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Grèce : une nouvelle loi projette de massacrer les côtes grecques

31 juillet 2013

Environnement Politique Tourisme environnement Grèce îles grecques projet de loi

Le projet de loi pour le tourisme qui sera voté ce matin au parlement facilitera l'implantation de grands complexes touristiques


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Un nouveau projet de loi, autorisant le massacre de toutes les côtes grecques sous prétexte de la "relance économique du secteur touristique" prévoit d'implanter des "complexes d'hébergement touristiques" bétonnés, au mépris de la beauté et du charme naturel des paysages, au mépris du patrimoine archéologique et culturel.
Le projet de loi intitulé:« simplification des procédures pour améliorer l’esprit d’entreprise du secteur touristique, restructuration de l’Organisation grecque du tourisme et autres dispositions" sera voté ce matin même au parlement. Malgré le cuisant échec de l'application de ce projet en Espagne et en Turquie, le gouvernement s'entête. Vingt et un maires des îles grecques se révoltent.

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21 maires des îles grecques expriment leur opposition formelle au projet de loi pour le tourisme en s’associant à une protestation adressée aux parlementaires qui sont appelés à voter le projet de loi intitulé « simplification des procédures pour améliorer l’esprit d’entreprise du secteur touristique, restructuration de l’Organisation Grecque du Tourisme et autres dispositions ». Sur la liste des 13 premiers maires s'ajoutent quotidiennement de nouveaux, après la publication du texte de protestation sur la page web « Egée durable » de la compagnie grecque de l’environnement et de la culture.

Dernièrement, ont signé les maires de : Thira, Ithaque, Icare, Chania, Lipsi, Limnos, Paxos, Paros, Sikinos, Syros, Astypalaia, Milos, Mykonos, Skopelos, Thassos, Karpathos, Samos, Chalki, Kimolos, Tilos et le président de la commune d’Iraklion .

Les dispositifs qui « contribuent à la dégradation irréversible de l’attrait touristique de nos îles et donc de l’économie locale et du tissus social », les maires en parlent. Ils s’insurgent contre « les investissements touristiques qui sont étrangers à l’environnement, à l’identité culturelle et sociale de nos îles ».

Ils s’opposent au dit « complexe d'hébergement touristique » et aux activités de tourisme organisé, des formes d’investissement touristiques qui, comme indiqué dans le communiqué, ont été essayées dans d’autres pays et n’ont pas fonctionné. « L’un des exemples le plus frappant est celui de l’Espagne où les complexes d'hébergement touristiques qui ont été créés sont la preuve que ce type de structure ne contribue pas au développement de l’économie locale », rapporte le maire de Thassos, Kostas Hatziemmanouil dans « Vima ».

Il insiste également sur le fait que le projet de loi n’a même pas l’approbation de la communauté locale qui, ces derniers temps, dans une consultation publique qui a lieu sur l’île au sujet du plan général d’urbanisme, plaide contre « la construction de masse incontrôlée.»

« A Thassos, il y a de vastes sites archéologiques et des sites naturels pour lesquels le projet de loi autorise de grandes marges d’intervention. » soutient Hatziemmanouil. « Seules les grandes entreprises seront gagnantes. »

En outre, comme il apparait dans le communiqué signé par les maires, le projet de loi n’ouvre pas la voie à l’investissement touristique. Au contraire, il renforce les complexes touristiques, ce qui relève plus de l’activité immobilière, d’autant plus que, comme indiqué, il y a plus de 55000 habitations invendues sur le territoire national, dont 44% se trouvent dans des zones sensibles, comme les îles.

L’expansion du tourisme sans gestion durable

Lemnos est une île connue pour la beauté naturelle de ses paysages dont les deux tiers de sa superficie appartiennent au réseau Natura.

Pour des raisons géopolitiques, la recrudescence du tourisme ces dernières décennies n’a pourtant pas envahi l’île, qui aujourd’hui est connue pour son développement « doux » du tourisme et qui « s’impose peu à peu comme une excellente destination de vacances alternatives », comme le dit au journal « Vima » le maire Chatzidiamantis.
« Certes nous ne pouvons pas tout interdire, mais un modèle de développement qui respecte l’environnement et les principes de durabilité est nécessaire ».

En effet, il s’en réfère aux quelques années qui ont précédé le développement du tourisme à grande échelle dans l’Est de l’île, du côté d’un site d’intérêt archéologique. C'est our exécuter ce projet que l’argent de la loi sur l’investissement a été dépensé. L’exemple n’est pas pris au hasard, et encore aujourd’hui, une immense installation y reste inutilisée, peut-être pour rappeler « ce que nous ne voulons pas laisser se reproduire sur notre île et dans des proportions encore plus démesurées. »

Enfin, pour la majorité de ces petites îles de notre pays, Limnos, Sikinos ou Lipsi, il n’y a pas de grand domaine qui soit prévu dans les dispositions de la loi pour la création de ces « organismes d’activité touristiques organisées » et ces « complexes d’hébergements touristiques ». Apparemment, le scénario de l’acquisition de la petite propriété entravée par des conditions désavantageuses pour le petit propriétaire, n'est pas si lointain.