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Grèce : les communications téléphoniques qui montrent l'étendue du réseau Aube Dorée

3 octobre 2013

Justice Police arrestations Aube Dorée ELAS Grèce police

La soeur du meurtrier de Pavlos Fyssas : "C’est une connerie de notre part (...) on n’avait pas placé notre médecin légiste."


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La levée du secret des écoutes téléphonique des Renseignements Généraux (EYP) pour des raisons de sécurité a été l’élément déterminant qui a conduit la police grecque à arrêter le chef du parti et les députés de l’Aube Dorée impliqués. Dans ces communications, des éléments montrent l'étendue du réseau créé par l'organisation, allant jusqu'à la possibilité de "placer leurs propres médecins légistes".

ecoutelLes agents de la section antiterroriste ont enregistré le cycle d’appels qui ont été échangés pendant la nuit fatidique du meurtre de Pavlos Fyssas, dont les communications du meurtrier Roupakia avec différents membres de l’Aube Dorée.

Il en est ressorti qu’ils ont une idée très claire de la manière exacte dont s’est déroulé l’appel aux bataillons qui ont « pris en charge » l’embuscade.

L’accusation contre l’équipe dirigeante, mais aussi contre le reste des membres de l’organisation néonazie qui ont été arrêtés, a réuni des enquêteurs experts devant lesquels les accusés devront s'expliquer.

Cela s’appuie notamment sur les conclusions du procureur adjoint de la cour suprême, où est analysée la structure criminelle de l’Aube Dorée.

C’est en obéissant à cette structure qu’ils ont opéré le soir fatidique de l’assassinat de P.Fyssas, comme en témoigne le contenu des conversations téléphoniques.

La police a dévoilé publiquement les discussions. Les médias grecs (la télévision et la presse) ont publié depuis le début de la semaine des conversations téléphoniques entre des membres de l’Aube Dorée, dont Roupakia et sa sœur Chryssoula Roupakia.

Dans ces dialogues, Ilias Kasidiaris se positionne comme l’instructeur de l’organisation, et il est question de la deuxième personne qui était dans la voiture de Roupakia, de l’initiative de Pateli et de la « vidange » de Roupakia de l’Aube Dorée.

Dans ces dialogues, entre autres, on perçoit à quel point le réseau de l’Aube Dorée est étendu et organisé à tous les niveaux : non seulement dans la société grecque mais aussi dans la police grecque.

De manière caractéristique, dans l’une de ses conversations, la sœur de Roupakia, Chrissoula, alors qu’elle parlait avec une personne inconnue, membre de l’organisation, affirme que les policiers, par leurs dépositions, aident la ligne de défense suivie par Roupakias en faisant valoir qu’il se trouvait en état de légitime défense et qu’ils auraient pu aussi bien prendre une connaissance pour médecin légiste dans l’affaire afin de soutenir davantage la ligne de la légitime défense de son frère.

Voici un extrait de la conversation rendue publique :

A : Il y a des dépositions de flics qui disent qu’il s’est fait taper dessus.
B : Ah bon ? C’est bien ça.
A : Oui, même si le médecin légiste a déclaré qu’il n’avait pas de traces de coups. C’est une connerie de notre part parce qu’ils l’ont fait avant de nous informer, et on n’avait pas placé notre médecin légiste.

Dans cette affaire, la police garde calme et retenue, bien qu’il y ait maintenant beaucoup d’éléments contre elle, pas seulement en ce qui concerne son absence de résultats jusqu’à maintenant, mais surtout en ce qui concerne l’aide fournie par certains individus dans les rangs de la police aux actions criminelles de l’Aube Dorée.

La seule chose dont on peut être sûr, c’est que la pagaille dans l’histoire de la dislocation de l’Aube Dorée en tant qu’organisation criminelle va prendre beaucoup de temps pour être définitivement réglée.

Les médias diffusent l’information que beaucoup d’autres arrestations vont suivre.

Hier, trois des quatre députés du parti arrêtés, Ilias Kasidiaris, Ilias Panagiotaros et Kikos Michos ont été libérés dans l'attente de leur procès.

Le leader du parti, Mihaloliakos, restera sous bonne garde, tandis que le numéro 2, Christos Pappas, sera entendu en début d'après midi.

Les accusés comparaissent pour des dizaines d’actes criminels commis dans le contexte de l’activité illicite de leur organisation, comme des homicides, de tentatives d’homicides, enlèvements, des vols, des attentats etc…