5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Ces avions bourrés de billets qui ont sauvé l’euro (traduction)

27 août 2013

Economie Traduction BCE euro Europe Grèce troïka

La Banque européenne et la troïka auraient soutenu les banques grecques par le biais de vols secrets. Des milliards d’euros auraient volé vers la Grèce et Chypre pour sauver la monnaie.


872 mots   780       Comments

Pour l’observateur occasionnel, il n’y avait rien d’étrange, pas même de surprise, à voir passer les avions cargo vers l’est, au-dessus de l’Adriatique et, parfois, au-dessus des Alpes, direction : les Balkans et plus loin que la Grèce. Certains de ces appareils portaient le signe de Maersk. En voyant les numéros OY-SRH et les voyant atterrir à Chypre, plus tôt dans l’année, vous n’auriez certainement pas imaginé le but de ces voyages ni leur chargement.
mersk

Les vols sur Athènes et Larnaka qui avaient déjà commencé en 2011 n’étaient rien d’autre qu’un pont aérien secret.

Leur mission n’était pas de sauver des vies, pas même de préserver une liberté démocratique fragile, comme les célèbres ponts aériens mis en place dans le Berlin de l’après-guerre, mais bien de protéger et de prolonger l’expérience économique d’une monnaie multinationale.

L’on savait que la Grèce était à court de billets de banque, à tout le moins métaphoriquement. En juin 2011, il y eut plusieurs mois de stagnation du plan de réforme économique et la troïka qui contrôle le pays manquait de patience.
Il y avait un manque de tous les billets, à l’exception de ceux de 10 euros. Les Grecs avaient répondu à la menace de la troïka en retirant des euros de leurs comptes en banque à des rythmes effrénés.

Giorgos Provopoulos, Gouverneur de la Banque de Grèce expliqua que si la demande en billets de banque n’était pas satisfaite, l’impression serait créée que les banques n’étaient pas en mesure de répondre à la demande.
"Cela causera un écroulement de la confiance aux effets désastreux sur la stabilité économique et la perspective globale du pays", dit-il.

La crise pourrait s’étendre rapidement dans toute la Méditerranée. L’inquiétude des investisseurs était manifeste même en Italie.

Le pont aérien n’était que la première phase de la mission. Des centaines de navires ont transporté les nouveaux billets vers tout le pays continental et les îles grecques, de Rhodes à Corfou, de Crète à Komotini.
Ils travaillaient de nuit pour s’assurer que les agences des banques dans toute la Grèce disposeraient de suffisamment de billets pour couvrir la demande.

Incroyable mais vrai : la mission se déroula sans que personne ne s’en aperçoive. Les distributeurs de billets fonctionnaient toujours. Toutefois, sous le nez des Grecs, une révolution monétaire était en train de se dérouler.
Selon le Daily Mail (qui publie un article tiré de l’ouvrage The Default Line: The Inside Story Of People, Banks And Entire Nations On The Edge, par Faisal Islam), la valeur des billets en circulation en Grèce a doublé, passant de € 19 milliards, en 2009, à € 40 milliards en septembre 2011.

Jusqu’à l’été 2012, la somme avait atteint € 48 milliards dont au moins 10 milliards –peut-être plus- avaient été livrés via ponts aériens secrets.

D’ordinaire, les économies développées disposent d’argent liquide en circulation qui représente 4% à 7 % du PIB. En 2009, en Grèce, ce chiffre était de 8,2 %. Jusqu’à 2012, il avait triplé pour atteindre 24,8%.

Des dizaines de milliards d’euros ont quitté les banques grecques, en 2011 et 2012, mais les autorités estiment que seul un tiers de cette somme a été dépensée. Un tiers a quitté le pays pour être investi à l’étranger, comme, par exemple, à Londres, et un autre tiers est caché sous les matelas des maisons grecques.

Les citoyens des pays en crise – Espagne, Portugal, Grèce, Chypre, Italie, Irlande – n’ont pas encore été informés par leurs politiciens à propos du prix à payer : en d’autres termes, la survie de l’euro signifie des salaires bien plus bas pour eux.

Selon la terminologie utilisée, les pays méditerranéens doivent subir une « dévaluation interne », ce qui signifie écraser la moyenne des salaires.

L’Allemagne a profité plus que tous de l’introduction de l’euro par le biais du commerce au sein de l’Europe, d’une monnaie moins chère pour les exportations hors-Europe, et les taux d’intérêt très faibles pour sa dette.
La première épreuve viendra de Grèce qui, bientôt, aura besoin d’un troisième plan d’aide et d’encore un « hair cut » de sa dette.
Ce n’est que le débit d’un processus où les dettes publiques sont partagées dans toute la zone euro. Une union budgétaire de facto et, bientôt, une forme d’union bancaire suivra.
Derrière tout cela, l’union politique, un super-État.

Le Maersk Star Air OY-SRH qui a atterri à Larnaka il y a cinq mois était l’équivalent d’une nation qui a cédé sa souveraineté monétaire.

Ces avions sont un symbole visible de la perte du pouvoir national.

Après les élections allemandes du mois prochain, cette vérité sera révélée. .

Sera-t-il possible de répéter les missions aériennes de sauvetage ?

Dans tous les cas : turbulences garanties.

Attachez vos ceintures.


Article publié sur : Daily Mail

Traduction  : Okeanews