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Fuite de matières toxiques d’Hellas Gold au port de Thessalonique

12 octobre 2013

Environnement accident Grèce Hellas Gold Skouries Thessalonique

Nouvel accident toxique qui pose de nombreuses questions, notamment sur les agissements de la société Hellas Gold qui semble ne s'inquiéter d'aucun contrôle des autorités.


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Le port de Thessalonique est mué en port de transit de matières toxiques dangereuses d’Hellas Gold. Aucun service de la région ne semble mener de contrôles concernant ces matériaux toxiques qui, pour être transportés, traversent la ville et sont déchargés et rechargés. Le samedi 5 octobre, le capitaine du navire paris.gr de ΜSC qui transporte des condensés de métaux d’Hellas Gold, a refusé de charger les conteneurs d’Hellas Gold parce qu’il a constaté que certains présentaient des fuites de matières toxiques.
skouriesAlors que 28 des 128 conteneurs contenant du mispickel (sulfoarséniure de fer) étaient chargés à bord, une fuite de liquides toxiques a été constatée. Les conteneurs ont été déchargés au port et, de là, le chargement a été transporté à l’aide de camions vers un site où la société procède au stockage provisoire de ces matériaux.

Rappelons que les condensés de mispickel de la société HellasGold, comme l’a révélé il y a un mois l’accident à Rentina, contiennent des matières toxiques dues à leur teneur élevée en arsenic et sont extrêmement dangereux pour la santé et l’environnement. Ces condensés sont également stockés dans les lacs de boues à Stratoni et Olympiada.

Jusqu’à il y a un mois, ils étaient transportés à la zone industrielle de Thessalonique, à Sindos, aux entrepôts de la société Balkan Logistics. Le navire de MSC les achemine vers le port du Pirée et, de là, de plus gros navires les transportent en Chine où ils servent de matière première à la production de dioxyde de soufre et d’acide sulfurique.

Selon les renseignements obtenus suite à l’accident de Rentina et à la constatation que les camions de la société « Magounakis » ne disposaient pas de permis ADR pour le transport de matières toxiques et de chargements dangereux, le transport a été pris en charge par la société HAROUPAKIS et les conteneurs sont probablement stockés sur un site qui lui appartient, puisqu’il n’existe pas de site spécialement aménagé ni doté de permis à cet effet sur le port de Thessalonique.

Les employés de la société Haroupakis prétendent que les chargements d’Hellas Gold ne sont pas stockés mais transportés directement de la Chalcidique au port. Toutefois, nous étant entretenus avec le Directeur de la Station des conteneurs du port (S.EMPO), nous avons appris que les chargements ne peuvent pas être directement transférés de la Chalcidique au port, à cause de leur volume important et des vitesses accélérées auxquelles se déroulent le chargement et le déchargement des navires. Ce qui se passe, d’habitude, c’est que les conteneurs sont stockés en un site hors du port et, de là, ils sont chargés à bord du navire.

Les questions qui se posent sont nombreuses. La sécurité des transports de matériaux toxiques et dangereux, de Chalcidique à Thessalonique, fait-elle l’objet de contrôles ? Si les matériaux sont provisoirement stockés en site spécial, celui-ci dispose-t-il des permis requis ?

En effet, le transport et le stockage de mispickel, qui est un matériau particulièrement toxique, relèvent de la directive SEVESO II sur les déchets industriels dangereux et les risques qu’ils impliquent pour la population et l’environnement. Quel aurait été le risque pour le navire et l’équipage, si la fuite n’avait pas été détectée à temps par le capitaine ?

En outre, le ministère de l’environnement a octroyé un permis aux entrepôts de la société Balkan Logistics alors que la Municipalité dont relève le site avait modifié son plan de ville et il y était interdit de créer de nouvelles installations « SEVESO ». Ce point fera l’objet de débats au comité métropolitain de la Région, aujourd’hui.

On se demande donc si le nombre d’ « accidents » produits jusqu’ici n’est pas suffisant pour inciter les services compétents à contrôler la société. Faudrait-il que d’autres incidents se produisent afin que les autorités prennent conscience du fait que la société agit comme elle le veut, sur tous les plans ?