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Allons-voir les periptera chez les Grecs... la suite (2) !

21 août 2013

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L'envers de la chronique - partie 2


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Periptera-enversVous êtes allés voir les periptera chez les Grecs ? Okeanews vous pro­pose de reve­nir en détail sur la chro­nique, en pré­ci­sant l’étymologie grecque des mots ren­con­trés au fil du texte. Les mots n’ont pas été choi­sis, ils sont venus d’eux-mêmes lors de l’écriture, et ont tapé à la porte de la rédac­tion pour se faire com­prendre. Nous avons entendu leur requête et pro­po­sons de par­ta­ger avec vous une éty­mo­lo­gie rigou­reuse et des expli­ca­tions… pas tou­jours sérieuses !

Epoque
Du grec ancien epokhê : suspension, arrêt, d’où point fixe du temps astronomique, période de temps, ère. Nous autres gaulois n’étions plus des gaulois depuis longtemps quand nous avons récupéré le mot. Il a fallu attendre 1680 pour le voir apparaitre dans la langue française, avec le sens de « point fixe qui sert de départ à une chronologie ». Quand on y pense, l’idée de suspension dans le temps est toujours bien présente dans le mot époque… « Ah ! C’était la belle époque », s’exclame le vieux Raymond, l’air de dire que hélas, cette époque est un point suspendu dans un temps lointain, à jamais révolu. De plus, avez-vous remarqué que quand Raymond s’exclame de telles choses, il reste à son tour comme suspendu dans le vide, véritable point immobile, pendant parfois plusieurs minutes ? Etonnant, non ? Il est possible bien sûr, l’âge aidant, que Raymond se livre à ces pauses dramatiques parce qu’il ne se souvient probablement pas de ce qu’il voulait dire ensuite. Mais ce ne sont que suppositions stériles, et pour notre part, nous préférons croire que Raymond connait parfaitement son étymologie, et qu’il ne fait que joindre le geste à la parole.

Harmonie
Du grec ancien armonia, ajustement, assemblage, union, emboitement, jointure, joint, soudure (sens propre) et accord, convention, juste proportion, harmonie d’un tout, accord de sons, arrangement de paroles pour un morceau de musique, conformation de l’esprit, caractère, tempérament (sens figuré). Harmoniser des couleurs, par exemple, c’est les unir, pourquoi pas de manière inattendue, de façon à ce que le résultat n’ait pas l’air d’une bouillie informe de couleurs éparses, mais d’une peinture unie. Ainsi de la musique, de la poésie, de la cuisine etc. En revanche, harmoniser les contraires, c’est s’obstiner à unir, dans un combat perdu d’avance, des choses qui ne sont pas faites pour ça. Comment ? Oui, bon Héraclite, Héraclite… l’histoire ne dit pas comment il a fini, votre Héraclite. Bon. Personnellement, j’opterai pour la folie dans le meilleur des cas, le suicide dans le pire. Non parce qu’avouez tout de même que passer sa vie à tendre les cordes d’une lyre imaginaire sous prétexte d’harmoniser les contraires, ce n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un signe de bonne santé mentale. Enfin moi ce qu’en dis…

Litanie
Du grec ancien litaneia, prière, supplication. A défaut des rites païens associés aux antiques litanies, le christianisme a conservé le terme dans la langue française pour ses propres liturgies. On parle d’ailleurs de litanies de la Vierge, des Saints du Sacré-Cœur etc… Il s’agit en fait une prière formée d’une longue suite d’invocations à Dieu, à Jésus-Christ, à la Vierge, aux saints, suivie d’une formule récitée ou chantée par l’assemblée. Cette litanie-là vous ennuie ? Eh bien sachez que c’est son boulot, et que dans le langage du peuple (qui visiblement s’ennuyait cent sous de l’heure à la messe du dimanche), le mot « litanie » est devenu synonyme de « long discours ennuyeux » ou de « suite monotone et répétitive de paroles ». En revanche, « mettre quelqu’un dans ses litanies », c’est lui vouloir du bien, à moins bien sûr, que vous l’utilisiez de manière ironique et qu’en vérité, vous lui gardez une rancune tenace pour avoir, par exemple, oublie de descendre la poubelle hier soir.

Métaphore
Du grec ancien metaphora, métaphore (de meta, au-delà, en changeant + forein, porter). Mot-à-mot, il s’agit en fait du « transport de sens d’un mot propre à un mot figuré ». Ainsi, quand vous vous exclamez « Pierre est un âne ! » (Parce que par exemple, il a oublié de descendre la poubelle hier soir), vous faites tout bonnement une métaphore puisque vous déplacez le sens d’un mot propre (l’âne en tant qu’animal, avec ses grandes oreilles, ses quatre pattes et ses sabots) vers un mot figuré (l’âne en tant qu’être très injustement associé à une créature imbécile, pas foutue de sortir les poubelle, par exemple). Par conséquent, si vous dites : « Pierre, tu es un âne, et ce n’est pas une métaphore », de deux choses l’une : ou vous vous méprenez sur le sens du mot métaphore, ce qui est impossible puisque vous lisez cette chronique, ou, et c’est bien plus probable, Pierre n’est pas Pierre mais Lucius, qui lui, fut bel et bien métamorphosé en âne (au sens propre, pattes, grandes oreilles, sabots compris). Je vous renvoie, et ça me fait grande peine croyez-moi, à vos classiques latins.