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Peut-être bien que ça sent les élections en Grèce … peut-être bien que non ?

1 octobre 2013

Politique arrestations Aube Dorée DIMAR Grèce Nouvelle Démocratie PASOK Syriza

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Les journalistes de to pontiki s'interrogent : y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas d'élections anticipées en Grèce? Sans doute que oui, sinon pourquoi ce coup de filet parmi les leaders de l'Aube Dorée? Pourtant, ce n'est pas aussi simple, et il semblerait que des élections anticipées ne soient pas vraiment dans l'intérêt du parti au pouvoir, la Nouvelle Démocratie...

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Nous lancerons-nous, enfin, dans cette « aventure pour le pays », comme sont dorénavant appelées les élections, à l’ère des mémorandums ? Est-ce certain que les deux principaux rivaux politiques en veulent ?

La mobilisation du cabinet du premier ministre contre Aube Dorée, depuis l’assassinat de Pavlos Fyssas jusqu’au coup de filet impliquant le noyau dirigeant du parti néonazi, a dès le départ été considérée comme une marque d’activation du dispositif de planification électorale dans le but ultime de rapatrier « violemment » les électeurs de droite qui avaient dévié vers l’Aube Dorée.

Néanmoins, le scénario électoral est affaibli par les éléments suivants :

En tout premier lieu, le premier ministre a officiellement clos le débat par son message laconique : « justice, stabilité, pas d’élections ».

Stabilité politique…au carré, c’est la prescription permanente du camp des créanciers. Peu avant l’expiration du mémorandum courant et en plein milieu de négociations en vue du troisième mémorandum, l’Allemagne, Bruxelles et le FMI n’ont nullement envie de voir Tsipras en face d’eux. Samaras porte les engagements connus concernant la braderie (excusez-moi…les « privatisations » voulais-je dire), les « réformes » (p.ex. la libération des licenciements groupés dans le secteur, les mises en disponibilité dans le secteur public) mais aussi les questions nationales (Zone économique exclusive, la question de Chypre, etc.).

Il semble peu probable que les créanciers accordent leur ‘OK’, à moins que Samaras soit en mesure de les convaincre qu’il peut remporter les élections et former un gouvernement stable qui mènera le travail à bien, sans grincements. Étant donné que PASOK et l’ancien partenaire, DIMAR, ne sont même pas certains de refaire partie du Parlement à l’issue d’une nouvelle élection, et considérant que, en ce moment, l’Aube Dorée est « brûlée » avant même d’arriver à devenir « plus sérieuse » (comme la conseillait un journaliste…), Samaras devra avoir les sondages pour lui. Dans ce sens, le fait que Nouvelle Démocratie arracherait de justesse une différence de 2% par rapport aux résultats de SYRIZA ne constitue pas une avancée sérieuse. En outre, il reste toujours à voir si ceux qui ont voté pour l’Aube Dorée s’en retourneront en masse et illico dans les bras bleus de Nouvelle Démocratie ou s’ils préfèreront la neutralité de la zone grise. En d’autres termes, aucun triomphe à l’horizon, pour ce qui est des sondages.

Alors que l’opération de « mise au bercail » de l’Aube Dorée est interprétée comme un présage d’élections, le gouvernement semble être préoccupé par la probabilité de la démission des députés AD et est à la recherche d’une « fenêtre » juridique qui lui permettrait d’outrepasser l’obligation de proclamer de nouvelles élections dans les 15 circonscriptions dont les sièges seront vacants. L’on voit déjà, ces derniers jours, des spécialistes en droit constitutionnel qui s’efforcent d’offrir des appuis théoriques dans ce sens.

Et, que se passe-t-il sur l’autre rive ? SYRIZA, veut-il des élections ?

S’adressant, hier, au festival des jeunesses SYRIZA, Alexis Tsipras a renvoyé à Samaras le « bon », selon lui, triptyque, c'est-à-dire, « Justice, stabilité, élections». Cela fait pratiquement 11 mois que le chef de l’opposition a clairement formulé la demande d’élections (4 décembre 12) et, depuis, il y tient ferme. Pour ce qui le concerne, selon à tout le moins ce que nous sommes en mesure de connaître, semble passionnément désirer les élections, puisqu’il estime qu’il les remportera et, ce, avec une différence notable. Dans tous les cas, au QG de SYRIZA, les préoccupations sont fortes quant à la question, surtout, de savoir si c’est bien dans l’intérêt de SYRIZA d’avoir des élections dans cette ambiance d’opération gouvernementale « d’arrachage de dents » de l’Aube Dorée. Mais, il existe également des idées selon lesquelles, le dernier mot devant l’urne sera au.. portefeuille de l’électeur (terriblement éprouvé ») Grec.

Toutefois, il n’est pas certain que SYRIZA, dans son ensemble, soit très chaud à propos des élections dans cette conjecture. Ainsi, samedi matin, Tsipras disait sur SKAI TV « nous ne demandons pas les élections parce que nous sommes pressés de gouverner mais parce que le peuple grec n’en peut plus». Pour sa part, le bureau politique du parti expliquait dans un communiqué « le coup déterminant à la menace fasciste, c’est la démocratie, la justice, la souveraineté populaire. C’est le renversement démocratique de la barbarie des mémorandums. C’est l’issue démocratique et le verdict populaire».

Dans tous les cas, l’initiative viendra de Samaras (en fonction aussi de ce qui se passera avec les députés AD) ou du peuple. Étant donné que le second, pour diverses raisons, ne semble pas en mesure d’imposer sa volonté par le biais de quelque mobilisation massive, nous sommes pendus aux lèvres de Samaras...