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L'Aube Dorée ferme la frontière albanaise, la police grecque laisse faire...

4 septembre 2013

Diplomatie Police Aube Dorée Grèce police

... mais évacue l’hôpital désaffecté de Hatzikosta occupé par des squatteurs


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L’Aube Dorée a « fermé » la frontière avec l’Albanie, dimanche 2 septembre, pendant environ une heure. Les partisans néonazis sont arrivés au poste frontière de Kakavias à 15h30, où ils se sont rassemblés pour empêcher son fonctionnement et barrer le passage. Pas l'ombre d'un policier. Par contre, les forces de l'ordre ont délogé violemment les squatteurs de l’hôpital désaffecté de Hatzikosta...

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Le député de l'Aube Dorée Christos Pappas à la frontière albanaise

Plusieurs bus ont été affrétés pour l’occasion, en provenance de l’Achaïe, l’Epire et l’Etolie. En tête du cortège de manifestants : les députés Christos Pappas et Constantinos Barbarousis.

Dans un communiqué, le parti déclare que cette action répond aux récents évènements de Premeti (du vendredi 16 août), un village albanais proche de la frontière grecque, où les fidèles orthodoxes auraient été privés de messe par les autorités albanaises, leur église pillée et fermée.

Le ministère des affaires étrangères grec avait déjà vivement réagi à ces évènements : « L’éloignement forcé des prêtres, le scellement de l’enceinte sacrée, le fait d’empêcher les croyants de rentrer dans le temple et le vol des icônes et des vases sacrés sont des actes inacceptables et condamnables indépendamment de toute action en justice. »

Il y avait donc eu un communiqué officiel du gouvernement grec, mais l’Aube Dorée a tenu à s’en mêler quand même.

Il est étrange de voir que leur action, pourtant susceptible de se muer en incident diplomatique, n’a nullement alerté les autorités publiques et qu’aucune présence policière n’a pu être constatée sur place. D’autant plus étrange que d’habitude, le gouvernement grec a la réponse policière et répressive facile, comme en témoignent les récents évènements de Ioannina :

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Préfet de l'Epire, Alexandre Kachrimani

Les citoyens qui revendiquaient l’occupation de l’hôpital désaffecté de Hatzikosta (opération « Antibiotique ») ont été violemment délogés par les forces de l’ordre le 29 août, sur ordre du préfet de l’Epire, A. Kahimanis, avec l’aval du ministre de l’ordre public et de la protection des citoyens, M. Dendias.

Étrange aussi de voir le déploiement titanesque de forces de l’ordre dont a été capable Dendias pour procéder à 70 arrestations dans la ville de Ioannina, suite à une opération de vandalisme qui aurait été menée par une cinquantaine de personnes au domicile de ce même préfet qui avait ordonné l’évacuation de l’hôpital…

« Des flics, il y en a » pourrait dire Dendias « mais ça dépend pour quoi » serait-on tenté de rajouter….

En attendant, les « aube-doriens » ont pu agir sans être inquiétés, Christos Pappas s’exprimer devant ses partisans, et toute cette sinistre foule clore cette « fermeture de la frontière albanaise » sur l’air de l’hymne national grec…