5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Antonis Samaras : "ceux qui veulent quitter l’UE et l’OTAN sont des extrémistes"

3 octobre 2013

Politique Antonis Samaras Grèce Union Européenne

Samaras présente fièrement sa "bataille" contre l'Aube Dorée. Mais il ne compte pas s'arrêter là, et entend lutter contre « l’opposition extrémiste », qui parle de sortie de l’OTAN, de l’euro et de l’UE, ce qui, d'après lui, serait "particulièrement préjudiciable à la grande cause".


460 mots   686       Comments

Le premier ministre Antonis Samaras insiste sur la « théorie des deux extrêmes », allant même au-delà des opinions exprimées par Faïlos Kranidiotis. Il souligne, qu’outre Aube Dorée, il convient de lutter contre l’autre extrême qui parle de sortie de l’UE et de l’OTAN, « photographiant » ainsi le KKE (parti communiste grec), ANTARSYA (groupe au sein de SYRIZA) et le « plan B » (mouvement créé par d’anciens membres de SYRIZA).

25f14b9d41ace6e75176d9a81e4377af_L

"A bas la dictature du monopole de l'Union Européenne", peut lire sur la pancarte accrochée à l'Acropole par le parti communiste grec (KKE) il y a deux ans.

Dans un discours donné au Peterson Institute for International Economics en collaboration avec la Fondation Stavros Niarhos, Antonis Samaras a, entre autres, déclaré : « nous brisons l’extrémisme, en tant que gouvernement nous en avons la volonté politique, toujours dans le respect de la Constitution et des lois, les dirigeants de l’Aube Dorée sont dorénavant en prison».

Toutefois, peu après, répondant à une question posée par le public -et qui portait sur le chômage- il lança ses flèches contre la gauche. Il souligna que, outre Aube Dorée, il convient de lutter également contre l’autre extrême, ou « l’opposition extrémiste », qui parle de sortie de l’OTAN, de l’euro et de l’UE, « ce qui serait particulièrement préjudiciable à la grande cause».

Cette thèse dépasse même celle de Faïlos Kranidiotis, qui, en décembre 2012, disait que "les immi­grés poi­gnar­dés, ça n’existe que dans le jour­na­lisme « pro­gres­siste » et la pro­pa­gande idiote de SYRIZA". Le fait est cependant confirmé tant par le reporter de l’APE (Agence de Presse d’Athènes) que par le correspondant du journal Eleftherotypia à New York, qui étaient présents à l’évènement où ce discours fut donné. L’extrait où il est question d’ « opposition extrémiste » se trouve dans l’enregistrement audio (en grec) des questions et réponses, au point 10.30''.

Tout cela s’est produit quelques heures à peine avant que les deux procureurs et le juge d’instruction décident de mettre en liberté conditionnelle avec interdiction de quitter le pays les députés d’Aube Dorée Panagiotaros, Mihos et Kassidiaris, tandis que le quatrième député arrêté, Lagos, était placé en détention préventive.

Ce fait acquière une importance particulière étant donné que, en plusieurs points de son discours, le premier ministre ne manquait pas de souligner que « en ce moment » les membres de l’Aube Dorée étaient en prison.