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Grèce : condamnation à de la prison pour des étudiants qui occupaient leur établissement

9 octobre 2013

Education Justice criminalisation enseignants Grèce

La criminalisation de la lutte des élèves et des étudiants


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Des élèves d'une école technique ont été condamnés à de la prison pour avoir occupé leur établissement. En application de la procédure de "flagrant délit", 3 étudiants ont été condamnés à 20 jours de prison sans possibilité de recours(!), 4 autres à 4 mois de prison avec sursis. Les enseignants se mobilisent et accusent le gouvernement d'avoir trouvé "l'autre extrême". Dans un communiqué,  ils disent "NON A LA CRIMINALISATION DE LA LUTTE DES ETUDIANTS".

1oepal

Dans une annonce publique, les instituteurs et les professeurs dénoncent la condamnation des élèves et déclarent un arrêt du travail pendant 3 heures ce matin, afin qu’ils participent au rassemblement qui aura lieu à 11h00 sur la place du Parc de Lamia.

L’ELME a également annoncé que, d’un commun accord avec l’OLME, il aiderait légalement les étudiants poursuivis, tandis qu’il a invité le directeur de l’enseignement secondaire et le directeur régional de l’Education à prendre position.

Le communiqué de L’ELME et du SEPE :

20 élèves ont été arrêtés (!!!) pour avoir participé à l’occupation de leur école (1°EPAL de Lamia), et par application de la procédure de flagrant délit, ils ont été condamnés !!!

Qui l’eût cru !!! 20 jours d’emprisonnement sans possibilité de recours, et 4 mois d’emprisonnement avec possibilité de recours pour 3 élèves et 3 anciens élèves qui ont assisté à l’occupation de leur école, qui ont décidé eux-mêmes de lutter pour une éducation gratuite, et contre l’abolition des spécialisations décidée (légalement ?) par le gouvernement en un soir, mais aussi contre les problèmes immédiats créés par l’absence de financement de l’Education de la part du gouvernement (problèmes de bâtiments, de logistique, de manque d’enseignants, de livres etc…)

Après la mobilisation (au mois de juin, les enseignants ont reçu des documents de mobilisation, tactique mise en place par le gouvernement pour les empêcher de faire grève) des enseignants et la « conversion » de leur relation avec le travail, le gouvernement et le ministère de l’éducation « remettent » le rôle éducatif des professeurs au procureur, à la police et aux tribunaux.

Le gouvernement a enfin trouvé l’autre « extrême ». C’est toute personne luttant contre sa politique antipopulaire. Il en fait la preuve tous les jours, contre tout groupe social qui lutte. À présent, il le fait également contre les élèves. Il a « noirci » leur casier judiciaire (même si les élèves ne vont pas en prison, la peine de 20 jours de prison sera enregistrée dans leur casier), les a jugés sans avocat, sans accepter de reporter le procès pour leur permettre de mieux se préparer. Il les a pris dans l’engrenage bureaucratique et judiciaire, pour « ne pas s’être pliés aux instructions» (référence à une chanson de la résistance, de Mikis Théodorakis).

Les enseignants, en tant que pédagogues, vivent les mêmes problèmes que nos élèves et nous ne pouvons qu’être à leurs côtés et lutter à leurs côtés contre cette politique qui « crée » des problèmes et terrorise ceux qui lui résistent.

NON A LA CRIMINALISATION DE LA LUTTE DES ETUDIANTS

OUI A L’ENSEIGNEMENT PUBLIC ET GRATUIT POUR TOUS LES ENFANTS

Nous déclarons un arrêt du travail pendant 3 heures pour faciliter la participation des enseignants à la manifestation des élèves sur la place du Parc à 11h00.