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Allons voir les periptera chez les Grecs... Partie 2

28 juillet 2013

Allons voir chez les Grecs Chronique France Grèce les periptera OkeaNews

Une plongée thématique dans la culture grecque : aujourd'hui, les periptera


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Amis français, bonjour! Bienvenus dans la suite de notre chronique "Allons voir les periptera chez les Grecs". Pour ceux qui auraient oublié notre épisode de la semaine dernière, voici un petit rappel: Kostas, hébergé par son cousin Giorgos à Paris, souffre d'insomnie. Les discussions sans fin avec ses amis en Grèce, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, lui manquent. Instruit par son cousin de l'existence de "kiosques" ouverts très tard, Kostas s'est mis en tête d'en trouver un. C'est chose faite, il engage la conversation avec le kiosquier :
Periptera

« Bonjour cher Monsieur ! » lance-t-il fièrement au kiosquier. « Bonjour-an [expression parisienne] ! » lui répond ce dernier « Qu’est-ce qu’il prendra ? » Décontenancé par cette étrange question, Kostas se retourne. Un vieux Monsieur promène son chien. « Pardonnez-moi, mais je ne comprends pas bien… Comment saurais-je ce que veut acheter ce Monsieur derrière moi, puisque je ne le connais pas et ne l’ai jamais vu ? » Le commerçant lève un sourcil « je vois, Môssieur est d’humeur taquine. Bon-allez-sans-rire, il prendra quoi ? »

Un bien curieux peuple, vraiment, que ces parisiens, pense Kosta.

« - Eh bien lui je ne sais pas mais moi je prendrai tous les journaux qui traitent de la crise grecque !
- C'qu’il est drôle ! Z’avez pas lu le Libésien du mois dernier ? Gros titre, première page : « La Grèce voit le bout du tunnel ». Faut qu’il s'réveille un peu, la crise, c’est has been ! Ben ouais. Il a qu’à prendre, j’sais pas moi, le Voiça sur l'accouchement de K. Badminton , avec ça ouais, il sera in.
- Pardonnez-moi, mais ce Monsieur n’a l’air intéressé ni par l’un, ni par l’autre.
- Je vois. Bon alors, il prend quelque chose ou pas ? Il va pas y passer la nuit !
- Mais c'est extraordinaire tout de même! Cet homme fait bien ce qu'il veut de son temps, non? Laissons-là ce Monsieur, voulez-vous? A moi, vous n’avez qu’à me donner le Libésien.
- Ben voilà, quand il veut… ça lui fera 1,50.
- Mais enfin, je ne peux quand même pas demander à ce Monsieur de payer pour moi !
- ...
- Non, j’insiste, prenez mon argent et gardez la monnaie. »

Kostas n’en revient pas. Il était venu pour trouver une oreille attentive et au lieu de ça, il tombe sur un Kiosquier qui lui parle à lui d’un type qu’il ne connait pas et dont il n’a que faire.
Il n’y tient plus, et revient sur ses pas, bien déterminé à avoir cette conversation dont il a tant besoin.
« - Il est toujours pas parti ? » lui lance le commerçant. Kosta se retourne. L’homme au chien n’y est plus.
« - Si, il est parti. Dites, il y a quelque chose qui me tracasse. Vous m’avez dit tout à l’heure que la crise grecque était terminée.
-  Ouais et alors ? Qu’est-ce qui l'défrise ?
- Mais puisque je vous dis que le Monsieur est parti ! Bref, ce qui me chagrine, c’est que la crise grecque, moi je la vis de près, et je peux vous assurer qu’elle n’est pas terminée.
- J'crois c'que j'vois. Dans le Libésien, z’ont écrit qu’elle était terminée. Z'allez leur apprendre leur métier peut-être?
- Je ne dis pas ça, je dis simplement que sur ce coup-là, ils se trompent assurément. Vous ne me demandez pas comment je le sais ?
- Oh hé, mais qu’est-ce qu’il croit ! S’il fallait discuter avec tous les clients, on en sortirait plus !
- Mais ? Il n’y a que moi !
- C’est vous qui le dites. »
Kosta se retourne : personne. Il commence à se sentir à l’étroit dans son col de chemise.
- Soit. Puisque ça a l’air de vous intéresser, je vais vous expliquer la situation en quelques mots : Je suis Grec et comme tous les Grecs, je traverse une sale période financièrement. Avant je…
- J’ai pas d’argent.
- Mais ? Je viens de vous donner 1,50 !
- Oh, mais c’est qu’il commence à me fatiguer celui-là !
- Excusez-moi, mais je vous trouve un peu dur avec ce Monsieur, qui d’ailleurs n’est même plus là pour se défendre.
- Bon, on va la faire courte. Vous voulez acheter autre chose ou pas ? Parce que si vous n’voulez rien acheter, vous pouvez circuler. J’ai pas qu’ça à faire moi.
- Mais ? Justement, vous ne faites rien, là !
- Non mais qu’est-ce qu’il insinue par-là, lui ? C’est qu’il commence à me chauffer ! Bon, dernière offre, il prend ou il prend pas ?
- Il ne prend rien du tout ! C’est vrai quoi, à la fin, les gens n’ont-ils plus le droit de promener tranquillement leur chien sans vouloir acheter le journal ? »

Ainsi Kosta continua-t-il d’errer sans but dans les rues de Paris jusqu’au petit matin.

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