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Pour les étrangers en Grèce, c'est la villa ... ou les camps

15 août 2013

Immigration Opinion Amygdaleza Grèce loi racisme

Le blogueur à l'humour cinglant Pitsirikos revient sur les différences de traitements que réserve la Grèce aux étrangers : "Les choses sont simples : vous êtes étranger, vous achetez une maison en Grèce pour plus de 250 000 €, et vous obtenez un permis de séjour. Si vous n’avez pas 250 000 € pour acheter une propriété, vous finissez à Amygdaleza."


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La nouvelle vient de paraître : "Jeudi 8 août, le premier contrat concernant la vente de biens immobiliers en Attique à un homme de nationalité chinoise, a été signé, conformément à la nouvelle loi 4146/2013, qui prévoit l’octroi de permis de séjour aux ressortissants de pays étrangers, s’ils font une transaction immobilière d’une valeur de plus de 250 000 €". Par contre pour les pauvres c'est le camp de rétention d'Amygdaleza.
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Je pense que cette nouvelle est à mettre en relation avec deux autres grandes nouvelles de ces jours-ci : La vente aux enchères de la résidence principale et Amygdaleza. Ironie tragique.

Les choses sont simples : vous êtes étranger, vous achetez une maison en Grèce pour plus de 250000 euro, et vous obtenez un permis de séjour.

Si vous n’avez pas 250 000 € pour acheter une propriété, vous finissez à Amygdaleza.

Par ailleurs, si vous êtes Grec, et que vous ne pouvez pas rembourser le crédit de votre maison, c’est la banque qui vous la prend.

Je suppose qu’il n’y a pas eu d’enquête sur le justificatif fiscal d’acquisition du chinois qui a acquis un bien immobilier en Attique. C’est sûr qu’il n’y en a pas eu. Il n’y aura pas non plus d’enquête pour les étrangers qui suivront.

La Grèce est le pays idéal pour blanchir de l’argent. Et avec l’approbation officielle du gouvernement. Le fait que le chinois qui a acheté le bien immobilier puisse être un marchand d’armes – alors que les détenus étrangers du camp d’Amygdaleza n’ont pas commis d’autre infraction que celle de passer par la Grèce pour aller dans un pays d'Europe du nord, mais la Grèce les retient en otage, comme l’a rapporté le premier ministre Samaras après les élections – n’a aucune importance.

L’important, c’est d’avoir de l’argent. Il n’y a que ça qui ait du sens.

J’ai écrit plusieurs fois qu’il n’y a pas de racisme vis-à-vis des étrangers en Grèce. Il y a du racismes vis-à-vis des étrangers pauvres. Personne ne s’est jamais retourné contre un étranger riche qui vit en Grèce.

Il n’y a pas de racisme contre les étrangers. Il y a du racisme contre les pauvres. Grecs et étrangers.

L’étranger riche est appelé « investisseur ». L’étranger pauvre est appelé « immigrant ».

Le système s’appelle « capitalisme ».

Et il n’y a pas de capitalisme sans racisme. Le capitalisme est le racisme. Le racisme contre les pauvres.

Et cette terre n’est pas la nôtre, comme l’a écrit Ritsos.

Cette terre est celle de celui qui peut l’acheter.

Le chinois pouvait.