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Les "photo-souvenirs" du premier ministre grec Samaras

8 août 2013

Hot Doc Antonis Samaras Grèce

Le journaliste Kostas Vaxenavis livre une analyse historique et politique des nouvelles priorités diplomatiques du premier ministre A.Samaras : "Antonis Samaras, à cet égard, est un premier ministre chanceux. Il a presque la collection complète de tous les costumes colorés de sa majesté, mais aussi des photographies avec Barack Obama."


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Les députés et les ministres ont tendance à avoir sur leur bureau, posée bien en évidence, une photographie d’eux en compagnie du premier ministre. Cette photographie, dès qu’elle a fait son temps, c’est-à-dire que le chef du parti et premier ministre est remplacé par quelqu’un d’autre (probablement le rival de l’opposition), entre dans un tiroir pour y être presque oubliée.
Freideriki

L’utilité de cette photographie n’est alors plus que de l’ordre du souvenir. Arrivés à un âge avancé, les anciens députés ou ministres la ressortent du placard pour la faire enregistrer par un appareil photo ou même par quelque historien.

Les premiers ministres ont aussi leurs propres photographies sur leur bureau, qui sont une collection de leurs rencontres avec des dirigeants étrangers. Jusqu’à récemment, la star des photographies, c’était celle avec le président américain. Maintenant, le comble du prestige est d'avoir une photographie aux côtés du costume monochrome de Merkel.

Antonis Samaras, à cet égard, est un premier ministre chanceux. Il a presque la collection complète de tous les costumes colorés de sa majesté, mais aussi des photographies avec Barack Obama.

Pourtant, selon certains, Samaras n’est pas si chanceux, puisqu’il est attendu à la maison blanche pour se faire tirer les oreilles, à cause de sa capitulation sans conditions aux exigences de l’influent personnage allemand. Peut-être qu’après son retour de Washington, le premier ministre grec commencera timidement à abandonner le « Antonis Samaras pourfendeur de Macédoine » en faveur d’une « conciliation » à Skopje. Et quand nous disons qu’il abandonne le « Samaras pourfendeur de Macédoine », nous voulons dire pour la "com'», parce qu’en vérité, il n'a jamais été un fervent combattant de la Macédonie. Il fut le ministre des affaires étrangères qui a signé l’éclatement de la Yougoslavie (sans aucune considération pour la Grèce) et la reconnaissance de Skopje en Macédoine.

La question est cependant de savoir si ce succès de Samaras, traduit par une poignée de main échangée avec Obama, veut dire quelque chose pour la réalité politique et économique de la Grèce. Théoriquement, oui. Mais en pratique, il a été montré qu’il y a eu de nombreux exemples de dirigeants grecs qui avaient les meilleures relations possibles avec les présidents américains ou les dignitaires, et les meilleures photographies, bien sûr, mais le pays a eu les pires résultats.

Un des exemples les plus significatifs est celui de la reine Frederika. Frederika n’avait pas seulement de bonnes relations avec les américains, mais il semble qu’elle ait inscrit sur son carnet de cœur le général Marshall (celui qui avait écrit qu’il ne pouvait pas oublier sa silhouette devant la cheminée) et le chef de la CIA, Allan Dulles.

Dulles, elle l’a rencontré la première fois sur le bateau de Niarchos, qu’il avait affrété dans ce but. La deuxième rencontre a eu lieu en 1958, quand Frederika s’est rendue à Washington avec Konstantinos. La reine s’est aventurée jusqu’au bureau de Dulles et quand on a demandé Dulles à son bureau, on les trouvé tous les deux enfermés dans la chambre secrète. L’incident est devenu célèbre après un certain temps, et elle-même a consigné dans ses mémoires ce « manque de chance » qui avait bloqué la porte de la chambre secrète pendant qu’elle la visitait. Après l’incident pourtant, Frederika a prolongé son séjour aux États-Unis et en revenant en Grèce, elle a déclaré que nous (les Grecs) aimions beaucoup les américains.

La diplomatie et la politique contiennent souvent de tels éléments de dérapages humains. Dans les livres d’Histoire, il manque tous ces éléments clefs qui ont conduit les choses quelque part, et nulle part ailleurs. La raison pour laquelle se produisent ces rencontres et les armes avec lesquelles on avance ont toujours de l’importance. Frederika avait les siennes propres. Samaras souhaite en avoir d’autres. A moins qu'il ne soit allé jusqu’à Washington juste pour la photographie.