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Grèce : des membres d'Aube Dorée poignardent des migrants en Crète

16 août 2013

Société attaque Aube Dorée Fascisme Grèce néonazisme racisme

Nouvelle attaque de membres d'Aube Dorée lors d'une "opération" avec 5 à 6 voitures et une dizaine de motos. Blessés, les deux jeunes étrangers n'ont souhaités se rendre ni à la police ni à l’hôpital, de peur d'être expulsé.


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Deux jeunes, âgés de 18 et 20 ans, sont les nouvelles victimes de la sauvagerie des néonazis. La cause : simple. À la question des membres d'Aube Dorée « d’où viens-tu ? », ils ont répondu « du Pakistan» et ont été attaqués a coups de couteau par les néonazis qui venaient de fêter l'anniversaire du bureau d'Aube Dorée à Heraklion, en présence de leur député Christos Pappas.

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Une nouvelle agression contre des migrants par des membres d’Aube Dorée s’est déroulée lundi, à Héraklion de Crète. La nouvelle agression montre précisément ce que le ministre de la protection du citoyen entend par politique antiraciste (concernant laquelle il s’est prétendument engagé), au moment où des assassins d’extrême droite se baladent en toute liberté et impunité, tandis que les victimes ne peuvent même pas s’adresser à la police ou aux services de santé, par crainte d’être expulsés.

Cette fois-ci, deux jeunes migrants, âgés de 18 et 20 ans, sont les nouvelles victimes de la sauvagerie des néonazis lors d’un incident qui s’est déroulé à Héraklion où un groupe de membres d’Aube Dorée venait d’avoir eu une réunion aux locaux d’Aube Dorée, en présence du député d’Aube Dorée, Christos Pappas, pour célébrer l’anniversaire d’un an de fonctionnement des locaux.

«D’où viens-tu ?»

Ainsi, vers 3 heures du matin, mardi dernier, les deux migrants étaient en route, partis de Giofyro, pour rentrer chez eux. Soudain, un groupe d’hommes en noir apparaît, avec cinq à six voitures et une dizaine de motos. Ils se sont arrêtés, la majorité d'entre eux sont sortis des véhicules et s’adressant aux deux jeunes, ont posé la question habituelle : « D’où viens-tu ? »

À la réponse, «du Pakistan», trois hommes ont tiré leur poignard. L’un coupa les veines au poignet du migrant de 20 ans, tandis qu’il tentait de se défendre. L’autre, coupa la gorge du plus jeune, un peu plus haut que la carotide, laissant une blessure de trois centimètres. Les migrants sont tombés à terre et les autres ont commencé, furieux, à leur donner des coups de pied. Une fois fatigués, ils sont partis.

Ils ont eu peur et ne se sont pas rendus à l’hôpital

Les victimes se sont trainées jusqu’à leur appartement et ont attendu jusqu’à l’après-midi du même jour, quand un ami à eux les a trouvés, terrorisés et désespérés. Ils avaient eu peur de se rendre à l’hôpital, car ils n’avaient pas de papier. Quant à s’adresser à la police, il n’en était pas question. Grâce à la mobilisation des amis, l’on a pu trouver un médecin qui attesta des blessures à la main et au cou et des contusions aux côtes, dues aux coups de pied.

«C’est là que nous en sommes, en Grèce ? Est-ce possible que deux victimes d’une agression sauvage ne puissent pas se rendre à l’hôpital, de peur d’être expulsés ? Est-ce possible qu’ils perdent le droit d’avoir accès aux soins de santé et à la justice ? Est-ce possible d’être privé des droits humains élémentaires par ce que l’on se trouve dans le pays sans papiers ? ». Ce sont quelques-unes des questions que se pose Catherine Hasouraki, coordinatrice de l’antenne locale d’Amnesty International, qui s’est entretenue avec les victimes.

Dimitris Angelidis (le journal des rédacteurs)

Traduction : Christine pour Okeanews