5 ans d'actualité indépendante sur les crises en Grèce

Samaras se fait tirer les oreilles par Obama

12 août 2013

Hot Doc Antonis Samaras austérité Grèce

Le journaliste Kostas Vaxevanis fait un compte rendu acerbe de la visite d'A.Samaras au président américain B.Obama


604 mots   787       Comments

Antonis Samaras a fini par tomber d’accord avec Barack Obama qui, ni plus ni moins, s’en est pris à la politique d’austérité de Merkel. Cependant, Samaras non seulement applique cette politique mais, en plus, lance des foudres contre ceux qui s’y opposent. Il s’agit indubitablement d’une success story de la politique internationale mais aussi d’une thèse qui doit faire l’objet de réflexion des psychiatres et non pas des politiciens.
ÅÐÉÓÊÅØÇ ÔÏÕ ÐÑÙÈÕÐÏÕÑÃÏÕ ÁÍÔÙÍÇ ÓÁÌÁÑÁ ÓÔÉò ÇÐÁ - ÓÕÍÁÍÔÇÓÇ ÌÅ ÔÏÍÁÌÅÑÉÊÁÍÏÉ  ÐÑÏÅÄÑÏ ÌÐÁÑÁÊ ÏÌÐÁÌÁ (EUROKINISSI/ÃÏÕËÉÅËÌÏÓ ÁÍÔÙÍÉÏÕ)

Le cabinet du premier ministre s’empresse de traduire les thèses Obama en tant que message de soutien à la Grèce et, en effet, il peut s’agir d’un message dont la chancellerie allemande est le destinataire, mais pourquoi serait-ce un message en faveur de Samaras ?

Je rappellerais que tous les économistes grecs de réputation internationale (p.ex., Varoufakis) qui ont posé en termes économiques la question de la politique sans issue que l’Allemagne impose à l’Union européenne, avaient été qualifiés de « folkloriques ». Les journalistes grecs et tous ceux qui avaient, publiquement, adopté la thèse selon laquelle la politique d’austérité ne crée pas une Europe puissante mais un rapport de dépendance par rapport à l’Allemagne, furent qualifiés de « dirigés ». Et tous les partis qui ont soutenu qu’il était nécessaire de dire un « non » et pas plusieurs « oui » à tout ce qui se fait, étaient comparés à Hodja et Kim Sung Il .

Tous ces qualificatifs ont été attribués par Samaras qui insistait sur le fait que l’austérité est la seule voie pour assurer la perspective européenne de la Grèce et la voie salutaire de l’euro.

C’était Samaras qui répétait tout ce que disait Merkel, à savoir que l’austérité et le chômage dans le pays représentent son salut. C’est lui qui, lors de la récente prise de photo de famille, fut appelé d’un signe de la main par Merkel elle-même, pour être photographié à ses côtés en tant qu’adepte le plus fidèle de cette logique.

Antonis Samaras a une photo de lui à côté de chacun des tailleurs couleur de Merkel, pour chacune des déclarations d’austérité avec laquelle il a donné son accord.

Il n’y a jamais eu un seul « non » public (ni privé, croyez-moi), concernant les mesures décidées par d’aucuns, en Grèce et hors-Grèce.

Les USA, pour leurs propres raisons géostratégiques, n’ont aucune raison d’investir en une Europe instable et mouvante. La dissolution imminente de l’Union européenne, due aux choix de Merkel, crée de l’instabilité et augmente démesurément, pour les USA, la probabilité que la Fédération russe ou quelque autre facteur moins convivial, impose ses propres termes dans le jeu européen. Ainsi, donc, Obama a transmis son propre message qui, selon la tactique préférée de ceux qui considèrent le pays comme leur propriété, est traduit comme un acte positif et créatif de vente de protection.

J’imagine qu’Obama n’est pas proche de SYRIZA. Ainsi, Antonis Samaras devra clarifier deux choses :
Premièrement, quel nom donnera-t-il à ceux qui s’en prennent à l’austérité désastreuse : Syrizéen ou Obaméen ?

Et, deuxièmement, lorsque son rôle de ramasseur de baffes à côté d’Obama et l’euphorie brève seront finis, que dira-t-il quand il se retrouvera face à un des tailleurs couleur de Merkel ?

Sera-ce « Splendide tailleur, votre majesté » ?

Avec koutipandoras.gr