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Allons voir les periptera chez les Grecs... Partie 3

4 août 2013

Allons voir chez les Grecs Chronique France Grèce les periptera OkeaNews

Une plongée thématique dans la culture grecque : aujourd'hui, les periptera


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Amis français, bien le bonjour! Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'épisode de la semaine dernière, en voici un petit résumé: Kostas, souffrant d'insomnie, se balade à la recherche d'un kiosque ouvert, sur les bons conseils de son cousin Giorgos. Il en trouve un, et après un entretien parsemé de quiproquos avec le kiosquier, repart sur sa faim. Ainsi comprit-il que les kiosques et les periptera ont beau présenter des similitudes en apparence, ils n'ont en réalité pas grand chose à voir....

Periptera

Non, rassurez-vous, tous les kiosquiers de Paris ne sont pas comme celui-là, et c’est heureux ! Seulement, si tout s’était bien déroulé, il aurait été plus difficile (et moins drôle) de faire apparaitre les différences entre les kiosques et les periptera, comprenez-vous ? C'était un pari risqué, il est vrai, mais nous sommes sûrs que le syndicat des kiosquiers de Paris ne nous en tiendra pas rigueur. N'est-ce pas? Bon. Ils ne répondent pas. Plus qu'à espérer qu'ils aient une connexion internet au tribunal...

Mais voyons plutôt en quoi elles consistent, et rejoignons maintenant François qui, s’étant bien plu à Athènes a décidé d’y rester un bout de temps.

Il est 3h30 du matin, François et Pierre discutent d’un sujet passionnant, très philosophique, à savoir : Pourquoi Socrate, mourant, insiste-il pour "rendre" un coq à Asclépios, comme s'il lui en devait un ? François n'y comprend rien. Pourquoi diable, à l'heure de mourir, s'obstiner à faire les comptes? Lui-même, s'il savait qu'il allait mourir dans les heures qui suivent, emprunterait immédiatement des sommes d'argent astronomiques, étant sûr de ne pas les rendre! Quelle drôle d'idée de se préoccuper d'un Type, cet "Asclépios", et de son stupide poulet dans un moment pareil? Pierre se permet timidement de lui suggérer: "Ce doit être métaphorique, après tout, Asclépios n'est pas "un type du coin", comme tu as l'air de le croire, mais le dieu de la guérison pour les anciens. Sachant que Socrate considérait la vie comme une maladie..." Mais François l'interrompt: "Stupide poulet, oui stupide!" Pierre soupire. "Allons, François, reprend tes esprits! Ce n'est quand même pas un stupide poulet qui...Bon, je vois. Reprenons le postulat de départ et réfléchissons ensemble."

Comme la question mérite un approfondissement et soulève des problèmes insolubles, François fume cigarette sur cigarette. Quand soudain, horreur ! La paquet de cigarettes est vide ! Blême, suant à grosses gouttes, François informe Pierre qu’il préfère arrêter là la discussion, et aller se coucher immédiatement, poulet ou pas poulet, ce qui permettrait au temps de passer moins douloureusement jusqu’à l’ouverture demain matin des bureaux de tabac.

Pierre regarde François d’un œil malicieux : « Et si je te disais que je peux t’en trouver maintenant, moi, des cigarettes ? » Incrédule, François lui répond : « Tu as un paquet de côté ? Tu connais un voisin charitable qui pourrait nous dépanner ? Un ami ? Une cachette secrète ? Mais parle bon Dieu !!!
- Rien de tout ça !
- ??? Quoi donc, alors ?
- Mon cher François, as-tu remarqué ces sortes de kiosques, de forme cubique, surplombés de stores oranges, rouges ou blancs, et de publicités ?
- Ces « choses » où l’on a mis à sécher des journaux et des magazines au bout de pinces à linge ?
- Celles-là même ! Bien que la presse n’y soit pas « mise à sécher » mais simplement exposée à l’œil du passant par ce biais !
- Mais quel rapport peut bien avoir la presse avec mes cigarettes ???
- J’y viens ! Mon cher François, si tu te méprends, c’est parce que tu es trop imprégné de l’idée du kiosque parisien. Or, ces « choses », comme tu dis, ne sont pas des kiosques, mais des "periptera", ou "periptero" au singulier.
- La belle affaire ! Et mes cigarettes alors ?
- J’y viens, te dis-je. Dans ces periptera, que tu trouveras en nombre dans toutes les villes et les villages grecs, tu peux tout trouver. Absolument tout ! Et le meilleur reste à venir : Sur les 5000 periptera d’Athènes et les 800 du Pirée, la plupart ne ferment pas la nuit ! Étonnant, non ?
- Fort bien ! Mais mes cigarettes ?
- En vente aussi dans tous les periptera ! Mon cher François, tu es un chanceux ! Un periptero se trouve juste en bas de chez moi ! En route pour les cigarettes !"

Bras dessus, bras dessous, François et Pierre s’en vont au periptero.

Pourtant, François n’est qu’à moitié soulagé. Il ne croit pas à l’enthousiaste « on y trouve tout ! » de Pierre. Il compte bien lui tendre un piège et « tout » demander au périptero...

A suivre, sur Okeanews...