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Les statuts d'Aube Dorée : une transposition du Führerprinzip hitlérien

2 octobre 2013

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Les renseignements contenus dans les statuts sont écrasants. Ils démontrent le caractère militaire de l’organisation, la structure secrète spéciale des Escadrons d’assaut, la toute-puissance du Chef et le contrôle absolu des « inférieurs » aux « supérieurs ».


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Les détails du système de fonctionnement de l'Aube Dorée sont dévoilés dans les statuts du groupuscule entré au parlement en 2012 : organisation militaire, autorité suprême du chef, références directes au nazisme et au système hitlérien. Le document  (voir en fin d'article) a été rédigé en 1987. Les statuts portent l’emblème de l’organisation, en couleur rouge. C’est le symbole runique Wolfsangel (hameçon du loup), également porté par la 4e brigade blindée des SS, responsable des carnages à Kleisoura et Distomo, en Grèce.

L'Aube Dorée est une organisation à hiérarchie militaire qui présente une structure spéciale séparée concernant les Escadrons d’assaut. Le Chef décide de tout et il est le dirigeant suprême.

getFile23244Les grades dans la hiérarchie de commandement sont, par ordre croissant : Phalangiste, Chef de compagnie, Chef de noyau, chef d’équipe, chef de secteur, chef des phalanges. Il est claire que la hiérarchie de « commandement » est la celle de la structure militaire requise par l’action de l’Union populaire, tandis que la hiérarchie organisationnelle se limite aux simples activités de propagande de l’organisation: «Nous, les nationaux-socialistes Grecs d’Aube Dorée, en exaltant (sic) au-delà de la commune mesure notre responsabilité et notre devoir, demeurons merveilleusement (sic) fidèles à la seule Autorité indestructible et indéfectible face à la décadence de l’époque, l’Autorité du Chef»
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La principale question qui préoccupe les autorités judiciaires porte sur le caractère exact de l’organisation Aube Dorée. Alors qu’il existe une multitude d’actions criminelles où les escadrons d’assaut de l’organisation sont impliqués, ses dirigeants s’efforcent de se laver de ses responsabilités et de les transférer sur les simples membres.

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Les statuts d’Aube Dorée répondent à cette question. Il s’agit d’un véritable document d’où découle la hiérarchie militaire de l’organisation ainsi que le fait que toutes les décisions sont prises par une équipe strictement centralisée, au sommet de laquelle se trouve le chef, c'est-à-dire, Nikos Mihaloliakos.

Il s’agit d’un document interne de l’organisation, reproduit au polygraphe, petit format. Il a été rédigé en 1987. Les statuts portent l’emblème de l’organisation, en couleur rouge. C’est le symbole runique Wolfsangel (hameçon du loup), également porté par la 4e brigade blindée des SS, responsable des carnages à Kleisoura et Distomo, en Grèce.

Les deux branches

Les statuts distinguent deux branches au sein de l’organisation. D’une part, il y a Aube Dorée, en tant que mouvement « pour la recherche et les perspectives de la création culturelle européenne [...] du point de vue de la vision du monde et de la biothéorie du national-socialisme». De l’autre côté, il y a « l’expression politique » de l’organisation, c'est-à-dire, l’Union populaire (Λαϊκός Σύνδεσμος), qui «agit dans le sens de l’information idéologique et de l’organisation politique de la société grecque actuelle conformément aux principes du national-socialisme et qui est chargée de mener la lutte politique correspondante».

La structure de l’organisation est particulièrement complexe, comportant six Directions divisées, à leur tour, en sections « en fonction des activités existantes ». Notons les sections de « Recherches raciales », « Formation des membres » et « Organisation de groupes de défense».

Pour ce qui est des membres de l’organisation, ils sont classés selon une hiérarchie « organisationnelle » et « de commandement » qui ne coïncident pas, puisque la première est la hiérarchie formelle tandis que la seconde est fondée sur « l’action de lutte d’Aube Dorée. » La hiérarchie de commandement est supérieure parce qu’elle a trait « au degré d’assimilation de l’idéologie national-socialiste par chacun des membres ainsi qu’à ses luttes afin de diffuser et de faire dominer cette idéologie». Les grades de la hiérarchie de commandement sont les suivants : Phalangiste, Chef de compagnie, Chef de noyau, chef d’équipe, chef de secteur, chef des phalanges. Il est clair  que la hiérarchie de « commandement » est celle de la structure militaire requise par l’action de l’Union populaire, tandis que la hiérarchie organisationnelle se limite aux simples activités de propagande de l’organisation. Ainsi, la structure « de commandement » n’est rien d’autre que ce que nous avons vu agir sous la forme des escadrons d’assaut.

L’Autorité du Chef

Les choses deviennent plus simples lorsque l’on en vient au Chef, qui est le "Chef Suprême d’Aube Dorée. Il dirige le Conseil central sans y participer. Lorsqu’il adopte des décisions finales, l’avis des membres du Conseil central n’engage pas le Chef qui adopte, à sa discrétion (sic) ledit avis. Il porte la responsabilité absolue des décisions finales». En conclusion, «la personne du Chef est absolument inviolable». La révocation du Chef est évidemment prévue mais nécessite la décision à l’unanimité adoptée par le Conseil central. Ce qui est plutôt difficile puisque, parmi les 7 membres, 4 sont nommés par le Chef.

Les statuts incluent également un chapitre spécial expliquant « l’Autorité du Chef. ». Il est particulièrement intéressant de relever la transposition, dans la « réalité » grecque, du Führerprinzip hitlérien :

«Nous, les nationaux-socialistes Grecs d’Aube Dorée, en exaltant (sic) au-delà de la commune mesure notre responsabilité et notre devoir, demeurons merveilleusement (sic) fidèles à la seule Autorité indestructible et indéfectible face à la décadence de l’époque, l’Autorité du Chef.

Le Chef national-socialiste n’est pas l’élu de l’oligarchie de la richesse ou du parti qui, en flattant les appétits viles et intéressés de la masse ou en rampant et en bavant sur les marches de la hiérarchie du parti, s’installe confortablement au grade du pouvoir.

Le Chef national-socialiste est l’incarnation de la conscience historique-même de la communauté populaire, le plus valeureux de ses combattants qui, par sa clairvoyance, l’esprit de sacrifice et le sens de la responsabilité qui le caractérisent, entreprend de la guider vers sa destinée culturelle.

Le Chef national-socialiste est le chef d’élite qui ressort et dont la valeur est reconnue par le fait qu’il est un pionnier de la lutte, le Paraclète [« celui qui guide sur le chemin de la vérité », ce qui fait référence au Saint-Esprit] qui incarne la voix secrète du Sang, l’interprète des espoirs secrets, des désirs les plus profonds et des chuchotements secrets du simple peuple, le magnifique simplificateur de la théorie et le purificateur de l’action. Il est le chef en la personne duquel concourent toutes les vertus populaires mais il est également la volonté résultante unique de la nation.

Le Chef national-socialiste et le Chef Populaire par excellence. Non seulement parce que, par l’exemple de son action, il inspire et guide le peuple et ses compagnons de lutte, mais surtout par ceux-ci il constitue l’unique source de sa propre inspiration. Dans sa personnalité sublime se reflètent les personnalités de tous ses compagnons et la relation entre eux est indestructible.

Le Chef national-socialiste ne se tient pas au-dessus ou à côté du peuple, il ne se trouve pas dans le peuple, il est le Peuple lui-même qui a pris conscience de sa destinée historique, il est son identité historique.

Tout comme des milliers d’affluents partant des sources convergent et contribuent à créer le lit du grand fleuve, de même les forces populaires individuelles, puisant leur indestructible vitalité dans leurs racines culturelles, convergent et contribuent à la personne du Chef. Si les légendes et traditions populaires sont les racines de l’arbre de la création culturelle qui se perdent dans notre passé historique, si le tronc de l’arbre c’est le peuple lui-même dans son parcours historique, et ses branches sont les luttes nationales et populaires, le Chef est le Principe Fécondant qui, par le biais du Printemps des Fleurs, c'est-à-dire, des merveilleux combattants, donne naissance aux fruits de la nouvelle récolte culturelle».

C’est dans cet esprit que l’éloge du Chef se poursuit avec, en conclusion, la référence ouverte au nazisme :

«Pour nous, les nationaux-socialistes Grecs, le doute n’a jamais existé : le mode de gouvernance démocratique, fondé sur la majorité exalté du grand nombre, n’avait aucune place en notre mouvement. Mais, outre les maux de la démocratie, nous avions d’autres raisons de soutenir d’autres formes de gouvernance. À côté des vestiges rongés par la vermine des états démocratiques, nous voyions resplendir les édifices imposants des nations qui avaient eu la chance d’être guidées par une personnalité de chef. L’Allemagne d’Hitler est, tout naturellement, l’exemple le plus brillant mais pas le seul. Ainsi, notre choix est clair. Nous croyons en le Principe du Chef en tant que fondement de la légitimité du régime. [...] Nous voulons que la source de notre légitimité de régime soit vivante, en chair et en os, qu’elle soit l’incarnation de toutes ces valeurs indestructibles de notre civilisation, leur gardien alerte, l’interprète de la voix secrète de notre Sang, que l’incarnation des visions de notre communauté Populaire soit un de nous, le premier d’entre nous, celui qui sommes nous, qu’il soit le Chef. [...] Le Principe du Chef en tant qu’autorité suprême et la structure hiérarchique stricte régit donc immanquablement notre communauté national-socialiste, l’Aube Dorée, et déterminera demain le contour de la Nouvelle Cité Européenne national-socialiste».

 

Le salut et les uniformes

À cette même époque, furent rédigés le « Code interne » de l’organisation, avec le « Code d’Honneur » et le « Rituel national-socialiste ». Les articles 22 à 24 du Code définissent ce qui a trait au salut des membres :

«Le salut national-socialiste à l’entrée à la sortie des bureaux est obligatoire. Le salut est rendu avec force et vitalité, comme il convient à la classe national-socialiste et ne peut être mou et détendu. L’organe responsable de service répond au salut de la même manière. Ce salut rend hommage aux combattants, de tout lieu et de tout temps, qui ont lutté pour ce mode de vie promu par le national-socialisme. Dans les locaux, respecter et rendre honneur aux formes et aux symboles du national-socialisme s’impose».

Pour ce qui est de la tenue vestimentaire et, en général, de la présentation des membres dans les locaux, elle doit être « simple, bienséante, sérieuse et disciplinée, selon le modèle national-socialiste » (art. 27). En-dehors des bureaux, «la tenue vestimentaire doit être telle qu’elle exprime le moral de lutte. Dans ce sens, la tenue proposée est la suivante : chemise kaki ou noire, pantalons noirs ou kaki, veste noire ou kaki, bottes militaires. La tenue est complétée par la cravate et un petit symbole national-socialiste dont le choix est libre» (art. 28). Et, bien entendu, « il est interdit d’arborer dans les locaux une tenue libertine et anarchisante : cheveux et barbe longs et non entretenus, tenue excentrique et non soignée, fumer, car il s’agit d’exemples du mode de vie irresponsable et déchaîné qui domine, de nos jours, dans la société et que la morale national-socialiste combat sans pitié» (art. 29).

Et de conclure : «Le diptyque auquel le national-socialiste demeure attaché de manière inébranlable et à mort est celui qui comporte deux pôles raciaux et moraux : sang - honneur».

Les renseignements contenus dans les statuts sont écrasants. Ils démontrent le caractère militaire de l’organisation, la structure secrète spéciale des Escadrons d’assaut, la toute-puissance du Chef et le contrôle absolu des « inférieurs » aux « supérieurs ».

Une enquête du "Journal des Rédacteurs".

Traduction Okeanews.


Les statuts en grec :