Nous en sommes arrivé au point révoltant où le…FMI accuse le gouvernement grec de mentir aux Grecs à propos de la situation économique misérable de la Grèce ! Aucune nouvelle mesure impopulaire ne sera adoptée en 2014, prétend le gouvernement Samaras - Venizélos, alors que, rien que pour 2015 et 2016, de nouvelles mesures de l’ordre de 4,1 milliards d’euros seront nécessaires et qui ont déjà été convenues avec l’UE et sont incluses au mémorandum actualisé du mois d’août. Au mensonge, crie le FMI : pour 2014-2016 il sera nécessaire de prendre des mesures de 60% plus lourdes - au lieu de 4,1, on aura besoin d’adopter des mesures équivalant à 6,7 milliards d’euros !

Le Bureau du Budget de l’État au Parlement propose sa propre solution : «La suppression organisée d’une partie de la dette au sein de l’UE et de la zone euro créerait une nouvelle donne. Elle répartirait de manière plus équilibrée les charges entre créanciers et débiteurs», note-t-il. La nécessité de supprimer une grande partie de la dette publique grecque est également soutenue par le FMI, dont les rapports semblent... «gauchistes (!)» par comparaison à la politique imposée par l’Allemagne à toute l’UE. La dure austérité, on le voit, mine la croissance qui est le préalable fondamental de la réduction de la dette publique de tout pays développé, indiquait, par exemple, le rapport du FMI publié il y a deux semaines, le 26 septembre. Au lieu de cela, les technocrates de la Commission proposent une...hausse de 10% des prix des denrées alimentaires, des médicaments, etc., en Grèce, par le biais d’une hausse de la TVA !

Que dire ?

*Publié dans le journal "ETHNOS" (vendredi 11 octobre 2013)

Traduction : Christine Cooreman / Okeanews